Il appartient aux syndicats de porter les luttes contre le fascisme et l'idéologie d'extrême droite

Qui sommes nous ?

VISA est une association intersyndicale composée d’une cinquantaine de structures syndicales : la FSU et plusieurs de ses syndicats, l’Union Syndicale Solidaires et plusieurs de ses syndicats, des fédérations et des syndicats de la CGT, de la CFDT, de la CNT, de l’UNEF et le syndicat de la Magistrature.

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En bref

Dans un tract appelant à manifester contre la venue de Marine Le Pen le 19 avril à Marseille, les deux syndicats dénoncent le volet judiciaire du programme de la cheffe du Front National. Un exemple à suivre pour d'autres branches où l'appel nécessaire à faire barrage au Front National ne sera que renforcé par une dénonciation concrète de ses projets pour les salarié-e-s et/ou usagers concerné-e-s.
À Charlottesville (Virginie), samedi 12 août, Heather Heyer, militante antiraciste, est morte, écrasée par un assassin néo-nazi, en manifestant contre le rassemblement “Unite The Right” organisé par l’extrême droite qui voulait honorer la mémoire d’un esclavagiste, le général Lee.  Ce meurtre d’aujourd’hui n’est pas isolé, c’est le dernier d’une longue liste d’agressions et crimes fascistes aux Etats-Unis, comme dans le reste du monde et notamment en Europe (France, Grèce, Espagne). Ce meurtre a suscité l’indignation quasi-générale, comme en France où même le FN, en quête de respectabilité, a été obligé de prendre ses distances avec le président Trump qui renvoie dos à dos néo-nazis et militant-es antiracistes, après en avoir fait un modèle.  Mais au-delà de ces condamnations morales de ce qui s’est passé « outre Atlantique » et qui serait « incompréhensible vu d’ici »,...
Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession, tient à apporter son total soutien à Julie Hainaut. Cette journaliste subit depuis le 12 septembre un torrent de menaces et d’injures immondes, suite à la publication d’un article critique sur un bar dans l’hebdomadaire lyonnais Le Petit Bulletin.   Sous le titre « Lyon : une pute à nègres féministe veut détruire un bar à rhum ''colonialiste'', mobilisation ! », un organe qui se qualifie lui-même de « site le plus raciste de la fachosphère » n’hésite pas à la traiter de « femelle négrophile » ou de « hyène terroriste » avant de s’en prendre à la « vaginocratie négrophile », de demander l’adresse de cette consœur - une menace lourde de sens - et d’appeler à inonder son mail et son compte twitter.   Admettre qu’une journaliste professionnelle, qui n’a fait que son...
  La CGT 34 et l'UL de Beziers, avec Solidaires et FSU 34 viennent de lancer, avec les organisations féministes locales, une pétition appelant le préfet à retirer les affiches violentes et sexistes placardées partout par Robert Menard. Il semble en effet très important de construire un rapport de force en partant des habitant.es et salarié.es de Beziers et de sa région.   La répression va être rude, surtout pour la camarade de Beziers, il est donc essentiel que cette pétition fasse un tabac.   Une mise à jour ser faite au fur et à mesure pour annoncer les soutiens d'organisations ou d’élu.es.   Merci de signer et de diffuser cette pétition en cliquant ici
"Contre le racisme et la xénophobie, antifasciste tant qu’il le faudra". C’est l’un des chants que scandent, ce mardi depuis 8h, les personnes rassemblées contre le groupuscule identitaire la Ligue du Midi, jugé ce matin pour avoir saccagé, le 30 juin dernier, les locaux de l’association Réseau Accueil Insertion Hérault, une association qui aide les mineurs isolés, pour le compte du Département.   Suite à l’appel d’une quinzaine d’associations - dont la Section de Montpellier de la Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty International, Esprit Libre 34, ou encore Sud Santé Sociaux / Solidaires - entre 70 et 80 personnes ont répondu présent à ce rassemblement, selon la Gendarmerie.   Pour Daniel Martin, directeur du Réseau accueil insertion Hérault (RAIH), il s'agit d'un "groupe identitaire, raciste bien évidemment, qui voulait s’attaquer au fait que notre association s’occupent de mineur isolés...
Appel unitaire "Fermons l'Arcadia, local fasciste à Strasbourg" Deuxième manifestation le 20 janvier 2018 L’Arcadia, local/bar du mouvement néo-fasciste "Bastion Social" qui a officiellement succédé au GUD, a été inauguré à Strasbourg le 9 décembre. Le même jour, une manifestation forte de 400 personnes avait alors défilé dans les rues de la capitale alsacienne pour refuser l’implantation de ce local. Nous soulignions alors qu’en prétendant lutter contre la misère sociale, les fascistes entendaient surtout disposer d’un QG pour la préparation d’agressions.    Et nous avions malheureusement raison : le soir même de l’inauguration, un jeune homme d’origine algérienne a été violemment agressé par un groupe de vingt personnes. Deux ont été arrêtées et jugées : l’une d’elle, Thomas Beauffet, une figure de premier plan du Bastion Social à Strasbourg, a été condamné à huit mois de prison ferme.  En...
