Il appartient aux syndicats de porter les luttes contre le fascisme et l'idéologie d'extrême droite

Qui sommes nous ?

VISA est une association intersyndicale composée d’une cinquantaine de structures syndicales : la FSU et plusieurs de ses syndicats, l’Union Syndicale Solidaires et plusieurs de ses syndicats, des fédérations et des syndicats de la CGT, de la CFDT, de la CNT, de l’UNEF et le syndicat de la Magistrature.

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En bref

Dans un tract appelant à manifester contre la venue de Marine Le Pen le 19 avril à Marseille, les deux syndicats dénoncent le volet judiciaire du programme de la cheffe du Front National. Un exemple à suivre pour d'autres branches où l'appel nécessaire à faire barrage au Front National ne sera que renforcé par une dénonciation concrète de ses projets pour les salarié-e-s et/ou usagers concerné-e-s.
À Charlottesville (Virginie), samedi 12 août, Heather Heyer, militante antiraciste, est morte, écrasée par un assassin néo-nazi, en manifestant contre le rassemblement “Unite The Right” organisé par l’extrême droite qui voulait honorer la mémoire d’un esclavagiste, le général Lee.  Ce meurtre d’aujourd’hui n’est pas isolé, c’est le dernier d’une longue liste d’agressions et crimes fascistes aux Etats-Unis, comme dans le reste du monde et notamment en Europe (France, Grèce, Espagne). Ce meurtre a suscité l’indignation quasi-générale, comme en France où même le FN, en quête de respectabilité, a été obligé de prendre ses distances avec le président Trump qui renvoie dos à dos néo-nazis et militant-es antiracistes, après en avoir fait un modèle.  Mais au-delà de ces condamnations morales de ce qui s’est passé « outre Atlantique » et qui serait « incompréhensible vu d’ici »,...
Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession, tient à apporter son total soutien à Julie Hainaut. Cette journaliste subit depuis le 12 septembre un torrent de menaces et d’injures immondes, suite à la publication d’un article critique sur un bar dans l’hebdomadaire lyonnais Le Petit Bulletin.   Sous le titre « Lyon : une pute à nègres féministe veut détruire un bar à rhum ''colonialiste'', mobilisation ! », un organe qui se qualifie lui-même de « site le plus raciste de la fachosphère » n’hésite pas à la traiter de « femelle négrophile » ou de « hyène terroriste » avant de s’en prendre à la « vaginocratie négrophile », de demander l’adresse de cette consœur - une menace lourde de sens - et d’appeler à inonder son mail et son compte twitter.   Admettre qu’une journaliste professionnelle, qui n’a fait que son...
  La CGT 34 et l'UL de Beziers, avec Solidaires et FSU 34 viennent de lancer, avec les organisations féministes locales, une pétition appelant le préfet à retirer les affiches violentes et sexistes placardées partout par Robert Menard. Il semble en effet très important de construire un rapport de force en partant des habitant.es et salarié.es de Beziers et de sa région.   La répression va être rude, surtout pour la camarade de Beziers, il est donc essentiel que cette pétition fasse un tabac.   Une mise à jour ser faite au fur et à mesure pour annoncer les soutiens d'organisations ou d’élu.es.   Merci de signer et de diffuser cette pétition en cliquant ici
"Contre le racisme et la xénophobie, antifasciste tant qu’il le faudra". C’est l’un des chants que scandent, ce mardi depuis 8h, les personnes rassemblées contre le groupuscule identitaire la Ligue du Midi, jugé ce matin pour avoir saccagé, le 30 juin dernier, les locaux de l’association Réseau Accueil Insertion Hérault, une association qui aide les mineurs isolés, pour le compte du Département.   Suite à l’appel d’une quinzaine d’associations - dont la Section de Montpellier de la Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty International, Esprit Libre 34, ou encore Sud Santé Sociaux / Solidaires - entre 70 et 80 personnes ont répondu présent à ce rassemblement, selon la Gendarmerie.   Pour Daniel Martin, directeur du Réseau accueil insertion Hérault (RAIH), il s'agit d'un "groupe identitaire, raciste bien évidemment, qui voulait s’attaquer au fait que notre association s’occupent de mineur isolés...
Appel unitaire "Fermons l'Arcadia, local fasciste à Strasbourg" Deuxième manifestation le 20 janvier 2018 L’Arcadia, local/bar du mouvement néo-fasciste "Bastion Social" qui a officiellement succédé au GUD, a été inauguré à Strasbourg le 9 décembre. Le même jour, une manifestation forte de 400 personnes avait alors défilé dans les rues de la capitale alsacienne pour refuser l’implantation de ce local. Nous soulignions alors qu’en prétendant lutter contre la misère sociale, les fascistes entendaient surtout disposer d’un QG pour la préparation d’agressions.    Et nous avions malheureusement raison : le soir même de l’inauguration, un jeune homme d’origine algérienne a été violemment agressé par un groupe de vingt personnes. Deux ont été arrêtées et jugées : l’une d’elle, Thomas Beauffet, une figure de premier plan du Bastion Social à Strasbourg, a été condamné à huit mois de prison ferme.  En...
  Communiqué de la fédération Solidaires étudiant-e-s, émanant de sa commission Antipatriarcat, au sujet du harcèlement ciblé dont sont victimes depuis 2 jours des militantEs féministes et antiracistes.   Depuis le matin du 8 janvier 2018, sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) la page "Memes royalistes" une page d’extrême droite a annoncé "faire des révélations sur l’UNEF", et a publié des captures d’écrans de tweets de militantEs (femmes racisées) de l’UNEF, en citant leurs noms prénoms et pseudo, incitant de ce fait a un harcèlement ciblé sur ces personnes. Depuis, plusieurs autres camarades de l’UNEF et de Solidaires étudiant-e-s ont également fait les frais de cette abjecte méthode militante d’intimidation.   Les propos cités étaient à chaque fois des tweets dénonçant des oppressions qu’elles subissaient et qui ont été qualifiés par des individus, en majorité d’extrême droite, et certains...
