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La CGT dénonce les dangers du FN , ennemi du syndicalisme revendicatif

mar 27/03/2007 - 02:00
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En deux articles (les sept dangers du FN - Le FN : ennemi du syndicalisme revendicatif), la CGT dévoile la vraie nature du parti d’extrême droite :

A - LES SEPT DANGERS DU FN

Tout en cherchant à se donner une image proche du peuple, le FN développe une doctrine économique et sociale qui sert les objectifs du Medef. Son programme comporte sept dangers.

1 // La remise en cause des acquis sociaux

Défenseur des « patrons entreprenants », le FN entend « supprimer les contraintes administratives et fiscales superficielles qui pèsent sur la création d’entreprise et l’embauche ». Le code du travail fait assurément partie des contraintes aux yeux d’un FN favorable à la flexibilité du travail, qui s’oppose aux 35 heures et qui juge « désuet » le droit de grève.

2 // La mise en opposition des salariés des secteurs privé et public

Pour mieux s’en prendre aux droits sociaux, le FN jette l’opprobre sur les « agents du public qui bénéficient de privilèges exorbitants ». Cela s’est encore vérifié sur le dossier des retraites alors que son président s’oppose à la retraite à 60 ans pour abaisser les droits de tous les salariés du public comme du privé. Il se prononce pour le développement de formes caritatives de solidarité et la création d’institutions sociales à caractère privé, des concurrentes à la Sécu.

3 // Un discours ségrégationniste pour masquer les vraies causes du chômage

Le FN préconise d’instaurer une « préférence nationale » sur le marché du travail. « Il faut qu’à compétences égales, les emplois soient réservés prioritairement à nos compatriotes ». Ce principe est à l’origine d’une proposition d’impôt sur l’emploi des travailleurs immigrés ou encore de droits sociaux différenciés pour les immigrés. Chômage, déficit de la Sécu, pour le FN, c’est toujours la faute de l’immigré.

4 // Moins pour les ménages à revenus modestes et des cadeaux aux riches

En matière de fiscalité, les mesures préconisées par le FN sont particulièrement régressives. Il promet aux riches et aux entreprises : une réduction de l’impôt sur le revenu, la réduction des droits de succession, la réduction de l’impôt de solidarité sur la fortune avant sa suppression, la suppression des prélèvements sur les plus-values boursières, la baisse de l’impôt sur les sociétés et la suppression de la taxe professionnelle. Autant de cadeaux que le FN propose de faire supporter aux plus modestes par le biais d’une augmentation de la TVA ou des droits de douanes. Et par des coupes sombres dans l’emploi public.

5 // Un repli national qui menace l’emploi

Pour le FN, les gouvernements successifs « ont bradé la souveraineté nationale à l’Europe de Maastricht, ouvrant le pays à la déferlante migratoire et à la concurrence sauvage du mondialisme ». Il propose une politique autarcique qui ne peut que provoquer l’appauvrissement de la France et son isolement. La limitation des importations et la hausse des droits de douanes qui pénaliseraient les consommateurs, entraîneraient aussi des mesures de rétorsion de nos partenaires avec des conséquences négatives sur l’emploi.

6 // La fin de toute ambition nationale

Un État fort pour le FN est un État sécuritaire, voire policier. Il propose d’accroître les dépenses militaires et sécuritaires et de construire 100 000 nouvelles places de prison. Cet effort se ferait au détriment des dépenses d’avenir : éducation, formation, équipement public.

7 // Les femmes au foyer

En matière de famille, le parti d’extrême droite développe une vision pétainiste. Il promet d’instaurer un « salaire parental et un statut juridique pour la mère de famille » pour qu’elle se consacre « à l’éducation des enfants ». Il s’oppose à l’Ivg et propose de « réserver les allocations familiales aux familles françaises ».

13 mars 2007

B - LE FN : ENNEMI DU SYNDICALISME REVENDICATIF

Le FN est hostile au syndical revendicatif. En revanche, il cherche à pénétrer le mouvement syndical et créer des syndicats conformistes visant à mobiliser les travailleurs au service du capital. Pour cela, il s’appuie sur les lacunes du système actuel et l’absence d’une véritable démocratie sociale représentative.

Deux exemples montrent bien l’hostilité du FN à l’égard du syndicalisme revendicatif :

•    Le mouvement anti-CPE : Le FN était opposé à ce mouvement. Au lendemain de la réussite de ce mouvement, une publication du FN posait la question suivante : « comment la France peut réussir à se sortir de l’emprise totalitaire des syndicats ».

•    Le FN veut interdire le syndicalisme dans la magistrature ; interdiction qui pourrait être étendue à l’ensemble de la fonction publique. D’ores et déjà, le FN se prononce pour un « service minimum garanti provisoire dans les services publics en attendant la fin effective de leur monopole » (il s’agit, dans l’esprit du FN, des droits syndicaux). Dans cet esprit, le FN envisage « un grand référendum sur les lois du travail » pour « renverser ce système de chantage et de privilèges ». Il envisage aussi une « unification des instances représentatives en une seule : les élus du Comité d’Entreprise. »

Dans la droite ligne de sa stratégie de manipulation, le parti lepéniste prétend que le syndicalisme revendicatif ne défend pas les intérêts des plus démunis, et qualifie le mouvement revendicatif de « déni de démocratie manifeste ».

Le FN prend à son compte toutes les accusations et diffamations à l’encontre des syndicats et en profite pour remettre en cause les acquis sociaux : « la formidable imposture que constitue la propagande des syndicats : le fameux modèle social à la française dont ils sont si fiers est un modèle ultra-déficitaire ! », dit le FN. Démagogiquement, le FN prétend qu’il ne s’opposera pas au doit de grève ; mais il soumet ce droit à de nombreuses conditions qui conduisent en fait à son interdiction. A partir d’une posture légaliste : «  La grève est un droit, le travail aussi », le parti lepéniste affirme que « les piquets de grève illégaux seront interdits ».

La similitude entre ces affirmations et celles de Nicolas Sarkozy met en exergue la perméabilité des positions entre la droite classique et l’extrême droite et les dangers que cela comporte pour la démocratie en générale et particulièrement pour la démocratie sociale.