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FNPOS CGT : De l’imposture sociale au danger démocratique

lun 29/04/2019 - 20:29
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Le comité fédéral national du FNPOS CGT est une instance d’orientation annuelle entre 2 congrès (1 délégué par département + la commission exécutive fédérale). Donc plutôt des cadres syndicaux. Environ 180 personnes étaient présentes au débat proposé sur la lutte contre l'extrême-droite. Ce débat, organisé les 27 et 28 mars 2019 à Fréjus, n’était pas prévu initialement par le fédéral ; il a été ajouté sur demande de la commission exécutive fédérale.

Introduction Pascal Debay Confédération Cgt : la situation dans l’UE est marquée par la baisse des salaires sur les plus petits déciles de la population et une précarité accrue des emplois créés à la suite de la crise de 2018. C’est une explication clé de la montée de l’extrême droite en UE. Comme en Italie, où la Ligue (du Nord) est d’essence fasciste revendiquée. En Autriche (où le temps de travail a été augmenté à 60 h /semaine…), en Hongrie, en Slovaquie et la Pologne. En Allemagne, l’AFD a maintenant des élus dans tous les Landers et a 95 députés au Parlement. Les élections européennes pourraient voir émerger un 2 e groupe en taille d’extrême droite au Parlement à Strasbourg avec une minorité de blocage. À l’international, le Brésil et les USA ont aussi élu des majorités politiques d’extrême droite.

Il existe un collectif de« lutte contre l’extrême droite » depuis 5 ans lors notamment du passage d’un ancien responsable d’un syndicat des services publics de Moselle qui est devenu maire FN d’Hayange. Celui-ci et son syndicat ont été désaffiliés de la Cgt au titre du nom respect des principes fondamentaux du syndicalisme en France. Depuis 5 ans ce groupe produit des fiches thématiques, propose des formations mais ce n’est pas toujours facile. Dans la salle très peu ont suivi les modules de formation. C’est aussi la première fois qu’une fédération de la CGT organise ce type de débat dans le contexte d’un comité fédéral.

En 2017, le FN a fait 10,6 millions de voix au 2e tour (+3 millions de voix vs le 1er tour). Risque après les européennes d’avoir l’extrême droite comme deuxième groupe au parlement européen.

Cédric pour VISA : VISA est une organisation intersyndicale incluant des syndicats CGT, SUD, CFDT, solidaires, FSU, CNT-SO, syndicat de la magistrature… L’extrême droite est à un niveau historique avec porosité avec les partis de Droite. L’imposture sociale du FN est à déconstruire car elle avance masquée (notamment à la TV). Par exemple : Marine Le Pen s’est dit ouvertement contre l’augmentation du SMIC et pour le maintien de bas salaires par une prime pour eux de 3 % sur les produits importés.

La question est comment outiller les militants car l’extrême droite avance dans la perspective de la prise du pouvoir avec le masque du social. D’où la difficulté de déconstruire son discours. Il insiste sur la nécessité de la lutte antifasciste malgré les difficultés de la période et les dangers que représente l’extrême droite en particulier pour les syndicats.

Plus tard dans le débat il rappelle la difficulté à être dans la rue face à l’ED en particulier les groupuscules type bastion social et autre et insiste sur l’unité syndicale dans la lutte antifasciste.

Secrétaire de l’UD CGT du Var : Localement, comme dans le Var (lieu où avait lieu le CFN), l’extrême droite ne correspond plus à des portraits types, d’autant que le terrain culturel a été déserté. Au contraire l’ED dès qu’elle dirige une commune investi ce terrain en supprimant les subventions et les aides aux associations et en montant les siennes. Le travail syndical est clairement un travail de terrain ; car la réalité est qu’entre 10 et 15% des syndiqués Cgt votent aussi à l’extrême droite. Nous devons aussi surinvestir dans la formation. Une des causes de la progression de l’extrême droite dans le Var c’est la métropolisation et la désertification des campagnes.

SYNDICATS : le constat général fait par les syndicats est celui d’une décomplexion croissante des salariés et de certains syndiqués à l’égard des idées xénophobes. Les langues semblent se délier car marquées par une perte des « réflexes d’autoprotection » envers la perversion des idées et du langage dont est capable l’Extrême Droite pour inoculer ses idées et imposer ses représentations, son imaginaire inégalitaire et séparatiste. Les méthodes pour contrer ceci sont assez simples : discuter, argumenter, rester calme sans renvoyer d’agressivité. C’est long, interpersonnel, mais il n’y pas beaucoup d’autres solutions si ce n’est ce facteur humain.

Beaucoup insistent sur la déconstruction des arguments du RN, face à ces idées qui sont entrées dans les têtes. Cela se ressent par des réflexions lors de l’attribution de prestations (on est dans une fédération qui couvre la protection sociale NDLR), par le racisme décomplexé de certains salariés. Ces idées s’infiltrent aussi dans les syndicats, y compris la CGT. Comment réagir ? Il n’y a pas que le RN il y a aussi les groupuscules. Il faut intensifier la formation syndicale. Interrogations sur la place de l’ED chez les gilets jaunes et comment ne pas leur laisser la place. Proposition d’avoir dans la confédération un groupe pour traquer la fachosphère sur les réseaux sociaux et la dénoncer auprès des syndicats. Insister sur nos valeurs dans nos réunions syndicales quitte à perdre des cartes.

A noter plusieurs interventions (Angers, Bordeaux) pour se féliciter du matériel de VISA et, pour l’anecdote, le vibrant appel du secrétaire général du SPONSS à adhérer à Visa.

Enfin le syndicat de la CNAV de Tours (qui a adhéré à VISA au cours de ce comité) pose trois questions :

  • Le vote d’ED est-il un vote de protestation ou d’adhésion ?

  • Comment expliquer la pérennité du vote d’ED ?

  • Y a-t-il un danger fasciste compte tenu de la crise économique et de la quais crise politique ?

Conclusions : Pascal Debay – Confédération CGT -

Le vote d’ED est un vote d’adhésion. Ce qui veut dire qu’on ne les fera pas changer d’avis en 5 mn.

Oui il y a un danger fasciste. Depuis 2017, le MEDEF et le patronat ont fait sauter une digue en rencontrant Marine Le Pen. Il y a à craindre que les grands corps d’Etat soient prêts, désormais, à faire le pari de l’Extrême Droite, une fois que la cartouche Macron aura été grillée.

La CGT mène une campagne contre l’extrême droite. Le travail interne, le travail dans les boites doit être mené. Il y a complémentarité entre l’approche de la CGT, celle de VISA et de quelques autres. En gros on n’est pas en concurrence.

Il est important de rappeler les positions de la CGT et que l’ED défend le contraire.

 

VISA a pu tenir une table de presse pendant toute la durée des travaux du CFN ; nous tenons à en remercier les organisateurs.