Vous pouvez signer la pétition en ligne par ici. Stopper l’extension d’une porcherie sur le site du camp de concentration de Septfonds Monsieur le Président de la République   Nous sollicitons votre intervention pour empêcher  qu’un « crime de lèse-mémoire » soit commis à l’encontre d’un haut-lieu historique du Tarn-et-Garonne : le site du camp de concentration de Septfonds (lieudit de Judes) risque d’être souillé par l’extension d’une porcherie familiale qui prévoit d’élever dorénavant 6 500 animaux par an.           Sur ce terrain, réquisitionné en mars 1939 pour être transformé en camp de concentration, ont été enfermées environ 30 000 personnes, dans des conditions infrahumaines et sans procès ; 90 % étaient des soldats de l’armée républicaine espagnole, d’autres des soldats de l’armée polonaise et d’autres encore des civils juifs. Un certain nombre des...
Communiqué commun CFDT, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires et UNSA   La conférence de presse qui a suivi la rencontre des chefs d’État français et turc a permis de mettre en lumière les manipulations de l’opinion publique par les détenteurs du pouvoir politique à Ankara afin de parvenir à l’instauration d’un régime autoritaire.   Les purges et les licenciements massifs de salariés et de fonctionnaires, les violations quotidiennes des droits fondamentaux de l’Homme continuent sans relâche en Turquie. L’état d’urgence, en vigueur depuis dix-sept mois dans tout le pays, était l’opportunité pour le président Erdogan de promulguer 30 décrets-lois en contradiction, tant sur la forme que sur le fond, avec la Constitution turque.   Dernier en date, un décret-loi du 24 décembre, a entraîné le limogeage de plus de 2 700 personnes. Toutes sont accusées soit d’appartenir, soit d’être liées à des organisations «...
NON A L’OUVERTURE D’UN LOCAL FASCISTE A CHAMBERY !   Le mouvement néo-nazi « Bastion Social », anciennement Edelweiss Pays de Savoie, inaugurera son local "l’Edelweiss", situé entre le 169 et le 187 Avenue de Lyon à Chambéry, le 3 février prochain.   Ne voulant plus se limiter à être un "club de ratonnade", les fascistes savoyards tentent de se reconvertir dans la "solidarité" entre "bon français" blancs.   Sous couvert de récupérer la lutte contre la misère sociale et le mal- logement, les fascistes entendent surtout disposer d’un lieu pour la préparation d’agressions. Devons-nous rappeler les violences d’extrême droite quasi quotidiennes dans le Vieux Lyon, l’attaque violente sur un concert militant le 20 octobre dernier à Chambéry (par les mêmes personnes qui ouvrent ce lieu), ou encore l’agression raciste LE SOIR MÊME de l’ouverture d’un local du «...
Exclusion des sans-papiers précaires du bénéfice des réductions tarifaires dans les transports : la justice condamne une mesure discriminatoire   Au début de l’année 2016, le Conseil régional d’Ile-de-France [1] puis, dans la foulée, le STIF (désormais "Ile de France Mobilités") [2], ont décidé de refuser toute réduction tarifaire sur les transports aux personnes étrangères bénéficiaires de l’aide médicale de l’État (AME).   Cette mesure, en vigueur depuis deux ans, a rendu encore plus précaires ces personnes déjà parmi les plus vulnérables en leur imposant davantage d’obstacles pour la reconnaissance de leurs droits : comment désormais se déplacer pour aller travailler, pour aller dormir dans les éventuels centres d’hébergement vers lesquels l’orientation est souvent décidée au jour le jour, pour accompagner leurs enfants à l’école, pour se rendre dans les centres de soins ou encore à la préfecture pour accomplir les...
L’extrême droite n’a pas sa place ni dans les cortèges syndicaux   Ni nulle part ailleurs !    L’exigence de justice sociale qui s’exprime partout en France, face à la multiplication des attaques du gouvernement aux ordres du patronat, appelle à la mobilisation massive des salariés, des agents de la fonction publique et des services publics, des retraités, des privés d’emploi et de la jeunesse.  C’est dans ce contexte que du « Front National » aux « Patriotes », en passant par différents mouvements favorables au « Frexit », des organisations identitaires, xénophobes et racistes se travestissent en pseudo-alliés et soutiens des travailleurs en lutte. Leurs ambitions politiques sont en totale opposition avec nos valeurs, notre aspiration de transformation sociale, nos combats syndicaux pour une société plus juste, plus solidaire, accueillante et fraternelle.  Toutes ces organisations ne font...
Une manifestation, regroupant largement des organisations syndicales, des associations et collectifs, ansi que des partis politiques, se tiendra à Lyon le 26 mai 2018 à 14h30, place des terreaux. Les organisations signataires appellent à amplifier la mobilisation populaire contre le Bastion social et l'extrême droite en général qui sévit sur la ville.  
Communiqué de presse   Beaune : nouvelle fusillade raciste... agir vite et fermement !   Dans la nuit du 29 au 30 juillet, 7 jeunes gens ont été blessés, certains gravement par des tirs d'armes à feu dans le quartier Saint-Jacques à Beaune (Côte-d'Or). Deux suspects ont été arrêtés et mis en examen pour "tentative d'assassinat, violences aggravées commis en raison de l'appartenance à une soit-disant race, religion ou ethnie, réelle ou supposée, injures publiques à caractère racial, menaces de mort à caractère racial". Après le crime raciste d’Ychoux dans les Landes qui a coûté la vie à Saïd El Barkaoui assassiné par un voisin, ce nouveau drame illustre la gravité du climat raciste actuel. Le MRAP s’étonne à nouveau du peu de réaction des politiques en responsabilité de la protection des citoyens et déplore les "silences assourdissants" devant de telles manifestations de racisme.    L’usage des armes s’...
Déchaînement antisémite contre l'avocat grenoblois Denis Dreyfus  :  RLF indigné (communiqué de RLF Isère, contacts : rlfvoiron38@no-log.org)   Un site internet aux références nazies assumées,  au racisme habituel et démentiel, déjà trop connu et qui ose se nommer "democratie participative", s'en prend à l'avocat grenoblois Denis Dreyfus, dans une publication datée du dimanche 12 août 2018, avec un antisémitisme débridé et  très violent.   RLF Isère (Réseau de Lutte contre le Fascisme, ex Ras L' Front) apporte son soutien à Maître Dreyfus.   La suite dans cet article