  Communiqué de la fédération Solidaires étudiant-e-s, émanant de sa commission Antipatriarcat, au sujet du harcèlement ciblé dont sont victimes depuis 2 jours des militantEs féministes et antiracistes.   Depuis le matin du 8 janvier 2018, sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) la page "Memes royalistes" une page d’extrême droite a annoncé "faire des révélations sur l’UNEF", et a publié des captures d’écrans de tweets de militantEs (femmes racisées) de l’UNEF, en citant leurs noms prénoms et pseudo, incitant de ce fait a un harcèlement ciblé sur ces personnes. Depuis, plusieurs autres camarades de l’UNEF et de Solidaires étudiant-e-s ont également fait les frais de cette abjecte méthode militante d’intimidation.   Les propos cités étaient à chaque fois des tweets dénonçant des oppressions qu’elles subissaient et qui ont été qualifiés par des individus, en majorité d’extrême droite, et certains...
Vous pouvez signer la pétition en ligne par ici. Stopper l’extension d’une porcherie sur le site du camp de concentration de Septfonds Monsieur le Président de la République   Nous sollicitons votre intervention pour empêcher  qu’un « crime de lèse-mémoire » soit commis à l’encontre d’un haut-lieu historique du Tarn-et-Garonne : le site du camp de concentration de Septfonds (lieudit de Judes) risque d’être souillé par l’extension d’une porcherie familiale qui prévoit d’élever dorénavant 6 500 animaux par an.           Sur ce terrain, réquisitionné en mars 1939 pour être transformé en camp de concentration, ont été enfermées environ 30 000 personnes, dans des conditions infrahumaines et sans procès ; 90 % étaient des soldats de l’armée républicaine espagnole, d’autres des soldats de l’armée polonaise et d’autres encore des civils juifs. Un certain nombre des...
Communiqué commun CFDT, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires et UNSA   La conférence de presse qui a suivi la rencontre des chefs d’État français et turc a permis de mettre en lumière les manipulations de l’opinion publique par les détenteurs du pouvoir politique à Ankara afin de parvenir à l’instauration d’un régime autoritaire.   Les purges et les licenciements massifs de salariés et de fonctionnaires, les violations quotidiennes des droits fondamentaux de l’Homme continuent sans relâche en Turquie. L’état d’urgence, en vigueur depuis dix-sept mois dans tout le pays, était l’opportunité pour le président Erdogan de promulguer 30 décrets-lois en contradiction, tant sur la forme que sur le fond, avec la Constitution turque.   Dernier en date, un décret-loi du 24 décembre, a entraîné le limogeage de plus de 2 700 personnes. Toutes sont accusées soit d’appartenir, soit d’être liées à des organisations «...
NON A L’OUVERTURE D’UN LOCAL FASCISTE A CHAMBERY !   Le mouvement néo-nazi « Bastion Social », anciennement Edelweiss Pays de Savoie, inaugurera son local "l’Edelweiss", situé entre le 169 et le 187 Avenue de Lyon à Chambéry, le 3 février prochain.   Ne voulant plus se limiter à être un "club de ratonnade", les fascistes savoyards tentent de se reconvertir dans la "solidarité" entre "bon français" blancs.   Sous couvert de récupérer la lutte contre la misère sociale et le mal- logement, les fascistes entendent surtout disposer d’un lieu pour la préparation d’agressions. Devons-nous rappeler les violences d’extrême droite quasi quotidiennes dans le Vieux Lyon, l’attaque violente sur un concert militant le 20 octobre dernier à Chambéry (par les mêmes personnes qui ouvrent ce lieu), ou encore l’agression raciste LE SOIR MÊME de l’ouverture d’un local du «...
Exclusion des sans-papiers précaires du bénéfice des réductions tarifaires dans les transports : la justice condamne une mesure discriminatoire   Au début de l’année 2016, le Conseil régional d’Ile-de-France [1] puis, dans la foulée, le STIF (désormais "Ile de France Mobilités") [2], ont décidé de refuser toute réduction tarifaire sur les transports aux personnes étrangères bénéficiaires de l’aide médicale de l’État (AME).   Cette mesure, en vigueur depuis deux ans, a rendu encore plus précaires ces personnes déjà parmi les plus vulnérables en leur imposant davantage d’obstacles pour la reconnaissance de leurs droits : comment désormais se déplacer pour aller travailler, pour aller dormir dans les éventuels centres d’hébergement vers lesquels l’orientation est souvent décidée au jour le jour, pour accompagner leurs enfants à l’école, pour se rendre dans les centres de soins ou encore à la préfecture pour accomplir les...
L’extrême droite n’a pas sa place ni dans les cortèges syndicaux   Ni nulle part ailleurs !    L’exigence de justice sociale qui s’exprime partout en France, face à la multiplication des attaques du gouvernement aux ordres du patronat, appelle à la mobilisation massive des salariés, des agents de la fonction publique et des services publics, des retraités, des privés d’emploi et de la jeunesse.  C’est dans ce contexte que du « Front National » aux « Patriotes », en passant par différents mouvements favorables au « Frexit », des organisations identitaires, xénophobes et racistes se travestissent en pseudo-alliés et soutiens des travailleurs en lutte. Leurs ambitions politiques sont en totale opposition avec nos valeurs, notre aspiration de transformation sociale, nos combats syndicaux pour une société plus juste, plus solidaire, accueillante et fraternelle.  Toutes ces organisations ne font...

