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Affaire Cahuzac : Le FN doit se taire car il n’est pas blanc !

mar 09/04/2013 - 13:48
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Le FN tente de profiter du scandale « Cahuzac » en s’affichant comme un parti n’ayant jamais eu les mains sales. Pourtant, des élus du FN ont eux aussi trempé dans des affaires financières plus que douteuses et la gestion budgétaire des mairies qu’ils ont occupées à partir de 1995 s’est avérée calamiteuse. Emplois fictifs, corruption, détournements de fonds… sont des pratiques courantes du FN les rares fois où ses candidats ont été élus maires.

D’autre part, Philippe Péninque, l'avocat qui a ouvert en Suisse le compte bancaire de Jérôme Cahuzac, a toujours été influent au sein du FN. Deux bonnes raisons de se taire pour le FN !

L’ancien député maire FN de Toulon, Jean-Marie Le Chevallier, élu en 1997, a été déclaré inéligible un an plus tard pour une triple infraction sur la législation au financement électoral. En 2001, il fut également condamné à un an de prison avec sursis pour une affaire d’emploi fictif concernant une association para municipale au nom évocateur, les Jeunesses Toulonnaises.

 

Jean-Pierre Calone, alors adjoint FN en charge de l’habitat à la mairie de Toulon, est mis en examen en 1998 puis sera incarcéré en 2000 pour viols, harcèlements et agressions sexuelles sur trois de ses secrétaires. En 2011, il est condamné à 5 ans de prison dont 3 avec sursis pour une affaire de corruption.

L’ex maire FN de Vitrolles, Catherine Mégret a été condamnée pour détournement de fonds publics : en 2002, le rapport de la cour régionale des comptes avait pointé ces malversations (75 000 euros de frais postaux sur le budget municipal pour envoyer deux courriers aux 36 000 maires de France pour qu’ils parrainent B Mégret à la présidentielle). C Mégret fut aussi épinglée pour des frais de représentation abusifs (50 000 euros pour des repas souvent pris à 2 ou 3, le week-end…).

 

Et la liste ne s’arrête pas là ! Que ce soit à Toulon, Orange, Vitrolles ou à Marignane, le passage du FN aux commandes municipales s’est à chaque fois traduit par une gestion financière calamiteuse qui a plombé leur endettement.

Quant à Philippe Péninque, ce n’est pas n’importe qui pour le FN : c’est lui qui avait procédé à l’audit du parti lors de la scission Mégret / Le Pen. Passé par Assas, c’est un ancien responsable du GUD, groupe étudiant d'extrême droite connu pour sa violence. Il est au centre du « GUD business », un ensemble d'entreprises fondées par des anciens militants, qui se font travailler les unes les autres et dont les prises de participation se font « entre amis ». Dans les années 80, Péninque, Cahuzac et le « GUD Business » avaient même spéculé sur des mines au Pérou…

 

Ensuite, Péninque a pris en charge le dossier financier du FN, après les élections de 2007 qui laissent le parti avec 8 millions de dettes empruntés au fidèle imprimeur Fernand Le Rachinel (le banquier officieux du FN). C’est Péninque qui aurait convaincu le président du FN en 2008 de ne pas rembourser Le Rachinel. Au tribunal, c'est un échec puisque le FN perd et est condamné à rembourser son ancien imprimeur. Le siège de St Cloud sera vendu pour payer cette dette.

On le voit, cet avocat et financier international n’est pas un innocent dans la gestion financière du FN des Le Pen. En plus, il n’a rien d’une colombe… La « défense » de M Le Pen qui nie être proche de lui « car ils ont 15 ans d’écart » et qu’elle « avait 20 ans lors de l’ouverture du compte de Cahuzac par Péninque » est un peu légère, sauf à vouloir nier le passé du FN et son héritage en « béton armé »…

Enfin, il ne faut pas oublier de rappeler qu’en décembre 1997, l’ex-épouse de JMLP, l’avait accusé de frauder le fisc estimant qu’au moins 40 millions de francs français de l'époque étaient cachés dans des banques suisses (UBS, Darier).



 

SI le président « d’honneur » du FN a toujours parlé de «calomnies», François Laya, ancien collaborateur du gérant de fortune genevois Jean-Pierre Aubert, avait également accusé l’ancien dirigeant du parti d'avoir déposé à trois reprises, 15, puis 20, puis 10 millions de francs français sur des comptes en Suisse. Dans un document en date du 10 mars 1981, le nom de Le Pen apparaît bien sur le compte numéro 386.047.00 W, ouvert à l'UBS à Genève, l'autre propriétaire du compte étant un éditeur français, Jean-Pierre Mouchard, vieil ami de la famille, nom que l’on retrouve au sommet de l’organigramme de la Cotelec, association chargée, à l’époque, d'encaisser les dons des militants et sympathisants. Jean-Pierre Mouchard avait décidé, en 1997, de démissionner de ce poste, afin d'éviter «un risque de confusion entre les affaires de Le Pen et les miennes».

La presse avait souligné, alors, la possible confusion entre comptes personnels et comptes du parti.



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