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Des outils pour lutter
contre l'extrême droite

- Des livres

Les extrêmes droites en France
- édition Syllepse -
Par Jean Paul Gautier
 

 

Dictionnaire de l'extrême droite
- édition Larousse -
Collection "à présent"
 

 

Jacques Leclerq :
" dictionnaire de la mouvance droitiste
et nationale de 1945 à nos jours "

Michel Briganti, André Déchot et Jean-Paul Gautier
" LA GALAXIE DIEUDONNÉ "
Pour en finir avec les impostures.

Pour commander
Editions Syllepse

AUBE DORÉE. LE LIVRE NOIR DU PARTI NAZI GREC
Auteur: Psarras Dimitris

Pour commander
Editions Syllepse

- Des vidéos

"Aujourd'hui comme hier, combattre l'extrême droite"

Le documentaire "Aujourd’hui comme hier,
combattre l’extrême droite - Histoire croisée
du syndicalisme et de l’extrême droite"
a été réalisé par l'IHS-CGT, dans le cadre
de la campagne CGT-Solidaires-FSU-Unef-FIDL-UNL
« Combattre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques »
initiée le 29 janvier 2014 à la Bourse du travail de Paris.
Ce documentaire de 11 minutes peut être utilisé dans
le cadre de formations, de débats, de réunions publiques
et permet de se réapproprier l'histoire de la lutte
antifasciste d'un point de vue syndical.

 

"LE FN aux affaires"

Une enquête menée dans deux villes du Var :
Fréjus et Cogolin, un an après les élections
municipales de 2014.

