Il appartient aux syndicats de porter les luttes contre le fascisme et l'idéologie d'extrême droite

Qui sommes nous ?

VISA est une association intersyndicale composée d’une cinquantaine de structures syndicales : la FSU et plusieurs de ses syndicats, l’Union Syndicale Solidaires et plusieurs de ses syndicats, des fédérations et des syndicats de la CGT, de la CFDT, de la CNT, de l’UNEF et le syndicat de la Magistrature.

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En bref

Dans un tract appelant à manifester contre la venue de Marine Le Pen le 19 avril à Marseille, les deux syndicats dénoncent le volet judiciaire du programme de la cheffe du Front National. Un exemple à suivre pour d'autres branches où l'appel nécessaire à faire barrage au Front National ne sera que renforcé par une dénonciation concrète de ses projets pour les salarié-e-s et/ou usagers concerné-e-s.
À Charlottesville (Virginie), samedi 12 août, Heather Heyer, militante antiraciste, est morte, écrasée par un assassin néo-nazi, en manifestant contre le rassemblement “Unite The Right” organisé par l’extrême droite qui voulait honorer la mémoire d’un esclavagiste, le général Lee.  Ce meurtre d’aujourd’hui n’est pas isolé, c’est le dernier d’une longue liste d’agressions et crimes fascistes aux Etats-Unis, comme dans le reste du monde et notamment en Europe (France, Grèce, Espagne). Ce meurtre a suscité l’indignation quasi-générale, comme en France où même le FN, en quête de respectabilité, a été obligé de prendre ses distances avec le président Trump qui renvoie dos à dos néo-nazis et militant-es antiracistes, après en avoir fait un modèle.  Mais au-delà de ces condamnations morales de ce qui s’est passé « outre Atlantique » et qui serait « incompréhensible vu d’ici »,...
Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession, tient à apporter son total soutien à Julie Hainaut. Cette journaliste subit depuis le 12 septembre un torrent de menaces et d’injures immondes, suite à la publication d’un article critique sur un bar dans l’hebdomadaire lyonnais Le Petit Bulletin.   Sous le titre « Lyon : une pute à nègres féministe veut détruire un bar à rhum ''colonialiste'', mobilisation ! », un organe qui se qualifie lui-même de « site le plus raciste de la fachosphère » n’hésite pas à la traiter de « femelle négrophile » ou de « hyène terroriste » avant de s’en prendre à la « vaginocratie négrophile », de demander l’adresse de cette consœur - une menace lourde de sens - et d’appeler à inonder son mail et son compte twitter.   Admettre qu’une journaliste professionnelle, qui n’a fait que son...
  La CGT 34 et l'UL de Beziers, avec Solidaires et FSU 34 viennent de lancer, avec les organisations féministes locales, une pétition appelant le préfet à retirer les affiches violentes et sexistes placardées partout par Robert Menard. Il semble en effet très important de construire un rapport de force en partant des habitant.es et salarié.es de Beziers et de sa région.   La répression va être rude, surtout pour la camarade de Beziers, il est donc essentiel que cette pétition fasse un tabac.   Une mise à jour ser faite au fur et à mesure pour annoncer les soutiens d'organisations ou d’élu.es.   Merci de signer et de diffuser cette pétition en cliquant ici
"Contre le racisme et la xénophobie, antifasciste tant qu’il le faudra". C’est l’un des chants que scandent, ce mardi depuis 8h, les personnes rassemblées contre le groupuscule identitaire la Ligue du Midi, jugé ce matin pour avoir saccagé, le 30 juin dernier, les locaux de l’association Réseau Accueil Insertion Hérault, une association qui aide les mineurs isolés, pour le compte du Département.   Suite à l’appel d’une quinzaine d’associations - dont la Section de Montpellier de la Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty International, Esprit Libre 34, ou encore Sud Santé Sociaux / Solidaires - entre 70 et 80 personnes ont répondu présent à ce rassemblement, selon la Gendarmerie.   Pour Daniel Martin, directeur du Réseau accueil insertion Hérault (RAIH), il s'agit d'un "groupe identitaire, raciste bien évidemment, qui voulait s’attaquer au fait que notre association s’occupent de mineur isolés...