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Des outils pour lutter
contre l'extrême droite

- Des livres

Les extrêmes droites en France
- édition Syllepse -
Par Jean Paul Gautier
 

 

Dictionnaire de l'extrême droite
- édition Larousse -
Collection "à présent"
 

 

Jacques Leclerq :
" dictionnaire de la mouvance droitiste
et nationale de 1945 à nos jours "

Michel Briganti, André Déchot et Jean-Paul Gautier
" LA GALAXIE DIEUDONNÉ "
Pour en finir avec les impostures.

Pour commander
Editions Syllepse

AUBE DORÉE. LE LIVRE NOIR DU PARTI NAZI GREC
Auteur: Psarras Dimitris

Pour commander
Editions Syllepse

- Des vidéos

"Aujourd'hui comme hier, combattre l'extrême droite"

Le documentaire "Aujourd’hui comme hier,
combattre l’extrême droite - Histoire croisée
du syndicalisme et de l’extrême droite"
a été réalisé par l'IHS-CGT, dans le cadre
de la campagne CGT-Solidaires-FSU-Unef-FIDL-UNL
« Combattre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques »
initiée le 29 janvier 2014 à la Bourse du travail de Paris.
Ce documentaire de 11 minutes peut être utilisé dans
le cadre de formations, de débats, de réunions publiques
et permet de se réapproprier l'histoire de la lutte
antifasciste d'un point de vue syndical.

 

"LE FN aux affaires"

Une enquête menée dans deux villes du Var :
Fréjus et Cogolin, un an après les élections
municipales de 2014.

 

"Bassin miné"

un documentaire d’Edouard Mills-Affif,
qui suit la scène politique locale de Hénin-Beaumont
depuis plus de dix ans.

http://www.bassinmine.com/

Mains brunes sur la ville

Quand l’extrême droite est au pouvoir

MAINS BRUNES SUR LA VILLE – 90 min
Documentaire de Bernard Richard.

Pourquoi des citoyens accordent-ils leur confiance à l’extrême droite, et comment celle-ci se maintient-elle au pouvoir ?(doc tourné pendant la campagne des cantonales de 2011 à Orange et Bollène)

Pour organiser une projection : Tel : 06 25 52 76 74 - Mail : victor.fuvel@free.fr

Aube dorée, une affaire personnelle

Un doc sur le parti néonazi grec accessible gratuitement en ligne !
 

Le livre de Dīmī́trīs Psarrás 'Aube dorée: Le livre noir du parti nazi grec’ (éditions Syllepse), utile complément à ce documentaire peut être commandé (10 €) à VISA 80/82 rue de Montreuil - 75011 PARIS.