 

"Bassin miné"

un documentaire d’Edouard Mills-Affif,
qui suit la scène politique locale de Hénin-Beaumont
depuis plus de dix ans.

http://www.bassinmine.com/

Mains brunes sur la ville

Quand l’extrême droite est au pouvoir

MAINS BRUNES SUR LA VILLE – 90 min
Documentaire de Bernard Richard.

Pourquoi des citoyens accordent-ils leur confiance à l’extrême droite, et comment celle-ci se maintient-elle au pouvoir ?(doc tourné pendant la campagne des cantonales de 2011 à Orange et Bollène)

Pour organiser une projection : Tel : 06 25 52 76 74 - Mail : victor.fuvel@free.fr

Aube dorée, une affaire personnelle

Un doc sur le parti néonazi grec accessible gratuitement en ligne !
 

Le livre de Dīmī́trīs Psarrás 'Aube dorée: Le livre noir du parti nazi grec’ (éditions Syllepse), utile complément à ce documentaire peut être commandé (10 €) à VISA 80/82 rue de Montreuil - 75011 PARIS.

Elections en Allemagne, Autriche, Grande-Bretagne : résultats en demi-teinte pour l’extrême droite

Ce n’est pas seulement en France, mais dans presque toute l’Union européenne que l’extrême droite est actuellement très présente dans le paysage social et politique. Elle se présente avec plus ou moins de succès aux élections, elle se fait remarquer par un fort niveau de violences quotidiennes (comme dans certaines parties de l’Allemagne, surtout en ex-RDA), elle arrive parfois à imprégner partiellement le discours ou la politique des autres forces politiques.

L’actualité autour de l’extrême droite à l’échelle européenne va continuer à nous occuper au cours des prochaines semaines. Ce sont surtout les élections législatives aux Pays-Bas, le 9 juin prochain, ainsi qu’en Belgique – le 13 juin – qui auront une importance cruciale. Dans le cas des élections néerlandaises anticipées qui font suite à la démission du gouvernement de Jan-Peter Balkenende à la mi-février, le « Parti pour la liberté » (PVV) pourrait accéder au rang de première force politique. Dans le cas de la Belgique, on assistera également à des élections anticipées, qui se dérouleront suite à la démission du gouvernement d’Yves Leterme intervenue le 22 avril dernier. Nous proposerons, dans nos colonnes, une analyse de ces scrutins à venir. Interressons-nous d’ores et déjà aux résultats de plusieurs consultations électorales qui se sont déroulées ces dernières semaines et qui impliquaient une extrême droite plus ou moins bien implantée. Nous analyserons successivement le cas des élections régionales dans une partie de l’Allemagne (9 mai 2010), des élections législatives britanniques (6 mai 2010) et du scrutin présidentiel en Autriche (25 avril 2010).

Allemagne : éparpillement électoral de l’extrême droite, difficultés à percer

L’Allemagne est un pays où le taux de violences d’extrême droite, surtout dans certaines parties situées plutôt au Nord-Est du pays, reste énorme. Plus de 16 000 infractions – du tract raciste et de l’incitation à la haine raciale, jusqu’aux coups et blessures ou (plus rarement) tentatives d’homicides – ont été commis en 2009, contre un peu moins de 14 000 en 2008 selon des chiffres du ministère de l’Intérieur. Ce chiffre global comprend 735 « actes de violence » en 2008, et 768 en 2009 ; au total 658 personnes étant blessées pour ces raisons l’année dernière. Seulement 19 coupables éventuels avaient, cependant, été mis en détention provisoire avant jugement. Ce taux reste très élevé, même s’il demeure en dessous du pic enregistré au début des années quatre-vingt-dix, dans l’immédiat après-réunification : entre 18 000 et 19 000 délits et crimes d’extrême droite et/ou racistes enregistrés en 1992, dont, à l’époque, de nombreux actes de violence : incendies criminels contre des foyers d’immigrés ou demandeurs d’asile.

Cependant, sur le plan électoral, l’extrême droite n’arrive, en général, pas à décoller. Seule exception, certaines régions frontalières avec la Pologne ou la République tchèque, notamment la Saxe. (Même si le NPD, parti le plus dur de l’extrême droite, a reculé en Saxe à 5,6 % aux élections régionales de 2009 par rapport aux 9,2 % obtenus à celles de septembre 2004.)

