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Nouvelle grève de sans-papiers à Paris après la manifestation du 10 octobre

lun 12/10/2009 - 17:09
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Plus d'un millier de salariés sans-papiers ont entamé lundi 12 octobre une grève coordonnée et l'occupation de plusieurs sites à Paris, dont le siège du patronat des travaux publics (FNTP), pour exiger l'application identique pour tous des critères de régularisation par le travail. "On a plus d'un millier de travailleurs sans papiers en grève, regroupés sur six sites", ont déclaré la CGT et Solidaires 

Dans une récente lettre au gouvernement, la CGT, Solidaires, la CFDT, la FSU, l'UNSA, la LDH, la Cimade, RESF, Femmes Egalité, Autremonde et Droits devant (cf le site de la Cimade). ont pointé les blocages qui « persistent voire grandissent », faisant obstacle selon eux à une application égale pour tous des textes permettant la régularisation par le travail, et livrant les travailleurs concernés au règne de l'arbitraire.

  • Environ 160 travailleurs sans papiers se sont regroupés 9 rue de Berry (VIIIe) au siège de la fédération patronale des travaux publics (FNTP) et une centaine a investi pacifiquement son hall d'entrée vers 10h. Dans le même arrondissement, une cinquantaine de travailleurs sans-papiers occupent également les locaux d'un organisme de formation professionnelle de la restauration, le Fafih, 3 rue de la Ville l'Evêque.
  • Dans le XVIIe arrondissement, environ 350 intérimaires sans-papiers ont entamé l'occupation de trois agences, à l'enseigne CRIT et Synergie rue de Rome, tandis qu'une centaine d'autres se sont installés dans les locaux du groupe Samsic (propreté) rue des Combes.
  • Les ouvriers sans-papiers de deux chantiers, une cinquantaine sur un site en démolition rue Lapérouse (XVIe) et une trentaine à Massy sur un site sous-traité par le groupe Bouygues à la société GCC ont également débrayé.

Cette grève fait suite à la réussite de la manifestation du samedi 10 octobre qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes (3 800 selon la police et 20 000 selon les organisateurs), dans les rues de Paris pour demander la régularisation de tous les sans-papiers. A l'initiative de collectifs de sans-papiers, la manifestation est partie de la rue Baudelique dans le 18e arrondissement, en face d'un immeuble qu'ils ont baptisé "ministère de la régularisation globale de tous les sans-papiers" abritant plusieurs centaines de personnes d'origine immigrée. Le cortège était précédé d'une banderole proclamant "Tous ensemble pour la régularisation de tous les sans-papiers". Il devait rejoindre le ministère de l'immigration et de l'identité nationale, où une délégation devait être reçue dans l'après-midi. "Ces sans-papiers sont dans la précarité, ils veulent travailler, payer des impôts, sortir de l'ombre", a expliqué Mamadou Bramé, un des porte-parole du comité des sans-papiers 75.

Derrière la banderole, Pascal Julien, adjoint (Verts) au maire du 18e arrondissement, est "venu avec son écharpe, pour qu'un peu de République soit aux côtés des sans-papiers". "Bertolt Brecht disait 'on ne met pas un peuple en prison', de la même façon, moi je dis, on n'expulse pas un peuple qui fait partie du peuple français", a poursuivi M. Julien. "Est-ce qu'aujourd'hui, on peut toujours être fier de la France et de ses valeurs quand on voit que la délation est acceptée ? ", s'est interrogé Patrick Lozès, président du Cran (Conseil représentatif des associations noires de France), en référence à l'arrestation d'un sans-papiers samedi dernier après  dénonciation de son banquier, dans une agence de la Société Générale.

VISA s’associe à la lutte des travailleurs sans papiers et invite toutes celles et ceux qui le peuvent à témoigner de leur soutien aux grévistes en leur rendant visite sur les piquets de grève.