IMMERSION DANS LE FN : sur les pas de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont (partie II)

NORD - FLANDRE ET  PAS-DE-CALAIS

Le chercheur peut rencontrer sur son terrain des tensions ou des paradoxes dont l'expérience révèle qu'il a tout intérêt à les intégrer à sa recherche car ils lui permettront d'avancer et de résoudre certaines équations méthodologiques. C'est ce que nous déduisons de certaines données dont nous avons dû en effet tenir compte. Par exemple, le fait de ne pas s'afficher « FN » résultait d'une consigne plus forte, plus ancrée à Hénin-Beaumont. Et le caractère local de l'élection municipale n'intervient pas dans ce choix puisqu'en Nord-Flandre, à Lomme comme à Lille pour ne citer que ces deux communes, l'étiquette FN apparaissait clairement. Il fallait aussi, au porte-à-porte notamment, dans nos discussions avec les habitants d'Hénin-Beaumont, jauger avec diligence si notre interlocuteur était rétif au nom et à la personnalité de Marine Le Pen. Ce ne sont là que deux contraintes, mais il en existe d'autres, certaines même ressortent comme de véritables dilemmes, des paradoxes.

Le premier paradoxe est qu'en Nord-Flandre, bien que les militants, les adhérents, les sympathisants et les électeurs, soient moins nombreux que pour la seule ville d'Hénin-Beaumont, l'étau de la sélection est demeuré particulièrement serré, strict. Plus largement, le FN Nord-Flandre fait preuve de peu d'efforts à recruter, n'en fait pas la pierre angulaire de son système de fonctionnement, la condition de sa survie. En outre, le fait, notamment, que de nouveaux adhérents ne reçoivent pas leur revue mensuelle (de liaison), voire pire encore leur carte de membre (ou alors passé un délai de six mois au moins), a de quoi refroidir les plus vives ardeurs militantes. Les prises de contact entre dirigeants, habitués d'un côté, et sympathisants de l'autre, sont peu engageantes et jamais renouvelées. Ainsi, alors que l'élection présidentielle ne battait pas encore son plein, faire adhérer ou/et approcher des personnes qui auraient renvoyé des coupons réponses (moyen d'appâter les sympathisants dans la population), ne constituaient pas une priorité. On sentait même des cadres intermédiaires du parti qui se déresponsabilisaient complètement, volontairement.

La figure inversée de ce paradoxe, nous l'avons trouvée à Hénin-Beaumont, où en quelque sorte : plus on recrute, et plus on recrute. L'effet d'entraînement est, si ce n'est encouragé, du moins apprécié. Cependant, l'équipe et le leadership de S. Briois, ont le sens de la hiérarchisation : avant tout, il s'agit de faire campagne pour les élections municipales. Les carnets d'adhésion à souches ont été rangés provisoirement dans les tiroirs, et seront ressortis après le 17 mars 2008, date du lendemain du second tour de ce scrutin local.

Une preuve de ce paradoxe, son nœud gordien : nous avons pu joindre très facilement les responsables du FN (F. Baudrin, puis B. Descamps/Gorski nous a rappelé). Alors que nous avons dû attendre un « retour » plus d'un mois après que nous ayons sollicité Luc Pécharman, le responsable du secteur communication pour la fédération Nord-Flandre. Ensuite, seconde étape, second sas, nous avons très vite obtenu la confiance des responsables et militants, sympathisants et adhérents du parti à Hénin-Beaumont. A aucun moment on ne nous a demandé de présenter une carte de membre du FN. Nous aurions même pu donner une identité complètement fausse. Nous ne l'avons pas fait car nous pressentions confusément que ceci nous serait plus handicapant qu'utile.

