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L’offensive de SOS Education contre l’éducation sexuelle : la nostalgie de la blouse grise, tendance vert de gris !

jeu 07/02/2008 - 00:00
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En novembre 2006, ISA publiait un premier article sur "SOS éducation", association nauséabonde en guerre totale contre l’école laïque et républicaine.

A l’époque, cette officine réactionnaire s’en prenait à la méthode dite globale d’apprentissage de la lecture et appelait à dénoncer les enseignants qui n’appliqueraient pas les nouvelles directives du Ministre.

ISA écrivait alors : « Cette association, créée en novembre 2001, est coutumière de ces méthodes, véritables appels à la délation. Contrairement à ce qu’elle indique, l’association SOS Education n’est pas un regroupement d’usagers de l’école mais un puissant lobby aux thèses ultralibérales dont l’objectif principal est d’en finir avec l’école publique » ajoutant : « SOS éducation est proche d’associations comme Les contribuables associés (une seule cible : le service public), l’IFRAP (fondée par un ancien énarque qui a fait de la bataille contre le service public un fond de commerce), Catholiques pour les libertés économiques ou encore Conscience politique. On retrouve d’ailleurs SOS éducation sur le site conscience-politique.org pour lequel elle a réalisé l’analyse d’un manuel d’histoire jugé trop complaisant sur les morts du communisme. Sur ce site, elle voisine avec des références aux ultralibéraux américains, aux mouvements anti-avortement et à la mouvance des évangélistes américains, le tout dans une proximité assumée avec l’extrême droite. D’ailleurs, en matière d’éducation, le programme de cette association présente des parentés avec ceux du FN et du MNR... ».

Aujourd’hui, en attaquant l’exposition d’éducation sexuelle destinée aux préadolescents "Zizi Sexuel" qui se déroule actuellement à la Cité des Sciences de la Villette, SOS éducation vient de franchir un nouveau palier dans l’abject en confirmant sa nature réactionnaire et sa proximité avec les thèses de l’extrême droite intégriste.

Ce n’est, bien, sûr pas un hasard si la campagne de dénigrement de cette exposition, dont la qualité éducative est reconnue par l’immense majorité des parents et enseignants et parrainée par des pédagogues et des médecins de renom, est relayée activement par les sites intégristes anti-avortement.

La lecture des thèses du "philosophe" Philippe Némo développées dans la brochure "Politique Educative" éditée par SOS Education est en cela éloquente : « L’école n’est qu’une des nombreuses institutions porteuses et responsables de vérité, en parallèle avec les Eglises, les sociétés savantes, (...) les organismes culturels en général », de plus, si l’on suivait les vœux de l’idéologue de SOS éducation, il faudrait des écoles distinctes pour les enfants de ceux qui « ne lisent pas les même journaux, ne votent pas pour les mêmes partis, n’ont pas les mêmes soucis et projets professionnels, les mêmes genres et styles de vie, etc. » (p.2) et Fanny Capel, répond très justement à SOS éducation qui a tenté de la recruter : « Derrière cette théorie on voit se profiler le désir de laisser se développer des écoles où, comme c’est déjà hélas le cas aux Etats-Unis, on prétend prouver aux élèves la fausseté des théories darwiniennes sur l’évolution des espèces, au motif qu’elles contredisent la Bible ; ou encore, des écoles qui rayeraient de leur programme d’histoire l’épisode de la Shoah, considéré par les révisionnistes comme non établi » .

Le "programme scolaire" de "SOS Education" nous démontre que derrière l’apparence d’une association qui tente de recruter les nostalgiques de la blouse grise, de la plume sergent major et du b-a ba, sévit un réseau de militant(e)s et de cadres politiques qui grenouillent dans la mouvance de l’extrême droite intégriste.