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Des outils pour lutter
contre l'extrême droite

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Les extrêmes droites en France
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Par Jean Paul Gautier
 

 

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Collection "à présent"
 

 

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et nationale de 1945 à nos jours "

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Auteur: Psarras Dimitris

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- Des vidéos

"Aujourd'hui comme hier, combattre l'extrême droite"

Le documentaire "Aujourd’hui comme hier,
combattre l’extrême droite - Histoire croisée
du syndicalisme et de l’extrême droite"
a été réalisé par l'IHS-CGT, dans le cadre
de la campagne CGT-Solidaires-FSU-Unef-FIDL-UNL
« Combattre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques »
initiée le 29 janvier 2014 à la Bourse du travail de Paris.
Ce documentaire de 11 minutes peut être utilisé dans
le cadre de formations, de débats, de réunions publiques
et permet de se réapproprier l'histoire de la lutte
antifasciste d'un point de vue syndical.

 

"LE FN aux affaires"

Une enquête menée dans deux villes du Var :
Fréjus et Cogolin, un an après les élections
municipales de 2014.

 

"Bassin miné"

un documentaire d’Edouard Mills-Affif,
qui suit la scène politique locale de Hénin-Beaumont
depuis plus de dix ans.

http://www.bassinmine.com/

Mains brunes sur la ville

Quand l’extrême droite est au pouvoir

MAINS BRUNES SUR LA VILLE – 90 min
Documentaire de Bernard Richard.

Pourquoi des citoyens accordent-ils leur confiance à l’extrême droite, et comment celle-ci se maintient-elle au pouvoir ?(doc tourné pendant la campagne des cantonales de 2011 à Orange et Bollène)

Pour organiser une projection : Tel : 06 25 52 76 74 - Mail : victor.fuvel@free.fr

Aube dorée, une affaire personnelle

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« Alliance européenne des mouvements nationaux » : Les durs de l’extrême droite européenne se connectent

Bruno Gollnisch, vice-président du Front national et responsable des relations internationales, a diffusé la nouvelle dans un communiqué de presse daté du 25 février 2010 : «Le mouvement des étudiants nationalistes flamands, le NSV, a organisé hier à Gand (Belgique) un grand colloque sur l’Europe, auquel ont participé Nick Griffin, député européen et président du British National Party, Frank Vanhecke, député européen, ancien président du Vlaams Belang, Andreas Mölzer, député européen du FPÖ, rédacteur en chef du journal « Zur Zeit » et éditeur, et Bruno Gollnisch, pour le Front National». Le numéro 3 du FN précise que les quatre députés européens d’extrême droite «ont fait une analyse commune des dangers et défis auxquels sont confrontées les nations d’Europe, et notamment les dangers que font peser sur leur identité et leur indépendance l’immigration massive, la mondialisation économique et financière, et une construction européenne dévoyée». La rencontre, conclut-il, aura permis de «mesurer leurs convergences de vues quant aux réponses à apporter à ces défis», et souligné par ailleurs «la nécessité d’une coopération accrue entre nationaux de tous les pays d’Europe».

Quelques amis très « recommandables »

Précisons que la NSV (Nationalistische Studentenvereniging - Association des Etudiants nationalistes), mouvement estudiantin belgo-flamand, est une association aux traditions assez ouvertement pro-nazie et souvent traitée de «néonazie». En novembre 2009, elle avait obtenu sa reconnaissance officielle par l’université de Gand, avec subsides et droit à un local, ce qui a provoqué de vives protestations. Dans sa revue « Branding » (marée), la NSV met en avant son caractère «flamand, socialiste, national» ; sa précédente publication portait le nom de « Signaal », à l’instar d’une revue pro-hitlérienne qui était publiée en Belgique sous l’Occupation. Cette association a souvent participé à des commémorations à la mémoire de collaborateurs de premier ordre, tels que Léon Dégrelle, et elle exige dans son manifeste «l'amnistie inconditionnelle pour tous ceux qui, après la seconde guerre mondiale, ont été condamnés sur la base de raisons politiques». Bref, le caractère politique de ce mouvement étudiant – reprenant presque mot pour mot  l’appellation de la NSJV, une organisation flamande de jeunesse pro-hitlérienne sous l’Occupation – ne laisse guère de doutes à l’observateur. Si elle dépasse encore le Vlaams Belang (le parti « Intérêt flamand ») dans son extrémisme, l’association reste néanmoins liée au parti raciste et séparatiste belgo-flamand. Concernant Frank Vanhecke, il est l’ancien président de ce parti, démissionnaire en novembre 2009 suite aux graves conflits internes qui secouent ce parti depuis plusieurs mois.