D'ailleurs, au tout début, cela allait plus loin : nous sommes « nouveaux » dans la maison, seul un minuscule noyau de partisans s'enquiert de connaître notre patronyme ; l'orthographe de notre prénom s'avère parfois erronée (« Jamel » au lieu de « Djamel »). Et cependant : dès la première rencontre, il est conclu que nous allons recevoir en gage de confiance un « secteur » de la ville à alimenter en tracts ; ce secteur nous est nominativement attribué et un plan nous est remis moins de six jours après ce premier entretien ; nous assistons, dans la foulée, à une réunion du « bureau municipal », c'est-à-dire le « shadow cabinet », alors que cet organe n'est en principe réservé qu'aux co-listiers d' « Hénin-Beaumont pour vous » ; on nous informe précisément de toutes les activités à venir, des règles de fonctionnement de la « permanence », de l'identité des divers intervenants ; on nous présente la configuration des lieux dès le premier jour et sans qu'une personne extérieure à la garde rapprochée de Marine Le Pen ait pu en faire la visite ; on nous conte, avec force détails, les inimitiés, les conflits larvés entre personnalités locales du FN, et entre des personnalités du Pas-de-Calais et certains dirigeants nationaux ; on nous invite d'emblée à nous rendre au marché du mardi matin pour y ventiler le feuillet revendicatif hebdomadaire de la liste FN ; on nous mentionne les jours de venue de Marine Le Pen sur Hénin...Autrement dit, la confiance qui nous est accordée se base, nous semble-t-il, sur peu d'éléments objectifs vérifiés ; elle est quasi-immédiate, et elle nous ouvre largement les portes de la liste. A un tel point que nous avons suscité de la jalousie, de l'envie, quelques ressentiments, ceux de Joseph (candidat placé dans la première partie de la liste municipale du FN) qui espérait obtenir son propre bureau dans la « permanence ».
C'est pourtant en novice de la politique, que ce conseiller financier, adhérent depuis seulement le second semestre 2006 mais électeur depuis son premier vote en 1983 (pour les municipales), a émis quelques récriminations à S. Briois. Joseph a toujours habité Hénin-Beaumont, mais Steeve se voit dans l'obligation de le rappeler à l'ordre, de lui signifier que les co-listiers n'ont pas à manifester ouvertement leurs humeurs, ni à émettre des prétentions matérielles que la seule tête de liste peut à l'occasion délivrer à l'un ou l'autre de ces « primo partisans », et sans consultation ni recours possible. Bref, nous sommes très vite mis à contribution sur un poste informatique fixe, et dont seul le code d'accès nous restera inconnu.  (.../...). « Pourvu que ça dure », avons-nous écrit sur notre carnet de campagne, ce jour-là (le 3 janvier). « C'est proprement hallucinant ! », ajouterions-nous quelques lignes plus bas, dans nos notes de terrain et à la fin de notre après-midi dans le rôle de secrétaire de la tête de liste FN. Ici, dans cette campagne des municipales, et au cœur de cette équipe, nous nous trouvons en position de « participant » à part entière ; on nous octroie des prérogatives, nous recevons comme une délégation de responsabilité de S. Briois. Au moment de la présidentielle nous n'étions qu'un « observateur participant ». Puis, au cours des législatives, et jusqu'en octobre (terme de notre immersion en Nord-Flandre), on nous avait définitivement attribué le statut d'observateur « pleinement accepté ». On ne peut cependant confondre notre statut « par destination » obtenu dans le Pas-de-Calais à celui que nous avons éprouvé auparavant.

Ensuite, second paradoxe notable : à la différence du FN Flandre, qui faisait montre de beaucoup d'empressement à rencontrer les dirigeants du Vlaams Belang ou VB (ses députés notamment et l'exécutif du parti flamand), à voir dans certaines décisions (soutien à une Manifestation bruxelloise contre la prétendue Islamisation des sociétés européennes) des convergences idéologiques, et la recherche d'un possible compagnonnage (scellé, concernant les organisations de jeunesse des deux partis), le FN à Hénin-Beaumont ne donne pas dans le folklore identitaire. Et pourtant, il nous semble que sous l'influence de S. Briois et Marine Le Pen, il s'inspire davantage des méthodes et du travail sur l'image (davantage que du fond) de son voisin néerlandophone. Il accorde un soin particulier à se désenclaver du « ghetto » politique dans lequel il demeure assigné, à donner une image professionnelle de son action, et à se fixer des ambitions crédibles : le projet municipal est conséquent, il s'appuie sur le travail de commissions thématiques, il est mis à jour en fonction des préoccupations réelles de la population, enregistrées au porte-à-porte ou par consultation écrite, le discours et ce programme sont diffusés chaque semaine dans des documents électoraux agréables à lire et pédagogiques, qui renforcent l'image d'une liste qui fait de la « politique responsable », de la « politique autrement »...toutes choses, tous éléments que nous n'avons pas même aperçus en Nord-Flandre et pourtant nous y sommes restés plus d'une année.

En effet, ce sont sans doute les co-listiers et les membres actifs de la liste « Hénin-Beaumont pour vous » qui ont le mieux retenu les leçons et les enseignements de l'évolution du VB. Leur travail d'implantation locale, leur rationalisation des outils militants, leur occupation journalière du terrain (notamment grâce à un système de rotation assez efficace), l'euphémisation de leur présentation et de leurs principaux discours, supportent assez bien la comparaison avec le VB Anversois.