Le 9 mai dernier, c’est la région la plus peuplée d’Allemagne – 18 millions d’habitants à elle seule – qui a élu son Landtag, le parlement régional. Il s’agit de la Rhénanie du Nord-Westphalie (abrégée en Allemand « NRW »), région frontalière de la Belgique et des Pays-Bas. Cette région a été visitée à plusieurs reprises, depuis un an et demi, par plusieurs délégations de l’extrême droite française, et, plus exactement, par ses petites mouvances militantes que sont la « Nouvelle Droite Populaire » (NDP) et le « Mouvement National Républicain » (MNR), ceci alors que le FN s’abstenait de ce type de tourisme militant. Ce qui attirait ces petits partis, cherchant à se ressourcer et à trouver une nouvelle perspective en dehors de l’Hexagone, c’était l’activisme du mouvement régional « Pro NRW ».

Cette plateforme électorale, dont le noyau est constitué par le parti local « Pro Cologne » dans la plus grande ville de la région NRW (un million d’habitants), met en avant une thématique du refus de « l’islamisation », de la construction de mosquées ou de minarets. C’est ce profil qu’ont d’ailleurs recopié les petits partis ci-devant nommés, MNR et NDP - avec quelques autres petits mouvements -, avec leur liste « Non aux minarets » aux dernières élections régionales françaises. (Elle était présente en Lorraine et Franche-Comté, obtenant respectivement 3 % et 2,5 % des voix). A Cologne, où se trouve le chantier de la plus grande mosquée actuellement prévue en Europe occidentale, l’activisme de ce mouvement (dont le premier noyau a été formé dans les années 1990 par des déçus des partis traditionnels de l’extrême droite, « Die Republikaner » et NPD), a été payant sur le plan local. La plateforme électorale « Pro Cologne » a ainsi pu obtenir 4,7 % des voix aux élections municipales de 2004,  pourcentage suffisant pour être représentés au conseil municipal de la ville. Ce résultat a été suivi de 5,4 % au dernier scrutin local du 30 août 2009.

Or, sur le plan régional, rien de tel n’a été possible. Le grand handicap de ce parti régional d’extrême droite, qui refuse cette étiquette mais se définit lui-même comme « démocrate de droite » et « populiste », est le caractère très réduit de son noyau militant, et son dilettantisme organisationnel. Le noyau dur de « Pro Cologne », plateforme devenue par extension « Pro NRW » à l’échelle régionale, est constitué par une poignée d’anciens étudiants en droit de l’université locale, devenus avocats  à Cologne et dans les alentours. Leur base activiste – pour parler des militants, et non des électeurs – est très réduite, avec des capacités organisationnelles visiblement très faibles.

C’est ainsi que plusieurs tentatives d’organiser des manifestations publiques de « Pro NRW » ou « Pro Cologne » ont frôlé le désastre. Leur « congrès européen contre l’islamisation », en septembre 2008, avait attiré 100 personnes (plus 200 autres venues d’ailleurs, bloquées à l’aéroport par des antifascistes)… et 20 000 contre-manifestants.  Récemment encore, fin mars 2010, une « manifestation » contre un projet de mosquée à Duisburg (dans la Ruhr) annoncée longuement à l’avance et qui devait couronner un « congrès » tenu  le week-end des 26/27 mars, à Gelsenkirchen, n’attira qu’environ 150 personnes. Pire pour eux : partout où leur « bus de campagne » pointa le nez, surgirent tout de suite des dizaines ou des centaines de contre-manifestants locaux. L’équipe militante qui se trouvait à bord du bus, elle, ne s’étoffa pas en cours de route, mieux : leur nombre se réduisit au fur et à mesure de la tournée régionale.

Mais c’est aussi le profil de leur campagne qui est en cause. Si « Pro NRW » cherchait visiblement à attiser les ressentiments racistes et xénophobes, surtout à l’égard des musulmans, le contenu « social » de sa campagne était très faible. Le noyau dur militant professant plutôt des options néolibérales, cela rend difficile la tenue d'un discours «  social ». Au cours de la dernière partie de sa campagne électorale, « Pro NRW » essaya pourtant de surfer sur les événements d’actualité : sur la crise de l’euro et celle qui avait éclaté en Grèce. Notamment sur le refus (majoritairement répandu en Allemagne, sur fond de ressentiment chauvin anti-Grecs réveillés par les grands tabloïds de la presse populaire) de secourir financièrement la Grèce. « Pas un centime pour la Grèce, pas une voix pour les Vieux Partis ! » fut l’un des slogans placardés par « pro NRW ». Apparemment sans connaître un succès énorme, au vu des résultats.