Quant à Andreas Mölzer, rédacteur en chef du journal autrichien « Zur Zeit » (En ce temps), il est député européen représentant la tendance dure - plus ou moins ouvertement nostalgique du nazisme - du FPOe («Parti de la liberté d’Autriche»). Alors qu’il s’occupait d’une association d’universitaires proches du FPÖ, dans les années qautre-vingt-dix, l’annuaire de celui-ci publiait des textes très ouvertement pro-nazis. Ainsi, en 1995, on y trouvait un article, intitulé « Nationalisme contre internationalisme – ennemis mortels pour toujours ? », d’un universitaire de Münster, Werner Pfeifenberger, qui détaillait une vision de l’Histoire fondée entièrement sur l’idée d’un complot juif mondial, de la destruction de l’Empire romain par « la secte chrétienne » (d’origine juive, comme il ne manque pas de souligner, et utopiste-égalitaire) en passant par les Révolution française et juive (œuvre des franc-maçons et juifs) jusqu’à la destruction du « modèle social » allemand d’Hitler et Goebbels. Si son auteur s’est suicidé, en mai 2000, à la veille de son procès, Andreas Mölzer, lui, joue toujours un rôle important dans l’extrême droite autrichienne,  et, depuis quelques années, européenne. On voit ainsi que Bruno Gollnisch compte des amis très « recommandables », à l’échelle de l’Europe.

Leur rencontre récente, à Gand, n’est pas du tout un événement isolé. Les intéressés, ainsi que quelques autres amis très «respectables» du même acabit, cherchent ensemble depuis quelques années à construire une alliance transnationale de l’extrême droite européenne. Le FN français, le FPÖ autrichien et le Vlaams Belang belge ont ainsi travaillé ensemble en 2007 dans le groupe parlementaire (éphémère) « Identité, tradition, souveraineté (ITS) » au Parlement européen. Celui-ci n’existe plus. En janvier 2008, le FPÖ, le Vlaams Belang et le FN français avaient tenté de lancer en commun un « parti patriotique européen », à créer « avant la fin de l’année (2008) », mais cette annonce n’avait pas été suivie d’effet.

A l’heure actuelle, une partie des forces politiques présentes à Gand – en l’occurrence le FN et le BNP britannique  – adhèrent et appartiennent à une nouvelle structure transnationale de l’extrême droite : l’ « Alliance européenne des mouvements nationaux ». Celle-ci comptait initialement cinq partis fascistes (dont deux francophones, le FN et son homologue belge) ; cependant, d’autres partis politiques l’ont rejointe plus récemment. Mais actuellement, ni le FPÖ ni le Vlaams Belang n’ont font partie.

Naissance de l’Alliance

Ce nouveau regroupement transnational de partis fascistes fut lancé le week-end des 24 et 25 octobre 2009 à Budapest, en marge du sixième congrès du parti hongrois « Jobbik ». (Quoiqu’un site du FN ait annoncé dès le 6 octobre dernier : « Bruno Gollnisch lance une alliance européenne des mouvements nationaux », en attribuant tout le mérite – à leurs yeux – de la fondation « à l’initiative du FN », il semble bien qu’en réalité les Hongrois aient aussi joué un rôle assez central.  Ses premières réunions eurent lieu le 10 novembre dernier à Paris, se concluant par une conférence de presse de Bruno Gollnisch, et le 12 novembre à Bruxelles en tant que capitale européenne.

