Anne Méaux : Un parcours exemplaire ..

Anne Méaux : Un parcours exemplaire ..

Les lecteurs de VISA ne connaissent sans doute pas Anne Méaux .. Le magazine Challenges.fr, le 21 Janvier 2010, en a fait un portrait qui ne manquera pas d' interesser. Présentée comme la " vraie patronne des patrons ", la présidente du cabinet de conseil Image Sept a fourbi ses armes très jeune.  En mai 1968, lycéenne à Jules Ferry à Paris, elle dirige le comité antigrève. Dans la foulée, étudiante à la faculté d' Assas, elle y anime le G.U.D., officine d'extrême droite qui maniait mieux  la barre de fer que le stylo à bille .. C'est de cette époque musclée qu'elle se lie avec les Madelin, Longuet et autre Novelli. En 1976, sous Giscard, elle entre à la cellule "évaluation" au service de presse de l'Elysée ; en 1986, elle devient conseillère technique auprès de Madelin, alors Ministre de l'Industrie avant de créer sa propre société de conseil en 1988. Et des conseils, elle en a  à vendre. Tout le gotha du patronat y passe : François Pinault, Anne Lauvergeon, Louis Gallois, François Pérol, Lakshmi Mittal qu'elle conseille dans son OPA sur Arcellor, Daniel Bouton (Société Générale ) qui l'appelle à la rescousse au moment de l'affaire Kerviel. Dernière en date Laurence Parisot à qui elle prodigue son aide  pour sa réélection à la tête du MEDEF. Le patron Europe de Goldman Sachs, un connaisseur, dit à son propos : " Elle a énormément travaillé sur les politiques français. Elle est très efficace sur les opérations hostiles, (...) C'est une lutteuse, elle aime bien cela." Les politiques, elle ne les délaisse pas pour autant : très proche de Raffarin et Novelli, amie de l' éditorialiste de droite ultra-libérale Catherine Nay, elle a conseillé bénévolement Rachida Dati en 2008 . " Tranchante ": ainsi la qualifie Challenges en exergue de son portrait ..

Les naïfs diront que cette bonne fée du grand patronat s'est assagie en vieillissant en troquant la matraque pour les salons dorés des décideurs et de la droite au pouvoir. C'est plutôt la situation générale qui a beaucoup changé ... Nous sommes loin de ces années  où la grande bourgeoisie , effrayée de cette lame de fond que fut le mouvement de Mai-Juin 68, allait planquer ses " économies" dans les coffres forts suisses. Anne Méaux s'est adaptée et ses conseils éclairés au patronat et à la droite dure qui nous gouverne sont sans doute, pour le moment, plus efficaces que les diatribes de ses anciens amis fascistes. Si les méthodes et les moyens ont changé, elle poursuit pourtant bien son combat acharné contre les exploités de ce pays.

Au delà de ce cas personnel, c'est une marque de fabrique de la droite sarkozyste et du Patronat de choc qu'elle sert, d'utiliser les compétences de plus ou moins anciens militants et journalistes d'extrême droite reconvertis dans le libéralisme de combat : Devedjian et Novelli au gouvernement, Buisson, conseiller à l' Elysée, Anne Méaux conseillère de la présidente du MEDEF.. autant de signes de cette volonté d'en découdre avec le monde du travail. En contrepoint, le débauchage de personnalités venant " de la gauche " s'il correspond à des calculs politiciens évidents, sert aussi de rideau de fumée bien pratique pour masquer cette politique tranchante .
 

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