Au total, « Pro NRW » a obtenu 1,4 % des voix exprimées (et 106 000 suffrages) à l’échelle de la région. Ce qui est loin d’être un succès, mais permet néanmoins à ce parti de limiter les dégâts : il lui fallait, en effet, obtenir au moins 1,2 % des voix pour avoir droit à un remboursement de ses frais de campagne. « Rendez-vous en 2015 ! » clame ainsi, d’ores et déjà, « Pro NRW » qui a annoncé sa ferme volonté de se construire des bases locales en dehors de son fief de Cologne. Dans cette dernière ville, cependant, « Pro NRW » voit aussi son score de l’élection municipale de l’année dernière réduit de moitié : il obtient environ 2,5 % en moyenne sur les sept circonscriptions de Cologne. C’est dans les villes de Duisburg et Gelsenkirchen, parmi les plus pauvres de l’ancien bassin industriel de la Ruhr – villes que « Pro NRW » avait choisies pour ses tentatives d’apparition publique, fin mars 2010 – que le parti régional réalise ses plus forts succès. Succès quand même assez relatifs. Ses scores s’y situent entre 4 % et 5 %. Deux autres partis d’extrême droite avaient concurrencé « Pro NRW », lors de ce scrutin. Cet éparpillement des forces n’a pas arrangé les choses pour l’extrême droite, en fin de compte.

Le NPD, parti d’extrême droite « dure » et assez classique (fondé en 1964), avait, cette fois-ci, changé un peu de stratégie. Calquant son argumentaire électoral partiellement sur celui de « Pro NRW », il a mis en avant le refus de l’islam au nom de l’Occident (et de la modernité), alors, qu’en général, ce parti est certes anti-immigrés mais aussi ultranationaliste et antisémite. Le NPD a obtenu 0,7 % et 55 000 voix. Le Parti des « Republikaner », quant à lui, confirme une nouvelle fois son déclin qui semble irréversible. Première force de l’extrême droite en Allemagne entre 1989 (année où il put entrer au Parlement européen avec plus de 7 % des voix) et 1992, ce parti va d’échec en échec depuis une quinzaine d’années. Actuellement, il cherche à occuper une position charnière entre les courants durs de la droite classique et l’extrême droite au sens strict du terme. Cependant, il ne réussit sur aucun des deux tableaux. Aux élections de NRW, il doit se contenter de 0,3 % des voix (23 000 électeurs).

Grande-Bretagne : Le BNP connaît un échec relatif

Le jeudi 6 Mai c’est la Grande-Bretagne qui a voté pour élire un nouveau parlement. L’extrême droite était représentée par son premier parti, le BNP (British National Party). Les scrutins législatifs nationaux ne sont, cependant, jamais une chose très facile pour lui, ni pour les autres partis de petite ou même de moyenne taille du Royaume-Uni. La difficulté principale étant due, au mode de scrutin : majoritaire à un seul tour, aussi appelé « The winner takes it all » (« Le gagnant », c’est à dire le candidat le mieux place, « rafle tout »). Les petits partis politiques n’ont ainsi guère de chance d’être représentés ; le fait qu’une majorité relative suffit pour passer au premier et unique tour – les écartent du jeu. Cette année, le parti écologiste aura d’ailleurs marqué l’exception qui confirme la règle, puisque la présidente des Verts britanniques a réussi à se faire élire, en devenant la candidate la mieux placée dans sa circonscription.

Sur le plan local, le BNP fasciste – qui ressemble quelque peu au FN des années quatre-vingt-dix – a pu percer depuis un certain nombre d’années en quelques endroits. En 1993, il avait ainsi réussi à faire élire des conseillers municipaux à Tower Hamlets, un quartier déshérité de Londres. Mais à l’échelle nationale, il n’y avait jusqu’ici guère que les scrutins européens qui lui apportaient une réelle chance de succès : le mode de scrutin est alors proportionnel, avec un taux minimum de 5 % requis pour avoir des députés. Aux élections européennes de 2004, le BNP avait raté de peu la barre des cinq pour cent, obtenant 4,7 % des voix britanniques. Or, aux dernières élections européennes en juin 2009, le BNP a, cette fois-ci, réussi à franchir cette barre. Avec 6,2 % des voix, correspondant à un peu plus d’un million de voix, son résultat lui avait valu deux sièges au Parlement européen. (A côté d’un parti de droite souverainiste britannique – mais non fasciste -, l’UKIP, très puissamment représenté à Strasbourg avec plus de 16 % des voix au Royaume-Uni.)

Il était prévisible que le BNP n’allait pas pouvoir réitérer ce succès aux dernières élections législatives, à cause du mode de scrutin. Le BNP avait néanmoins présenté des candidats à peu près sur la moitié du territoire. Mais il avait surtout misé sur la tentative de placer son candidat en tête dans une poignée de circonscriptions bien sélectionnées. Une attention particulière avait été portée sur la circonscription de Barking-Dagenham, une banlieue populaire particulièrement déshéritée à l’Est de Londres, où 28 % de la population sont d’origine immigrée et où le BNP a tout tenté pour « ethniciser » les problèmes sociaux (chômage élevé, difficultés de logement etc.).