Ainsi très justement Libération écrivait le 1er avril 2003 : « L’association est indépendante au plan légal, mais pas neutre au plan politique : elle se rattache à une nébuleuse parfaitement identifiée. On la retrouve sur le site Internet conscience-politique.org pour lequel elle a réalisé l’analyse d’un manuel d’histoire jugé trop complaisant sur les morts du communisme. Que trouve-t-on sur ce site ? Des références aux ultralibéraux tendance Reagan, aux mouvements anti-avortement et à la mouvance des évangélistes américains, le tout nimbé d’une proximité assumée avec l’extrême droite. Et des références appuyées à Claude Reichman, seule « personnalité politique » dont le site Internet est recommandé. Ce dernier n’est pas un inconnu, et c’est bien le mouvement qu’il tente de fédérer qui inspire directement SOS Education. Il se présente comme « ancien candidat à l’élection présidentielle de 2002 », à laquelle il n’a pas concouru, faute de signatures suffisantes. Reichman a néanmoins créé un « cabinet fantôme » à la mode anglaise. Avec un « ministre de l’Instruction publique et de la Civilisation » (l’universitaire Guy Millières). En matière d’éducation, le programme présente des parentés avec ceux du FN et surtout du MNR de Bruno Mégret...... Un autre site assure la promotion de Claude Reichman : les4 vérités.com, qui renvoie dans sa rubrique « Partenaires » aux sites de National hebdo et de Présent. Elle incite à ne pas manquer l’émission de Reichman sur Radio Courtoisie. les4vérités.com sont publiées par l’ancien journaliste Alain Dumait, qui a successivement travaillé, entre 1970 et 1979, à Valeurs actuelles, au Figaro, à France-Soir, à Antenne 2 et à l’Express avant de créer « Contribuables associés », association violemment anti-service public. L’adjoint d’Alain Dumait est François Laarman, impliqué dans des actions de lobbying pour la défense du libéralisme, des consommateurs et des contribuables. »

La famille Laarman est intimement liée à SOS éducation et Vincent Laarman en est un des portes parole. C’est lui qui, dernièrement, s’est chargé, avec son acolyte Aldric Boulangé, d’attaquer violemment, dans les médias, l’expo "Zizi Sexuel" de la Cité des Sciences de la Villette.

Aldric Boulangé entretient lui aussi des liens idéologiques particuliers avec l’extrême droite intégriste. Il a participé à l’écriture d’un livre collectif sous la Direction de Guillemaind Benjamin avec Bruno Saint Elier et Georges Jacoclev : "Libéralisme-socialisme : deux ennemis face à la doctrine sociale de l’église".

Les co-auteurs ont tous un parcours des plus significatifs :

  • Georges Jacovlev est qualifié, avec son accord par le site d’extrême droite "Libertepolitique" : d’écrivain communautaire et "troisième voie" !?,
  • Bruno Saint Elier a, entre autre, été l’interviewer d’Alain de Benoist du Club de l’horloge.
  • Guillemaind Benjamin, qui a supervisé l’écrit, fait l’apologie dans un entretien à "L’esprit européen" d’un modèle social et économique fondé sur le corporatisme et le régionalisme proche du Pétainisme.
  • Monseigneur Lagrange, ancien évêque de Gap, qui a préfacé l’ouvrage, est connu pour ses positions de conciliateur avec la mouvance intégriste et son soutien aux militants anti-avortement.

Enfin, le livre qu’ils ont écrit figure en bonne place dans le catalogue de la maison d’édition de Chiré, qui, dans ses intitulés, se déclare être « Pour une croisade du livre contre révolutionnaire » et possède entre autre, dans son catalogue, des ouvrages de Brasillach et du maréchal Pétain.

Tout ce petit monde se côtoie, affine sa pensée idéologique et crée des associations comme « SOS éducation » dans le but de faire pénétrer leurs points de vue réactionnaires dans la société civile et de faire pression et essayé de convaincre les décideurs politiques du bien fondé de leurs thèses.

Pour réaliser ces objectifs tous les moyens sont bons, même la manipulation ! Comme le prouve une photo volée lors d’un petit déjeuner au Club Concorde où apparaît Vincent Laarman au coté du Ministre Xavier Darcos, et diffusée par SOS éducation avec la légende « Vincent Laarman et Xavier Darcos ; La voix des parents enfin entendue par le Ministre ».

Dans ce contexte, le but de SOS Education n’est pas d’alimenter le débat pédagogique mais de promouvoir leur ordre moral : Travail, Famille, Patrie ... No zizi....

La crise économique et sociale, la pénurie de moyens liée aux politiques gouvernementales libérales, le mal être des enseignants et la souffrance des élèves en grande difficulté, tout cela concourt à une grande fragilité de l’institution scolaire. Depuis plusieurs années des confrontations idéologiques et pédagogiques entre professionnels de l’éducation se sont exprimées à travers des livres, des débats et même des pétitions, prenant des formes parfois très polémiques.

C’est pourquoi ISA appelle à la plus grande vigilance vis-à-vis des nombreuses tentatives d’infiltration de l’extrême droite qui cherche à instrumentaliser le malaise enseignant et les ressentiments, fondés ou non, vis-à-vis de l’éducation nationale, pour développer ses thèses et recruter des militants.