Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours
Jacques Leclerq :
« Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours »
(L’Harmattan, 2008, 695 pages, 59 euros)
C’est un travail de titan qu’a entrepris Jacques Leclerq : celui de lister, dans une encyclopédie assez complète, les différents groupes militants de l’extrême droite. Du parti électoral de masse, à l’instar du FN, jusqu’à la petite secte : l’éventail de partis politiques, mouvements, associations, groupuscules est énorme. L’auteur a commencé le travail d’observer, de scruter, de décrire ce champ depuis « l’orée des années 1970 » selon ses propres mots.
Un premier résultat de ce long travail de recherche et d’archivage, sous forme d’un livre qui aura finalement atteint presque 700 pages, a été publié par les éditions L’Harmattan en 2008. Le « Dictionnaire » qui en constitue le fruit couvre la période historique allant (grosso modo) de la fin de la Seconde guerre mondiale jusqu’aux élections de 2007. Ce choix se justifie – en dehors de considérations pratiques – par le fait que l’année 2007 correspond à un basculement pour l’extrême droite organisée en parti électoral. Pour la première fin depuis 1984, celle-ci aura connu un recul , le candidat Nicolas Sarkozy ayant réussi de s’adresser à une partie de son électorat. Un deuxième tome, à paraître début avril 2010, complétera utilement le colossal travail de Jacques Leclerq. L’auteur y traitera de la période suivant les élections de 2007.
Si le titre - en évoquant la « mouvance droitiste et nationale » - laisse d’abord interloqué, on comprend vite qu’il ne s’agit là que d’une locution pour dire « extrême droite ». Peut-être aurait-il mieux valu justifier, brièvement, le choix de la terminologie utilisée. Peu importe cependant. Jacques Leclercq a fait le choix de traiter de façon exhaustive, du plus petit groupuscule jusqu’aux partis électoraux (FN, MNR et autres), les différentes structures de cet espace politique. Bien qu’il annonce dans son introduction – en guise d’avertissement – qu’il les traitera tous « à pied d’égalité », il hiérarchise néanmoins (et heureusement) l’information de par l’espace qu’il consacre aux uns et autres. Si la liste des organisations, partis, sectes, groupuscules, associations et mouvements qu’il décrit est aussi énorme qu’exhaustive, certains d’entre eux sont traités en une ligne et demie voire moins ; tels que le « Friends of Le Pen center » états-unien ou le groupe « Garde au drapeau », alors que l’analyse du Front national occupe 99 pages. Cette hiérarchisation « de fait » de l’information est, bien entendu, salutaire.
La démarche fondamentale de l’auteur est d’approcher l’extrême droite par ses structures, en choisissant comme entrées de son dictionnaire uniquement des noms d’organisations. A l’intérieur des différents chapitres, surtout des plus longs (celui sur le FN, par ex), l’information est donnée de façon chronologique. Ainsi l‘histoire du Front national est traitée année après année. A chaque étape, l’analyse comporte des informations souvent inconnues du lecteur ou oubliées. Néanmoins, peut-être aurait-il été préférable de découper l’histoire de ce parti plutôt en époques (par exemple, selon notre propre approche : « 1984 à 1987 : le positionnement national-conservateur » ou « 1990 à 1997 : la direction du FN joue à l’opposition anti-système », ou encore « 1999 à 2002 : reconstruction après la scission mégrétiste ».)
Outre les noyaux organisationnels de l’extrême droite au sens strict du terme, l’auteur traite aussi de mouvances avoisinantes qui sont entrées en relation avec cette extrême droite. Nous prendrons l’exemple du MPF (« Mouvement pour la France ») de Philippe de Villiers, parti situé plutôt à la droite de la droite classique, mais qui a récupéré environ 3.000 militants du FN dans la période 2005/2006 ou encore celui de la mouvance négationniste, dont une partie des adeptes français venait historiquement plutôt d’une « ultragauche » entrée en dérive. L’auteur justifie l’intégration de l’étude de ces courants, qui nous semble également légitime, par le fait qu’ils serviraient de « passerelle » à l’extrême droite.
L’ouvrage de Jacques Leclerq, qui constitue le premier dictionnaire ayant vocation d’exhaustivité depuis l’encyclopédie « Les droites nationales et radicales en France » de 1992, est d’une utilité incontestable. Malgré une mise en page plutôt austère par l’éditeur, l’ouvrage servira comme repère, incontournable pour les spécialistes. Ce répertoire critique et commenté des organisations d’extrême droite bientôt complété par un second tome couvrant la période 2007 à 2010. n’a malheureusement rien perdu de son actualité.
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L’association VISA a publié une brochure intitulée
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