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Où vont Sarkozy et son gouvernement ?

mer 02/03/2011 - 10:39
defaut

Le contenu du discours du président de la République ce dimanche 27 février suscite l’indignation des militants antifascistes sur plusieurs points et pose de nombreuses et inquiétantes questions :
Associer les concepts de « révolutions arabes » et « d’immigration massive » dans un même raisonnement est particulièrement scandaleux et vise à alimenter la peur. Annoncer dans la foulée un énième renforcement de la « sécurité » à l’intérieur de nos frontières (françaises et européennes) face aux « risques certains d’une immigration massive » ne revient-il pas une nouvelle fois à stigmatiser les étrangers comme les responsables de tous nos maux ? Cela ne revient-il pas aussi à tenter de faire oublier les contestations populaires qui existent aussi dans bon non nombre de pays non arabes, l’Iran, la Chine, l’Inde, la Grèce et nombre de pays de la « France Afrique » ?
Utiliser aujourd’hui le risque de « l’islamisme » pour justifier les coopérations historiques de la France avec les dictatures Tunisienne et Egyptienne n’est-il pas  un mensonge ?
Ne pas parler de politique intérieure française alors que la crise sévit toujours, n’est-ce pas le signe d’une absence totale de volonté gouvernementale de répondre aux aspirations sociales de « mieux vivre » ?
Réserver aujourd’hui le très ambigüe « droit d’ingérence » aux seules questions économiques (libre échange mondialisé et abaissement des barrières douanières imposés par le G20) et surtout pas pour le respect des droits de l’Homme n’est-il pas le signe d’un ordre mondial antisocial ? Rappelons que Sarkozy était à l’époque favorable à l’intervention militaire en Irak !
Tarder à ce point, et pour la 2ème fois en 6 mois, à limoger une ministre devenu indigne à son poste n’est-il pas un aveu de complaisance du chef de l’Etat envers des attitudes répréhensibles ?
Nommer ministre de la Défense un des fondateurs des mouvements d’extrême droite « Occident » qui plus est ayant eu des démêlés avec la justice pour des actes de violence, n’est-ce pas choquant et particulièrement déplacé ?
S’approprier encore et toujours la rhétorique du Front National sur les questions d’immigration, pratiquer une politique de réaction, au coup par coup, jouer sur les émotions, sur les sensations, sur les peurs, ne risque-t-il pas de légitimer plus fortement l’extrême droite dans l’échiquier politique ?
A l’issue du discours présidentiel du 27 février, l’absence de réponse aux préoccupations majeures de la population a de quoi inquiéter, surtout quand, en parallèle, l’accent est mis sur un nouveau durcissement de la politique intérieure française en utilisant de faux prétextes.
Le risque est maintenant avéré de voir le gouvernement français qui a soutenu et armé des dictateurs dont les mains sont rouges du sang de leurs peuples , s’enfermer dans une politique encore plus radicale contre les immigrés, contre les pauvres, contre les salariés.
VISA.