L’« Alliance européenne des mouvements nationaux »  a la forme d’une association dont les statuts ont été déposés à Strasbourg, selon le droit local spécifique applicable en Alsace et Moselle. L’un de ses objectifs est de rentrer dans le cadre juridique prévu par l’Union européenne pour un « parti politique à dimension européenne », qui ouvre droit à des subventions et à des moyens techniques importants au Parlement européen. (Cela dit, pour le moment, l’ « Alliance » ne remplit pas les conditions qu’exige ce statut ; elle ne satisfait notamment pas à la condition d’avoir 25 députés européens ou d’avoir obtenu au moins 3 % des voix dans un moins sept pays différents de l’Union. Sauf à connaître une expansion ultérieure. L’« Alliance » ne se définit cependant pas comme un parti politique (européen), mais comme une  sorte de confédération de partis nationaux, précisant qu’une autre solution serait contraire à ses convictions idéologiques.

Zoltan Balczo, vice-président du mouvement hongrois fasciste et antisémite « Jobbik » (dont le nom signifie « Le meilleur », abréviation du nom en entier « Alliance des jeunes de droite - Mouvement pour une meilleure Hongrie »), présenta la nouvelle structure à la presse lors du congrès de fondation. Son objet était, selon lui, « de protéger l’Europe contre l’impérialisme religieux, politique, économique et financier », celui prêté aux Autres (et non pas aux bourgeoisies européennes) bien entendu. La nouvelle alliance a adopté, lors de la réunion de Budapest, une déclaration programmatique en neuf points. Elle rejette l’Europe supranationale, en tout cas dans sa forme actuelle, tout autant que « les puissantes obscures du mondialisme » (voir site).

« Jobbik » et le FN

Le parti hongrois « Jobbik », connu pour sa violence (verbale et, parfois, physique) et dont la « Garde hongroise » paramilitaire a été dissoute par les autorités hongroises, sans pour autant cesser d’exister, constitue l’une des principales forces de la nouvelle Alliance. C’est, entre autres, pour cette raison que le lieu du congrès de fondation a été situé à Budapest.

La date, elle non plus, n’a pas été laissée au hasard : elle tombe dans la période où la Hongrie commémore l’écrasement du soulèvement d’octobre 1956 par les chars soviétiques tout autant que la date de l’écroulement de l’ancien système en 1989. La date-clé étant, dans les deux cas, le 23 octobre. (Quant au soulèvement de 1956, si celui-ci avait plutôt le caractère d’une révolte ouvrière contre la domination soviétique et stalinienne, les fascistes hongrois – autant que les nationalistes bourgeois – ont toujours tenté d’en récupérer la mémoire au nom d’un nationalisme anti-russe.) L’extrême droite s’active depuis de longues années autour de ces dates de commémoration. Jean-Marie Le Pen en personne avait d’ailleurs assisté à un rassemblement de l’extrême droite hongroise, fin octobre 1996 à Budapest, pour le quarantième anniversaire. Il y retourna le 23 octobre 2003. Cependant, Le Pen avait alors été invité par le « Parti de la vie et de la vérité » (MIEP, d’extrême droite) de l’écrivain antisémite Istvan Csurka. Ce dernier parti se trouve aujourd’hui marginalisé politiquement, alors que le mouvement « Jobbik », issu d’une scission du MIEP en 2003/04, a pris sa place dans le paysage politique en se montrant plus dynamique et plus jeune.

« Jobbik », qui a réuni 14,77 % des voix hongroises lors des élections européennes de juin 2009, est l’un des partis fascistes, en Europe, qui ont le plus le vent en poupe. L’une des raisons à cela réside dans le fait que la social-démocratie en Hongrie, actuellement au gouvernement, porte un double héritage : celui du régime du « socialisme réel » d’avant 1989 (puisqu’elle est issue de l’ancien parti dominant de cette époque), puis celui du néolibéralisme appliqué à partir des années 1990, qu’elle a contribué à mettre en œuvre en tant que parti au gouvernement. En Hongrie, c’est actuellement la droite, tout autant la droite classique – très nationaliste – du FIDESZ que l’extrême droite, qui a réussi à récupérer la colère sociale et à poser sur la place publique « la question sociale ».

« Jobbik » se distingue d’autres partis d’extrême droite en Europe qui sont forts sur le plan électoral, par sa place dans le paysage politique international. Ce mouvement ne dissimule pas son antisémitisme (à la différence de nombreux partis « postfascistes ») ; il ne soutient pas les positions « occidentales » par ex. dans l’appui à l’Etat d’Israël, qu’il abhorre (à la différence de la droite populiste néerlandaise de Geert Wilders, très pro-Isräel en même temps que fanatiquement islamophobe, ou de la droite postfasciste italienne de Gianfranco Fini). Le FN est lui-même extrêmement divisé sur ces questions de positionnement international – des positions d’une vieille droite colonialiste, souvent pro-israélienne, y côtoient celle du « nationaliste-révolutionnaire » Christian Bouchet qui soutient le régime iranien, mais son statut de relativement « infréquentable » du point de vue (majoritaire) des bourgeoisies européennes rapproche les deux partis.

