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Grèves dans les raffineries en Grande-Bretagne : une division dramatique qui profite au patronat

jeu 05/02/2009 - 16:28
defaut

Depuis la fin janvier, des grèves importantes en Grande-Bretagne paralysent plusieurs raffineries appartenant à des grands groupes comme Total, BP, Exxon. Des centaines d'intérimaires britanniques, soutenus par le syndicat « UNITE » sont à l'initiative de ce mouvement qui fait tache d'huile jusqu'en Irlande. Sur les pancartes et banderoles, un mot d'ordre "unifie" le mouvement : "put british workers first " : "prenez des travailleurs britanniques d'abord"
 
Dumping anti-social

 
Ces gros groupes pétroliers qui ne connaissent pas la crise et ont fait, en 2008, des dizaines de milliards de dollars de profit, veulent augmenter leur capacité de raffinage et  ont mis en chantier l'extension de plusieurs usines. Profitant des facilités et du laxisme du droit du travail britannique, ils font jouer la " concurrence " entre intérimaires en privilégiant l'embauche, par le biais de sous-traitants, de travailleurs immigrés italiens, portugais, et roumains  sous payés et ne bénéficiant pas de la convention collective en vigueur dans ce secteur.
 
Unité ou division ?
 
La lecture des communiqués et des interviews de responsables du syndicat "UNITE" dans la presse appelle plusieurs remarques. L'accent est mis sur la discrimination à l'embauche  dont sont victimes les travailleurs britanniques et le syndicat précise qu'il n'y a aucun racisme contre les travailleurs italiens dans cette affaire. En même temps, on ne trouve dans ces déclarations syndicales aucune dénonciation des conditions d'embauche et de travail dont sont victimes les travailleurs immigrés "concurrents". Pas un mot non plus de protestation contre le licenciement de 200 travailleurs roumains "clandestins" par un des raffineurs.

Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que les mots d'ordre de préférence nationale fédèrent ce mouvement. Ils traduisent une profonde division catastrophique pour l'ensemble des ouvriers de ce secteur. Le piège tendu par ces grands groupes capitalistes se referme. Au lieu de réclamer, pour tous, l'égalité de traitement et d'accès aux conventions collectives, la priorité donnée à la revendication " nationale " (comme si la Grande-Bretagne était un petit pays néo-colonisé ! ) ne peut qu'aboutir à une division profonde ou une partie des salariés s'oppose aux autres ... pour le plus grand bénéfice des patrons.
 
L' extrême droite, en Grande Bretagne et en France, a bien compris tout le bénéfice qu’elle pouvait tirer de cette histoire : sa "préférence nationale" enfin portée par des centaines d'ouvriers en grève...
 
Ne nous trompons pas d’ennemi. La cause première de ce désastre est la volonté patronale, appuyée par les " libéraux" qui sévissent à Bruxelles, de déréguler massivement le " marché " du travail, et  la mise en concurrence des travailleurs entre eux fait partie de ce plan. Mais, les syndicats, qui, quelles que soient leurs bonnes intentions, tombent dans ce panneau, ne font que creuser la tombe des intérêts ouvriers qu'ils prétendent défendre.

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