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Retrait des badges à Roissy : des procédures discriminatoires et illégales !

mer 25/10/2006 - 02:00
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En retirant les badges d’accès en zone réservée, un nombre croissant de salariés d’entreprises sous-traitantes, tous de confession musulmane, se retrouvent aujourd’hui sans habilitations et sans emploi pour des motifs n’ayant aucun rapport avec la sûreté aéroportuaire.

Depuis la sortie du livre de Philippe de Villiers sur "Les mosquées de Roissy" voilà quelques semaines, cette situation s’est aggravée : Des dizaines de salariés, avertis par un courrier de la Préfecture de l’abrogation de leur titre d’accès, se trouvent en situation de perdre leur emploi, sans préavis ni indemnité. Aucun fait précis ne leur a été communiqué qui puisse justifier cette décision préfectorale. Le courrier stipule seulement ceci « Selon les informations dont je dispose, vous auriez une attitude pouvant mettre en cause la sûreté aéroportuaire, au regard de votre comportement personnel, comportement incompatible avec l’obtention d’une habilitation... ». Les destinataires du courrier ont dix jours pour faire valoir leur défense. Ensuite, le Préfet prend sa décision, toujours la même : le retrait ! Dans un communiqué laconique, ce préfet affirme qu’il agit dans le cadre de la loi et qu’il n’est pas responsable de la perte d’emploi liée à la perte de badges !

On peut en déduire que ce retrait est fondé uniquement sur la pratique religieuse. Cette décision constitue une dérive inquiétante qui vise à incriminer des salariés en s’appuyant sur une vague suspicion de risque potentiel. L’amalgame entre musulmans et terrorisme n’est pas acceptable, l’instrumentalisation des politiques de sécurité dans la campagne électorale et l’arbitraire non plus.

En l’absence totale de motivation, les autorités préfectorales de la Seine Saint Denis ont pris une décision injuste, discriminatoire et illégale. Qui osera encore parler d’égalité des chances ?

Ces dernières années de nombreux salariés ont attaqué en justice les décisions du Préfet suite au refus de délivrance de leur badge. Régulièrement, celui-ci a été condamné par les tribunaux administratifs pour « erreur manifeste d’appréciation » ou « excès de pouvoir ».

Face aux discriminations dont sont victimes les salariés et à l’arbitraire préfectoral, les syndicats CGT et CFDT ont engagé des procédures juridiques. Une réunion intersyndicale déterminera les actions à engager pour que les plate-formes aéroportuaires françaises ne deviennent pas des zones de « non-droit » pour les salariés.

(d’après communiqués de presse CFDT et CGT)