Cependant, dans le milieu du FN, il y avait encore de la dispute (au début) sur l’investissement du parti dans la nouvelle « Alliance européenne ». Une nouvelle structure satellite du FN, « Populisme et perspectives françaises » (PPF), structure qui se consacre essentiellement à l’élaboration d’un discours social et économique, alliant protectionnisme et démagogie sociale, et existe depuis février 2009, s’insurgeait contre l’adhésion à la nouvelle alliance transnationale. Sur son site et dans un communiqué de presse du 6 novembre 2009, « PPF » exigeait ainsi de dire « Non à un parti européen nationaliste ! » Et la structure, dirigée par Gilbert Péréa (qui soutient Marine Le Pen), ajoutait : « Populisme et Perspectives Françaises s’émeut et s’indigne, par la même, de la présence de Bruno Gollnisch à cette réunion fondatrice de Budapest, sachant que le même Bruno Gollnisch est candidat potentiel à la présidence du Front National. Quel mandat a-t-il reçu ? ». Sur le fond, elle objecta à la participation du FN à l’Alliance, principalement : « Un parti 'National européen’, mais pour quoi faire ? Pour produire 'européen’ et se 'protéger’ des méchants Chinois ou Indiens qui travaillent pour des salaires bien inférieurs aux nôtres ? La bonne blague ! Aujourd’hui, ce n’est pas 'Produisons européen’ qui doit être le slogan des nationalistes français, mais bel et bien 'Produisons français, en France, avec des Français’. L’objet central de la discussion devenant, dès lors, non pas l’Europe, fût-elle une 'confédération’ des Nations, mais bel et bien la récupération, par la France, de ses avoirs au niveau européen et la restauration de l’indépendance nationale. Certes, il faudra bien 'du sang et des larmes’, au vu de l’ampleur de la catastrophe actuelle ! Aujourd’hui, qui nous cause tant d’ennuis, si ce ne sont des pays au sein de la propre Union Européenne, tels que la Roumanie, la Bulgarie, la Pologne, la Hongrie… vers lesquels on délocalise des entreprises comme Continental. Qui nous cause tant d’ennuis si ce n’est une immigration venant de la propre Union Européenne, notamment, la Roumanie ? Les Roms à Marseille, n’est ce pas un problème majeur, 'européen’ ?(…) » - Objections qui, cependant, n’auront pas empêché Bruno Gollnisch à continuer d’activer au sein de la nouvelle « Alliance européenne », au nom du FN.

Les autres partis participants

Concernant les autres partis participant à l’ « Alliance européenne des mouvements nationaux », il y en a d’abord trois, mais ceux-ci sont de bien moindre importance, comparés aux « poids lourds » du FN et du « Jobbik » hongrois.
Ainsi le FN belge, homologue du parti français implanté en Wallonie, est loin de connaître les mêmes succès qu’a connu – entre 1983/84 et 2007 -  le « Front » français dont il avait adopté le nom. Ce parti, fondé en 1985, a connu plusieurs scissions et scandales importants (autour de propos négationnistes ou encore autour de procédés internes douteux). Avant les élections européennes de juin 2009, la justice belge a dû trancher entre deux fractions qui se disputaient le nom du parti. Ses résultats électoraux en Wallonie ont oscillé dans le passé entre 4 et 8 % ; aujourd’hui, le parti face à une crise importante.