PANTOMIME ET CORDE RAIDE

D'ailleurs, dans la composition de notre « personnage », nous avons tenté de ne jamais oublier qu'une possibilité pour nous, presque une nécessité, était de nous présenter aussi comme un « des nouveaux visages du front », un FN « light », version elliptique de la « droite dure » (recrutant davantage de femmes... et un jeune homme d'origine maghrébine, l'auteur de cet texte), adouci en apparence, mais efficace, compétent et combatif. En Nord-Flandre, nous n'avions pas à nous prêter à ces circonvolutions et à fournir autant d'efforts pour entrer dans une norme. Nous estimons également qu'il existe une limite, une ligne de séparation, y compris entre deux groupes d'affiliés du même parti « extrême ». Nous ne sommes pas certains que nous aurions conservé la même neutralité, la même disponibilité, et la même attention au FN d'Hénin-Beaumont s'il avait imité le style et surtout la matrice idéologique que son alter-ego de Nord-Flandre a décidé de revêtir une fois l'échec des législatives consommé. La dérive identitaire, fière à l'excès de ses racines européenne, chrétienne, blanche, basée sur la suppression de tout droit du sol, très islamophobe, tablant sur un choix de civilisation, écartant ce qu'ils appellent des « races »... nous indisposait au-delà du supportable depuis septembre 2007.

C'est pourquoi, le rôle que nous nous sommes taillés sur mesure pour Hénin-Beaumont, reposait sur des attitudes et non une doctrine. Un exemple : sur le marché, nous étions personnellement les seuls à ne pas saluer les jeunes socialistes qui faisaient campagne à la fois pour le maire en place et Marie-Noëlle Lienemann. Notre attitude, feinte d'ignorance et de mépris, ne comportait aucun autre message. Nous nous étions assignés comme ligne de conduite d'être « un membre central du groupe sans pour autant en partager les buts ». La façon la plus adaptée, selon nous, de suivre cette ligne méthodologique, était en effet de nous placer dans le registre de la « pantomime » plutôt que dans celui des idées. De la même manière, dans la même logique, nous étions prompts à faire du zèle par rapport à nos nouveaux coreligionnaires, lorsqu'il s'agissait de saluer les membres de l'Alliance Républicaine (AR). Ils avaient annoncé vouloir se maintenir au second tour contre le maire en place, y compris en présence du Front national, avaient même rencontré S. Briois et B. Bilde dans l'enceinte de la « permanence » frontiste et ce dans le plus grand des secrets (puisque les autres personnes intervenant habituellement au QG de campagne ont dû plier bagage et quitter l'endroit prestement avant l'arrivée des élus de l'AR). Nous soignions donc nos rapports avec eux, en nous montrant particulièrement avenants et prévenants. L'UMP elle, étant moquée, sur la base du même mécanisme psychique nous donnions l'image de quelqu'un qui prend plaisir à moquer plus que de raison des adversaires politiques et leurs documents électoraux. Nous amplifions, comme une caisse de résonnance, les aspirations et les sentiments du groupe, nous essayions de figurer une exaltation du néo-frontiste, sans pour autant nous servir d'un discours ou d'une phraséologie « frontiste ».

A ce sujet d'ailleurs, et sur nos deux terrains : « Français d'origine algérienne », « enseignant en droit », « professeur du Secondaire », « en couple » ou « célibataire », au cours de son enquête, le chercheur se construit un rôle, ou consent, consciemment ou inconsciemment, à endosser le rôle que les enquêtés lui ont attribué. Cependant, marcher sur la « corde raide » c'est comme évoluer sur le fil du rasoir : nous avons joué de ces ambiguïtés, de ces mensonges par omissions, de ces non-dits, pour nous intégrer au mieux, en faisant plaisir au groupe. Car, pour nous résumer, c'est finalement le clivage « en être ou ne pas en être » qui se pose ici. Et on est d'autant plus tenté de marcher sur la corde raide, à la limite de franchir la « ligne jaune », qu'à Hénin-Beaumont les journées sont particulièrement longues, les activités répétitives, déjà connues par le chercheur, et par conséquent frappées d'une forme d'alanguissement à certains moments. C'est une « mine » supplémentaire déterrée sur ce type de « terrain ».

LE PORTE A PORTE : UNE IMPLICATION TOTALE

Nous avons basculé du statut de « chercheur » au statut de « militant », avec un relatif profit pour nos observations. Il faut dire que nous connaissons le discours privé et le discours public autorisé de cette formation politique, son programme, les « codes frontistes » (DPS, BBR...), les empreintes visuelles, les mots marqueurs... et ce, mieux que la plupart des « frontistes » eux-mêmes, d'autant plus quand ils appartenaient à la population des néo-partisans du FN. Ces derniers énoncent le plus souvent des contre-sens historiques sur leur organisation, faute d'enseignements ou de curiosité, et par l'absence d'un effort de formation suffisant de la part du Centre décisionnaire domicilié à Saint-Cloud.

