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3 mois de prison avec sursis pour un syndicaliste : une condamnation inadmissible

mer 23/09/2009 - 15:56
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Un militant de la FSU a été condamné mardi 22 septembre à trois mois de prison avec sursis et 500 euros de dommages et intérêts et 1000 euros de frais de justice pour violence contre un policier lors de la visite de Nicolas Sarkozy en janvier à Saint-Lô, une condamnation plus lourde que ne l'avait requis le parquet.

Le procureur de la République de Coutances (Manche) François Gosselin avait requis deux mois de prison avec sursis, estimant que Pascal Besuelle était un honorable professeur, honnête homme ... mais qui a agi pour éviter une arrestation, ce qui est un obstacle au travail des forces de l'ordre.

Militant également au sein du Réseau Education Sans Frontières, Pascal Besuelle faisait partie du service d'ordre des syndicats lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Saint-Lô le 12 janvier et a affirmé ne pas avoir commis les faits qui lui sont reprochés.

La défense avait fait citer plusieurs témoignages, dont celui du député-maire PS de Cherbourg, Bernard Cazeneuve, pour tenter de montrer que M. Besuelle était connu comme un militant non violent.

Une pétition lancée pour le soutenir avait récolté plus de 3700 signatures, dont celle de Bernard Thibault (CGT), Jean-Claude Mailly (FO), Gérard Aschieri (FSU) et Annick Coupé (Solidaires).

"La parole d'un policier assermenté reste en France un principe que rien ne semble pouvoir contester. Un pouvoir exorbitant qui contribue à une multiplication des outrages à agent", a réagi la FSU de la Manche dans un communiqué. "Défendre les libertés publiques aujourd'hui peut coûter très cher. Les conditions dans lesquelles le président de la République organise chacun de ses déplacements sont désormais lourdes de menaces pour nos libertés constitutionnelles, notamment celle de manifester", a ajouté le syndicat.

VISA apporte tout son soutien à Pascal Besuelle et condamne les fortes atteintes aux libertés d’expression constatées à chaque déplacement du chef de l’Etat. Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République et son auto proclamation de chef du gouvernement, les forces de l’ordre qui l’accompagnent à chaque sortie officielle font preuve d’un zèle inquiétant face à la moindre manifestation exprimant une contestation de la politique gouvernementale actuelle. En effet, en ces occasions, on ne compte plus les interdictions de rassemblements, les manifestations arrêtées en cours de parcours pourtant autorisées par les préfectures, les pancartes arrachées des mains des manifestants…

Pour VISA, l’exemple de la condamnation du militant syndical et associatif Pascal Besuelle vient confirmer la volonté présidentielle de museler la liberté d’expression. En démocratie, c’est inadmissible.

VISA