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Renault condamné pour discrimination raciale...

jeu 03/04/2008 - 00:00
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Deux ex-salariés estimaient avoir été bloqués dans leur carrière en raison de leur couleur de peau. Ils ont eu gain de cause en appel. (d'après Libération du 3 avril)

La cour d'appel de Versailles a reconnu mercredi Renault coupable de discrimination raciale envers deux ex-salariés. Déboutés en première instance, ils estimaient avoir eu des carrières moins intéressantes que leurs collègues blancs à cause de leur origine. Le constructeur automobile a été condamné à verser à Lucien B., employé comme électricien automobile de 1971 à 2003, 80.000 euros de dommages et intérêts et 8.000 euros au titre du préjudice moral et à verser à Daniel K., ouvrier spécialisé puis agent administratif de 1983 à 2004, 60.000 euros de dommages et intérêts et 8.000 euros au titre du préjudice moral.

Il est apparu selon la Cour que «les autres salariés ont tous eu une évolution plus importante que celle de M. Breleur et Kotor», alors même que ces derniers étaient bien évalués. Un représentant du personnel avait par ailleurs versé au dossier une attestation qui rapportait que Daniel K. avait été traité de «singe» et de «bougre de nègre» par sa hiérarchie. «La société Renault doit réparer le préjudice subi par M. K. et M. B. du fait de blocage de leur carrière et du maintien de leur rémunération à un niveau de ce qu'il aurait dû être», a estimé la Cour, qui a en revanche débouté trois autres ex-salariés et un salarié.

«C'est la première fois que la justice, pourtant très hésitante dans ce domaine, reconnaît Renault coupable de discrimination raciale», s'est félicitée Florence Laussucq-Caston, avocate des deux ex-salariés.

Renault, dont l'ancien président Louis Schweitzer dirige actuellement la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), a réagi en expliquant que l'entreprise «avait toujours condamné le racisme sous toutes ses formes», et ne pratiquait «en aucun cas la discrimination raciale». Le constructeur automobile rappelle avoir signé la Déclaration des droits sociaux fondamentaux avec les syndicats mondiaux de la métallurgie et ceux de Renault, ainsi que la charte de la diversité en France. Soutenus par la CGT et le Mrap, les six plaignants, d'origine togolaise ou algérienne notamment, avaient été engagés entre 1966 et 1973 et réclamaient environ un million d'euros de dédommagement.