Toutefois, le bon déroulement d'un porte-à-porte n'est jamais garanti, même en l'absence de réactions négatives voire très hostiles à la liste « Briois-Le Pen » et/ou au Front national. En effet, il fallait souvent désamorcer le fait que Marine Le Pen soit une des co-listières (la numéro deux) de S. Briois. Parfois, nous omettions volontairement de le mentionner, pour provoquer éventuellement une réaction d'un habitant d'Hénin-Beaumont (une dame à qui nous faisions remarquer « le sérieux d'une mesure préconisée par Steeve Briois », elle s'empressait d'ajouter « et Marine Le Pen ! », en se figeant dans une expression dégoûtée). Ou alors, au contraire, nous jouions de cette présence du nom « Le Pen » sur la liste des municipales de S. Briois. Il fallait saisir, avec célérité, les quelques indices laissés par notre interlocuteur, et sentir son attrait pour la fille cadette du leader du FN. L'électeur ou sympathisant du FN qui se manifestait n'était alors pas déçu de savoir que Marine Le Pen serait bien numéro deux sur « la liste de Steeve », et qu'une fois élue, elle serait certainement en charge du secteur de la sécurité.

Cette présence de Marine Le Pen, députée européen, fait de l'élection municipale à Hénin-Beaumont autant un phénomène d'actualité qu'un phénomène médiatique. L'élection municipale, rappelons-le, est l'élection la plus proche des gens, de leurs préoccupations notamment, une élection des plus passionnelles avec la présidentielle, et un suffrage particulièrement personnalisé. Le Maire en place est connu de tous, ses prérogatives et ses pouvoirs sont identifiables. En résumé : les citoyens d'Hénin-Beaumont savent globalement à quoi servent le maire et la municipalité, d'autant plus s'ils les détestent viscéralement et aspirent à des changements, voire au « Changement » (ce que proposait textuellement la liste du FN).

Le porte-à-porte est une des pratiques les plus emblématiques de notre « déphasage », seul permettant une bonne intégration de la recrue. Nous définissons le « déphasage » comme l'opération et l'expérience consistant pour le chercheur à abandonner son statut officiel pour en adopter un autre. Nous irons même plus loin : en progressant à rebours de ses convictions, le chercheur abandonne un statut flou (pour le « frontiste ») et officieux « d'enseignant », pour adopter un statut officiel de « militant en campagne pour le FN ».

Pour préciser davantage la signification du terme « déphasage », notre impression a été que nous avons subi une sorte d'étourdissement dû à une implication totale. Nous sommes passés de « rien », aucun contact (avant de nous rendre à la « permanence ») à « tout » dès lors que nous avons été accueillis au 1 rue Jean-Jacques Rousseau. Nous sélectionnions très peu, voire pas du tout, la variété des activités et leur volume auxquelles nous prenions part. A la fatigue physique pouvait se jumeler une fatigue morale d'être si loin des siens, de ses valeurs, de ses centres d'intérêt. (... /...).

LA LIMITE DU JEU

A Hénin-Beaumont, plus encore que dans le Nord, nous avons attaché de l'importance à l'ordinaire, à chaque cérémonial du quotidien, à chaque cérémonie hebdomadaire. Toutefois, pour nous, le moment de notre retrait de l'équipe de campagne d'Hénin-Beaumont (le 20 février 2008) coïncide avec la montée d'un sentiment de malaise presque aussi intense que celui qui s'est emparé de nous, tardivement, à la fin du mois de septembre 2007 en Nord-Flandre (quand les dirigeants que nous avions l'habitude de côtoyer, avec qui nos rapports étaient des plus cordiaux, ont fait prendre au FN de la métropole lilloise et même au-delà, son tournant identitaire et groupusculaire). C'est un moment capital dans nos enquêtes : la progression sur ces terrains a requis des ajustements pratiquement constants, qui dépassent le simple cadre méthodologique pour se transporter du côté des émotions légitimement ressenties par un chercheur dont les croyances sont rudoyées. Toutefois, la banalité des acteurs aurait pu tout autant nous méduser si nous n'en avions pas été avertis : « Ainsi, les militants et adeptes des organisations les plus décriées sont-ils relativement banals une fois débarrassés de leur rhétorique et resitués dans leur parcours et leur expérience de la vie » (Daniel Bizeul - Avec ceux du F.N.Un sociologue au front national, Paris , La Découverte , 2003, p.74.)

Que peut éventuellement apprendre la méthodologie en sciences sociales, et en particulier en Science politique, d'un ajustement du statut du chercheur au terrain et au temps d'enquête qui sont les siens ? (.../...) Plus précisément : quels sont les apports essentiels de l'immersion totale en « milieu frontiste » ?