En Italie, le parti « Movimento sociale - Fiamma tricolore » participe également à l’alliance européenne. Ce parti regroupe, depuis 1995 – l’année du congrès de Fiuggi consacrant le tournant des anciens néofascistes italiens vers le « postfascisme » - les nostalgiques du (néo)fascisme des années précédentes. Ses partisans refusent l’aggiornamento prône par Gianfranco Fini, à la tête de l’ancien parti néofasciste MSI puis (à partir de 1995 et du congrès de Fiuggi) de l’« Alleanza nazionale » qui lui a succédé. « Fiamma tricolore », qui a envoyé des représentants assister à plusieurs congrès du FN, représente – grosso modo – 1 % de l’électorat italien. (Ses candidats auront réalisé un score de 0,7 % aux élections européennes de 2004.) Cependant, la plupart du temps, le mouvement s’est présenté à des élections politiques soit avec la droite classique et « postfasciste » de Berlusconi / Fini comme en 2001 au plan national, soit dans une alliance avec d’autres groupes d’extrême droite comme en 2008.

Enfin, le parti suédois « Nationaldemokraterna » (Nationaux-démocrates) lui aussi membre de l’« Alliance européenne », constitue une formation plutôt groupusculaire. Les ND sont nés d’une scission d’un parti de droite populiste et raciste plus influent, celui des « Sverigedemokraterna » (Démocrates de Suède), ayant lui-même obtenu un peu moins de 3 % des voix lors des dernières législatives suédoises en 2006. Les ND, plus « radicaux » et extrémistes, ont alors dû se contenter de 0,1 % des voix exprimées. Aujourd’hui, on prédit au plus influent des deux partis - celui des SD - une entrée au Parlement suédois aux prochaines législatives, d’ici quelques mois. Cela suppose qu’il puisse franchir la barre des 4 % des suffrages exprimés. (Son chef âgé de 30 ans, Jimmi Akesson, a pu publier en octobre 2009 une tribune dans un quotidien suédois à fort tirage, « Aftonbladet », où il traitait les musulmans de « plus grande menace étrangère de la Suède » depuis 1945.) Les « Nationaux-Démocrates » restent quant à eux un parti taxé d’extrémisme et plutôt marginal.

Nouveaux membres

D’autres partis d’extrême droite, dont l’un a davantage d’envergure que les trois formations précitées, ont depuis rejoint la nouvelle « Alliance européenne ». Ils sont, pour l’heure, au nombre total de trois.

Le 12 novembre 2009, le « British National Party » (BNP) a intégré les structures du regroupement. Ce parti d’extrême droite britannique, fondé en 1982 et dirigé par Nick Griffin, a eu le vent en poupe au cours de ces derniers mois ; au moins dans une certaine mesure. Pour la première fois de son histoire, depuis les élections européennes de juin 2009, le BNP (ayant obtenu 6,3 % des voix au Royaume-Uni) est représenté dans un parlement au-delà du niveau local. Jusqu’ici, il était cantonné à certains conseils municipaux, en raison du bipartisme britannique et du scrutin majoritaire. Désormais il compte deux députés européens. Le BNP a par ailleurs réussi à surfer sur une certaine colère sociale, mais surtout sur les mouvements de travailleurs revendiquant que des emplois reviennent à des salariés britanniques, courant 2009. Enfin, le 22 octobre dernier, son chef Nick Griffin fut invité dans une émission de la BBC, ce qui déclencha une polémique ainsi que des protestations antifascistes – jusqu’à l’entrée de plusieurs centaines de manifestants dans le hall d’entrée de la station.

Par ailleurs, le parti ukrainien « Svoboda (Liberté) »-« Union pan-ukrainienne » a, de son côté, adhéré à la nouvelle « Alliance européenne ». Son président, Oleh Tyahnybok, et son vice-président Taras Osaulenko ont été reçus le 23 novembre 2009 au siège du FN à Nanterre par Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch. Comme d’autres partis d’extrême droite en Europe de l’Est, ses dirigeants semblent surtout voir en Jean-Marie Le Pen leur « modèle » politique. Dans la même région (au sens large), des nationalistes lituaniens siégeant au Parlement européen auraient déclaré de leur côté leur volonté de « faire partie de cette Alliance », selon Gollnisch. Leur éventuelle future adhésion n’a cependant pas encore été actée.

Enfin, une formation politique portugaise, le « Parti national rénovateur » (Partido nacional renovador) a rejoint l’Alliance européenne, fin 2009. Ce parti, fondé en 1985 au centre-gauche, mais ayant glissé à l’extrême droite à la fin des années 1990 suite à des infiltrations réussies, prône avant tout des programmes natalistes, le rejet de l’immigration et une politique sécuritaire. Ses résultats électoraux sont inférieurs à 1 % (par exemple 0,2 % aux élections législatives de 2005).