Cependant, le succès escompté n’a pas été au rendez-vous. Alors que le BNP présentait son chef - Nick Griffin - en personne à Barking, celui-ci obtint 14,6 % des suffrages et 6 600 électeurs (contre 54,3 % pour la candidate du « Labour Party » travailliste, Margaret Hodge, âgée de 65 ans, vielle routière de la politique et antiraciste déclarée). Or, en 2005, une candidature du BNP avait déjà réalisé un meilleur score au même endroit, obtenant à l’époque 16,9 %. (Mais, apparemment, avec moins de voix qu’en 2010, selon Nick Griffin qui parle du « meilleur score jamais obtenu » de son parti ; c’est néanmoins loin d’être un triomphe dès lors que l’on compare le résultat aux attentes affichées.) Le BNP n’apparaît ainsi pas, à l’heure actuelle, en mesure de mobiliser largement afin de franchir la barrière du mode du scrutin. Il ne semble pas être perçu, dans des couches significatives, comme le parti apportant les réponses attendues à la crise économique et sociale. Ceci malgré un racisme qui persiste et qui gangrène certains secteurs de la classe ouvrière anglaise.

De son côté, dans une première prise de position diffusée à ses sympathisants après l’élection du 06 mai, le chef du BNP ne veut pas voir dans les résultats du parti une défaite. Un peu moins de 564 000 voix exprimées pour lui sur le plan national (contre un peu moins de 193 000 en 2005, obtenues alors sur moins de circonscriptions), ce ne serait pas si mal, tente-t-il de positiver malgré tout. Il est vrai que ce nombre de voix n’est pas tout à fait négligeable même s’il est moitié moindre que celui obtenu aux dernières élections européennes. En fait, il semble que c’est surtout une combinaison entre un mode de scrutin défavorable et l’absence de confiance d’un électorat populaire, en lui ou en ses chances de gagner, qui a pénalisé le BNP.

Autriche : la candidate « nazi de cave » ne fait pas les affaires du F.P.Oe

En Autriche, la dernière élection (à l’échelle fédérale/nationale) qui s’y est déroulée est celle du président fédéral, le 25 avril 2010. Avec 15,6 % des voix exprimées pour sa « présidentiable » Barbara Rosenkranz, l’extrême droite du FPOe (« Parti de la liberté d’Autriche ») est restée clairement en dessous de ses possibilités, puisque celles-ci se situent théoriquement au-delà des 25 % des voix : Ainsi, lors des dernières élections législatives de fin septembre 2008, les deux partis de l’extrême droite réunis – le FPOe et sa scission, le BZOe (Alliance Avenir de l’Autriche) – avaient totalisé ensemble 28,2 % des suffrages exprimés.

Depuis, les choses n’ont globalement pas évolué dans un sens qui aurait pu faire baisser l’extrême droite. Celle-ci constitue ainsi presque la seule opposition (avec les Verts) au gouvernement fédéral de « Grande Coalition » - réunissant droite catholique et sociaux-démocrates -, formée en 2006 et reconduite en 2008. Puis, en décembre 2009, le FPOe a absorbé la majeure partie de l’« Alliance Avenir Autriche » (BZOe) ; plus concrètement sa section régionale en Carinthie, qui était la seule région du BZOe aux forces militantes réelles. Ainsi la scission organisationnelle de l’extrême droite autrichienne, qui remonte à l’année 2005, a quasiment été annulée.

Le scrutin présidentiel aurait pu, en outre, se présenter sous un jour particulièrement favorable pour l’extrême droite. Certes, le poste de président(e) fédéral(e), en Autriche, n’est doté de quasiment aucun pouvoir politique sinon symbolique ; néanmoins son titulaire est élu au suffrage universel. L’occasion aurait pu être trop belle. Le président fédéral sortant, le social-démocrate Heinz Fischer, se présentait sans candidature concurrente issue des grands partis du centre. La droite classique (chrétienne-sociale), tout autant que les Verts d’ailleurs, avait renoncé à présenter une personnalité contre lui. L’extrême droite pouvait ainsi apparaître comme – quasiment – la seule force d’opposition à ce « candidat de tout l’establishment ». Néanmoins, en fin de compte, un candidat issu des rangs de la droite catholique-intégriste (Rudolf Gehring, du « Parti chrétien d’Autriche » CPOe, quasiment inconnu jusqu’ici) a surgi, obtenant à son tour 6 % des voix. Il n’est pas improbable, d’ailleurs, que ce pourcentage aurait été moindre si l’extrême droite avait présenté une candidature plus « crédible ».