L'une des façons d'enquêter a d'ailleurs consisté à s'infiltrer dans le parti politique afin de voir ce qui s'y passe. L'enquête peut être à visage découvert ou incognito. On peut citer à cet égard Anne Tristan, qui s'est fait passer pour une secrétaire au chômage dans un quartier nord de Marseille, dans une démarche proche de celle de Günther Wallraff et d'Albert Londres. Une journaliste québécoise, Denyse Beaulieu, a été acceptée dans l'entourage de J.-M. Le Pen à l'occasion d'une campagne électorale (Globe, octobre 1987). Toutes ces enquêtes ont été menées il y a plus de 20 ans (.../...).
L'enjeu réside dans la capacité et l'habileté du chercheur à jongler entre impératifs méthodologiques et réalités de son terrain.
Ainsi, à Hénin-Beaumont, le 8 janvier 2008, nous profitions d'un tournant relativement tardif dans notre enquête, avec la première venue de Marine Le Pen sur le marché du mardi. Ce dernier a été entrepris par l'équipe « Briois » vers 11 h, à un moment où l'on rencontre peu de badauds, des commerçants qui remballaient déjà leurs marchandises. A notre pause dans un café de la ville, nous nous sommes assis à la gauche de Marine Le Pen, quand Bruno Bilde pensa nous procurer un plaisir réciproque en nous présentant avec ostentation à sa candidate comme : « un militant de Lille, qui vient tous les jours en train pour faire campagne ». B. Bilde comme Marine Le Pen nous ont évidemment félicité. Faussement modeste, jouant le bon militant serviable voire « servile », nous avons néanmoins coupé court à la discussion par un « il n'y a rien d'extraordinaire ». Mais, nos interlocuteurs tenaient bon dans la flatterie par un « si, si, quand même ! », repris en chœur par la fille de Jean-Marie Le Pen et Bruno Bilde, sous le regard attendri de Steeve Briois qui nous faisait face. Ne sachant quelle attitude adopter devant tant d'éloges, nous échangeons un regard de complicité artéfactuelle avec Bruno, comme si celui-ci désirait nous indiquer : « tu vois je t'ai honoré, distingué devant la chef ». Le 10 janvier 2008, Bruno se projettera un cran plus loin encore en faisant remarquer, nous reprenons ses propos : « mine de rien, avec Christopher et Djamel, nous sommes en train de constituer notre cabinet à la Mairie ». Nous en avons tressaillis une nouvelle fois, tellement cette proposition nous semblait incongrue et précipitée.

Ainsi, une recherche ethnographique comme celle que nous avons poursuivie au-delà de ses marges habituelles, amène à rentrer en contact, avec d'éventuels ou de potentiels enquêtés, mais aussi avec des codes culturels que l'on n'a pas toujours intériorisés. Le chercheur révèle alors des aspects qui n'auraient pu l'être autrement, en particulier en s'intéressant au niveau micro. Il admet ne pas rendre compte de tout, mais d'un certain point de vue, et reconnaît que sa recherche ne doit pas avoir la prétention d'être exhaustive. C'est ainsi seulement qu'il est possible d'offrir, certes à grands traits, une vue d'ensemble d'une portion définie du monde social, qui puisse être mémorisée et communiquée (.../...).

Djamel  Mermat

 

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Lors de l'AG annuelle de VISA du 9 décembre dernier, nous avons décidé de baisser les tarifs de vente du tome 2 à 5€ l'unité et jusqu'à 2€ pour les commandes supérieures à 500 exemplaires (voir tableau ci-après).

« Lumière sur mairies brunes » tome 2, c'est 236 pages et autant d'arguments contre l'extrême droite. Ce deuxième tome « lumière sur mairies brunes » couvre la période allant de juin 2015 à juin 2017. Il regorge d’informations sur les pratiques municipales plus ou moins radicales de l’extrême droite et illustre ainsi tous les reculs sociaux qu’elle provoque lorsqu'elle exerce le pouvoir.

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Il faut veiller à ce que le combat contre l'extrême droite ne passe pas après les luttes syndicales au prétexte qu'elle a été battue aux présidentielles et qu'elle n'a obtenue «que» 9 députés.

Il faut continuer de lutter, sans relâche et avec la même force, contre les politiques libérales, notre adversaire qui fait aussi monter le FN, et contre le fascisme, notre ennemi historique.

 

Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes - 80/82 rue de Montreuil - 75011 PARIS

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(à compléter!)

 

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