Absence de plusieurs grands partis d’extrême droite

En revanche, plusieurs partis d’extrême droite en Europe, électoralement forts et bien implantés dans leurs pays respectifs, restent actuellement en dehors de l’« Alliance européenne des mouvements nationaux ».

Cela n’est guère étonnant de la part de partis racistes plutôt pro-occidentaux en matière de politique internationale (notamment pro-Israël) et qui rejettent toute filiation avec le fascisme et le nazisme historiques. Ainsi le Néerlandais Geert Wilders, connu par ses discours anti-musulmans fanatiques mais qui est aussi vigoureusement pro-israélien, ne voudra pas se voir mêlé à un Jean-Marie Le Pen dont il trouverait les relents antisémites trop gênants, ni, a fortiori, au « Jobbik » dont les dirigeants ont publiquement comparé leur succès aux élections européennes de 2009 à un triomphe de « combattants palestiniens en lutte contre des hélicoptères israéliens » (selon les propos du chef de parti Gabor Vona)… Les sympathies du Hollandais vont d’ailleurs plutôt aux ultralibéraux qu’aux forces politiques sorties du fascisme historique, comme « Fiamma tricolore », ou ayant des liens avec ce passé comme une partie du FN ou du FPÖ autrichien, voire ouvertement antisémites. Pour des raisons similaires, le « Parti du peuple danois » (DFP), raciste anti-musulman et soutien parlementaire du gouvernement libéral-conservateur du Danemark depuis 2001, n’éprouvera guère des sympathies pour le nouvel axe FN / Jobbik.

Davantage proches (en tout cas pour une partie d’entre eux) de l’extrême droite fascisante au sens le plus classique, le FPÖ autrichien ou le Vlaams Belang n’ont également pas – ou pas encore – adhéré à la nouvelle « Alliance européenne ». Ces deux partis ainsi que le parti bulgare « Ataka » sont représentés au Parlement européen de Strasbourg où ils ont déjà coopéré dans le passé avec le FN, notamment dans le cadre du groupe parlementaire commun « ITS (Identité, tradition, souveraineté) », présidé par Bruno Gollnisch, pendant ses quelques mois d’existence au cours de l’année 2007… avant d’éclater suite à un conflit entre fascistes roumains et italiens. Aujourd’hui, les députés du FPÖ et du parti « Ataka » coopèrent avec ceux du FN dans le cadre d’une « Coordination parlementaire ».

Cela dit, le caractère quelque peu trop « sulfureux » du parti bulgare « Ataka » avait bien été mis en avant, fin 2006, par le « Vlaams Belang » et par la « Ligue du Nord » pour expliquer leurs hésitations à rallier la fraction parlementaire commune « ITS ». A l’instar d’ailleurs du parti hongrois « Jobbik », la formation bulgare « Ataka » met surtout en avant l’antisémitisme et le racisme anti-roms. L’agitation contre les immigrés joue un moindre rôle dans la mesure où l’immigration n’est pas très importante en Bulgarie. Au contraire, le « Vlaams Belang » (qui s’oriente aussi vers la droite populiste puissamment implantée chez son voisin néerlandais, avant tout anti-musulmane) et la « Ligue du Nord » retiennent davantage l’antisémitisme pour mettre avant tout au centre le rejet de l’immigration et de l’islam. Dans un article paru début décembre 2006 dans un quotidien autrichien, il était question de réticences de la part de ces deux partis à rallier le groupe « ITS ». Le « Vlaams Belang » le rejoindra finalement quelques semaines plus tard ; mais pas la « Ligue du Nord ».

Lors d’une conférence de presse tenue le 25 janvier 2008 à Vienne, pour annoncer la création d’un « Parti patriotique européen » ou « Parti de la liberté européen » avant la fin de l’année 2008, on trouvait ensemble les chefs des partis suivants : FN (Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch avaient fait le voyage), FPÖ, « Vlaams Belang » et « Ataka » bulgare. Le parti commun alors annoncé, n’a cependant jamais vu le jour.