Justement, la candidate du FPOe faisait problème : Issue du noyau dur de la droite pan-germaniste et héritière du nazisme historique, Barbara Rosenkranz avait du mal à se démarquer d’une réputation sulfureuse, étant cataloguée comme candidate aux idées vraiment « brunes » dans la plupart des médias. Madame Rosenkranz, ayant dix enfants – tous aux prénoms « purement germaniques » - avec un mari militant de la mouvance néonazie extraparlementaire (dont il édite une revue : « Fakten »), avait été observée dans le passé en train de participer à des « fêtes de solstice d’été ». Il s’agit là de cérémonies néo-païennes d’inspiration nazie. En novembre 2003, la Cour européenne des droits de l’homme avait d’ailleurs considéré qu’un justiciable devait être autorisé à appeler Madame Rosenkranz publiquement une « nazie de cave » - au sens d’une partisane du nazisme ayant hiberné dans une cave -, censurant sur ce point la jurisprudence autrichienne antérieure.

Cette candidate représente bel et bien une mouvance idéologique qui a toujours été présente au sein du FPOe, surtout dans son noyau dur historique, toutefois sans que le parti ne se soit jamais limité à ce milieu. Cependant, pour porter la couleur du FPOe, le bleu (qui avait aussi été utilisé par le mouvement nazi historique, du temps de son interdiction en Autriche de 1934 jusqu’à l’« Anschluss »en 1938) à l’élection présidentielle, elle était finalement trop « marquée ». Elle présentait surtout l’inconvénient, pour le parti, que les débats autour de sa personnalité tournaient très souvent autour des enjeux de la mémoire historique, et non pas sur des sujets d’actualité de la société autrichienne. Ainsi, peu de temps après sa nomination en tant que candidate (le 2 mars), la candidate avait déclaré qu’elle voulait supprimer la loi autrichienne qui interdit et punit toute « manifestation de résurgence du nazisme ». La pression montait si rapidement que, le 7 mars, elle se voyait obligée de procéder à une « déclaration devant notaire »… pour préciser qu’elle « ne défendait pas les idéaux du national-socialisme », et ne professait pas le négationnisme historique. Un moyen bien dérisoire, face à un doute – ou, pour beaucoup d’observateurs, plutôt une mauvaise certitude – qui montait dans la société. Ainsi, le parti aura perdu surtout le soutien des jeunes électeurs. Ceci alors que, au contraire, les jeunes (l’âge minimum pour exercer le droit de vote ayant été abaissé à 16 ans en Autriche) avaient fourni les plus gros bataillons d’électeurs du FPOe aux scrutins précédents. Malgré le fait qu’à 15,6 %, son score n’est pas négligeable, Barbara Rosenkranz s’est vue obligé de reconnaître, le soir du scrutin, qu’il ne s’agissait « pas vraiment d’un succès ».

Le chef du parti, Heinz-Christian Strache, s’apprête à changer de stratégie au cours des mois qui viennent. Bien qu’il ait lui aussi appartenu à un milieu « bien marqué » par le (néo)nazisme, dans sa jeunesse – des photos le montrent lors d’exercices paramilitaires dans une forêt -, Strache poursuit une stratégie de « modernisation ». Celle-ci est fondée sur un allégement du bagage idéologique hérité de l’Histoire, en combinaison avec une forte dose de démagogie sociale. L’agitation anti-immigrés y trouve bien sûr sa place, mais en essayant de faire en sorte qu’elle ne rappelle pas trop les diatribes du nazisme historique. Heinz-Christian Strache, en désignant officiellement la candidate du FPOe, début mars 2010,, avait placé la barre très haut pour elle : il avait alors déclaré que l’objectif, à l’élection présidentielle, se situait à 35 % des voix… A la vue du résultat, il l’aura ainsi bien « plombée », pour longtemps. Désormais, c’est lui qui se prépare à être en première ligne, pour les élections régionales à Vienne du 10 octobre prochain. Cette fois-ci, la bataille s’annonce très sérieuse. Strache, lui-même candidat et tête de liste, paraît bien décidé à ne pas se laisser perturber par des « erreurs de casting ».

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Illustration de l'article : 1 250 nains de jardins faisant le salut hitlérien, envahissent Straubing (Allemagne), au nom de l’art - Œuvre d’Ottmar Hörl (http://www.ottmarhoerl.de/)
 

 

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Il faut veiller à ce que le combat contre l'extrême droite ne passe pas après les luttes syndicales au prétexte qu'elle a été battue aux présidentielles et qu'elle n'a obtenue «que» 9 députés.

Il faut continuer de lutter, sans relâche et avec la même force, contre les politiques libérales, notre adversaire qui fait aussi monter le FN, et contre le fascisme, notre ennemi historique.

 

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