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Le 18 décembre, journée internationale des migrants

mar 19/12/2006 - 01:00
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L’Internationale des Services Publics. appelle au respect et à la dignité pour les travailleurs et travailleuses migrants et les membres de leur famille

« En ce 18 décembre, Journée internationale des migrants, nous appelons le mouvement syndical à redoubler d’efforts pour défendre les droits humains des travailleurs et travailleuses migrants », a déclaré Hans Engelberts, Secrétaire général de l’Internationale des Services Publics.

« On parle toujours de la valeur financière des fonds envoyés par les migrants, qui s’élève actuellement à 232 milliards de dollars, mais pas suffisamment des coûts sociaux de la migration, en particulier pour les femmes migrantes », a-t-il ajouté. « Les femmes composent aujourd’hui la moitié de la population migrante. Beaucoup sont contraintes de quitter leur famille et leur pays pour travailler à l’étranger. Souvent, elles se retrouvent à des postes extrêmement éprouvants, très risqués et mal rémunérés. Les migrants et migrantes sont aussi exposés à l’exploitation et aux mauvais traitements. Quand ils ne sont pas organisés et représentés par un syndicat, c’est souvent la porte ouverte aux discriminations, au racisme et à la xénophobie. »

Dans les secteurs de la santé et de l’éducation, où les réformes structurelles ont entraîné des pertes d’emploi et une diminution des effectifs, la migration est aujourd’hui un « moyen de survie » pour les personnels de santé et enseignants, qui quittent les pays en développement pour travailler dans les pays industrialisés. De leur côté, ces derniers recrutent activement les travailleurs et travailleuses qualifiés des pays en développement pour pourvoir à leurs propres besoins en effectifs, sans se soucier de l’impact de leur geste.

« Des principes de recrutement éthique doivent être appliqués en cas de recrutement de travailleurs et travailleuses à l’étranger. Le recrutement éthique est synonyme de responsabilité partagée du pays pourvoyeur et du pays receveur, de protection des droits des travailleurs et travailleuses migrants, et de réglementation des activités des agences privées pour qu’elles assument la responsabilité de leurs actes. Nous avons en effet constaté de nombreux cas d’exploitation et de mauvais traitements de travailleurs et travailleuses migrants de la part de recruteurs et employeurs privés. Ces pratiques doivent cesser », a expliqué Hans Engelberts.

C’est le 18 décembre 1990 que les Nations Unies ont adopté la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. La Convention constitue l’instrument le plus complet en termes de droits humains et de normes du travail pour les travailleurs et travailleuses migrants. À ce jour, 34 États l’ont ratifiée, mais parmi eux aucun pays receveur.

« Les pays receveurs doivent prouver leur engagement envers les droits humains en ratifiant cette Convention. Avant même que les gouvernements ne commencent à discuter de la migration et du développement, ils doivent veiller à ce que les droits des travailleurs et travailleuses migrants soient au cœur des débats. Une approche durable de la migration et du développement est impossible hors du cadre des droits humains », a conclu Hans Engelberts