Les 31 janvier et 1er février 2009, a eu lieu une nouvelle rencontre de plusieurs partis d’extrême droite à Vienne. Cette fois-ci, on trouve parmi les participants : le FPÖ, le FN, les danois du DFP (un parti d’extrême droite surtout anti-musulman mais « pro-occidental », au sens où il est nettement moins antisémite ou anti-américain que d’autres) et « Ataka » de Bulgarie. Néanmoins, ces différents partis iront en ordre dispersé aux élections européennes de juin 2009. Lors de la séance constituante du nouveau Parlement européen, le 14 juillet 2009, ces partis ne se retrouveront pas tous sur les mêmes bancs. Le DFP rejoindra ainsi un groupe parlementaire (sous le nom d’« Europe de la liberté et de la démocratie ») ayant 30 sièges à Strasbourg. Ce groupe comprend également la « Ligue du Nord »; les souverainistes – de droite, mais non fascistes - du « United Kingdom Independance Party » (UKIP) et du « Mouvement pour la France » (MPF), ainsi que des partis plus classiquement d’extrême droite comme le LAOS grec. Les « Vrais Finlandais » ayant percé pour la première fois en juin 2009 avec 10 % des voix aux Européennes (un parti de droite populiste, à fondement chrétien-fondamentaliste) y siégeront également. Tout comme le « Parti national slovaque » (SNS), très à droite et connu pour son racisme anti-roms et son rejet des homosexuels… mais participant également au gouvernement avec la social-démocratie (Smer), en Slovaquie, depuis 2006. – En revanche, ni le FN, ni le FPÖ, ni le Vlaams Belang n’arrivent à se « caser » dans un groupe constitué, à l’échelle du Parlement européen.

Cependant, le FPÖ et le parti bulgare « Ataka » participeront, ensemble avec le FN, à une « Coordination parlementaire » n’ayant pas le statut de groupe (et donc pas les moyens alloués aux groupes). Ce sont surtout ces deux formations politiques-là qui sont dans la ligne du mire du FN pour sa politique d’alliance actuelle en Europe. Ainsi, Bruno Gollnisch a-t-il encore déclaré, début février 2010 sur « Radio Courtoisie », sa volonté d’associer ou de rapprocher notamment ces deux partis à l’« Alliance européenne des mouvements nationaux ». En tout cas, précisait-il à cette occasion, ils ne devraient « pas (avoir) d’objection en ce qui concerne la déclaration politique » de l’Alliance. 

Perspectives

En tout cas, tant que cette structure ne regroupera – au-delà de l’axe FN / Jobbik  - que des partis groupusculaires et réputés ultra-radicaux, elle ne décollera pas au niveau transnational. Cependant, la participation commune du Vlaams Belang (quoiqu’il soit actuellement en proie à des conflits internes forts), du BNP, (d’une fraction) du FPÖ et du FN à la récente réunion à Gand est plutôt un mauvais signe dans ce sens.

VISA
 

En septembre 2015, VISA publiait le 1er tome de « Lumière sur mairies brunes ». Il recensait tous les faits et méfaits de la 1ère année de l’extrême droite aux pouvoirs dans les villes qu’elle occupe. Pendant les deux années suivantes, VISA a poursuivi ce travail de « mémoire ».

Pour mettre en pleine lumière les origines véritablement fascistes du Fn et de toute l’extrême droite, rien ne vaut un recensement exhaustif, méticuleux et daté.

Ce deuxième tome « lumière sur mairies brunes » couvre donc la période allant de juin 2015 à juin 2017. Il regorge d’informations sur les pratiques municipales plus ou moins radicales de l’extrême droite et illustre ainsi tous les reculs sociaux qu’elle provoque lorsqu'elle exerce le pouvoir.

« Lumière sur mairies brunes », c'est 236 pages et autant d'arguments contre l'extrême droite.

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Il faut veiller à ce que le combat contre l'extrême droite ne passe pas après les luttes syndicales au prétexte qu'elle a été battue aux présidentielles et qu'elle n'a obtenue «que» 9 députés.

Il faut continuer de lutter, sans relâche et avec la même force, contre les politiques libérales, notre adversaire qui fait aussi monter le FN, et contre le fascisme, notre ennemi historique.

 

Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes - 80/82 rue de Montreuil - 75011 PARIS

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