Il appartient aux syndicats de porter les luttes contre le fascisme et l'idéologie d'extrême droite

Qui sommes nous ?

VISA est une association intersyndicale composée d’une cinquantaine de structures syndicales : la FSU et plusieurs de ses syndicats, l’Union Syndicale Solidaires et plusieurs de ses syndicats, des fédérations et des syndicats de la CGT, de la CFDT, de la CNT, de l’UNEF et le syndicat de la Magistrature.

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En bref

... Vous avez encore des doutes ? Alors venez nombreux à Correns (83) le 31 janvier 2017 à 18h30 salle "la fraternelle" pour une soirée débat autour du film "La face cachée du nouveau Front National" et … vous ne serez pas déçus !    - Toujours la haine, toujours le mépris de la souffrance, toujours le refus de la fraternité, de la solidarité et de l’égalité entre tous les êtres humains.    - Refus de l’autre : Manifestation contre l’accueil des migrants dans les centres d’accueil (CAO) de Pierrefeu et de Tourves, Charte "Ma commune sans migrants".    - Mise à l’index des musulmans, des Roms, des étrangers fuyant les guerres, en leur reprochant d’abandonner leurs femmes et leurs enfants sous les bombes (1).    - Toujours le même programme : "la France aux Français".    Dans le Var, les mairies tenues par le FN, à Fréjus, Cogolin, Le Luc, agissent dans le...
La Mairie de Bollène (ligue du Sud) envisage, pour des projets immobiliers, de vendre le stade de Bollène-Ecluse, dit des Tamaris, qui est pourtant le dernier équipement public significatif d'un quartier populaire, excentré.    Le stade est une ressource importante pour l’école publique des Tamaris : les enseignants l'utilisent fréquemment pour les activités sportives des élèves, l’éducation physique et sportive étant un aspect indispensable des apprentissages et du développement des élèves, inscrit dans tous les programmes scolaires. La cour de l’école, du fait de sa taille et de son état général, ne pourrait s'y substituer et assurer des conditions de sécurité correctes.    Le stade des Tamaris est la seule structure sportive à proximité de l’école, avec un accès direct, qui permet aux enseignants et aux élèves de s'y rendre facilement, sans coût pour l’école, sans avoir besoin de solliciter des parents-...
"Syndicats aux ordres" ou "faites ce que je dis, pas ce que je fais" le drôle de point de vue des élus régionaux sur le syndicalisme. Suivre une plénière du Conseil régional, c'est long, plutôt rébarbatif, mais parfois instructif. Celle des 13 et 14 décembre 2016 nous a, en tous cas, éclairées-s sur la conception qu'ont certaines-s élues-s du mouvement social et des syndicats...   Le FN voudrait-il des syndicats à sa botte ? Depuis plusieurs années, la Région alloue des subventions à certaines confédérations syndicales. Comme toutes les subventions, ces dossiers sont instruits et contrôlés par des techniciens régionaux. Insuffisant pour le FN, qui souhaitait amender la délibération en ajoutant la phrase suivante : "le syndicat s'engage à respecter une totale neutralité politique et renonce à toute prise de position politico-électorale envers tous les partis politiques et leurs candidats. Si cette obligation n'est pas scrupuleusement...
La Maison des Potes vous invite à participer le 21 mars 2017 de 14h à 22 h, au colloque "Unis pour l'Egalité, contre le FN" à la Bourse du travail de Paris, 3 rue du Château d'Eau 75010 Paris (Metro République).    Le 21 mars, journée internationale de lutte contre le racisme, nous voulons débattre avec des syndicats de travailleurs, les associations de défense des droits de l'homme et de lutte contre le racisme, avec les militants et responsables politiques fidèlement mobilisés contre la préférence nationale et le racisme.   A chaque étape du "Grand Paris de l’Égalité" du 21 février au 21 mars, les marcheurs des Maisons des Potes vont à la rencontre des associations, des élus progressistes pour partager des revendications communes pour l'égalité, contre le racisme et les discriminations. Avec nos tracts et nos affiches "Unis pour l’Égalité" nous faisons campagne pour le droit de vote des étrangers, l'...
Même si vous savez très bien pourquoi le Front national est d’extrême droite, VISA vous signale la conférence que la CGT organise, à son siège, le mardi 14 mars : "Pourquoi le Front national est-il d’extrême droite ?". Une petite et salutaire mise au point face à l’entreprise de dédiabolisation du FN qui est à l’œuvre.
Le FN a fait connaître son intention d’organiser une réunion publique en présence de Marion Maréchal Le Pen à Bayonne le mardi 11 avril prochain. (…) Aujourd’hui le FN représente une réelle menace pour la société. Le projet de société proposé par Marine Le Pen et son parti porte en lui un retour en arrière considérable. Malgré ses tentatives de toilettage afin de devenir un parti présentable qui prétend défendre les intérêts des « petits » contre les « grands », son idéologie n’a pas changé : intolérance, exclusion, rejet des libertés publiques… Les villes gérées par le FN en sont la preuve. Le FN n’est pas un parti « anti-système » comme il le prétend, au contraire le projet qu’il porte ne remet aucunement en cause le libéralisme qui concentre les richesses dans les mains d’une minorité et produit des effets dévastateurs sur le plan écologique, social et économique mettant en jeu le droit des...
La CGT-PJJ (protection judiciaire de la jeunesse) des Bouches-du-Rhône a tenu son congrès fin 2016.Nous reproduisons ici une motion unanime contre l'extrême droite et un tract dénonçant le racisme dans les services!
Le SNUI-PP FSU a produit en ce mois d'avril un nouveau tract en 4 pages, pour expliquer pourquoi le FN est le pire ennemi de l'école publique !
Le collectif droits des femmes contre les extrêmes droites, dont VISA est membre, a sorti un tract à diffuser sans modération pour expliquer aux femmes que le FN est toujours leur ennemi !

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Des outils pour lutter
contre l'extrême droite

- Des livres

Les extrêmes droites en France
- édition Syllepse -
Par Jean Paul Gautier
 

 

Dictionnaire de l'extrême droite
- édition Larousse -
Collection "à présent"
 

 

Jacques Leclerq :
" dictionnaire de la mouvance droitiste
et nationale de 1945 à nos jours "

Michel Briganti, André Déchot et Jean-Paul Gautier
" LA GALAXIE DIEUDONNÉ "
Pour en finir avec les impostures.

Pour commander
Editions Syllepse

AUBE DORÉE. LE LIVRE NOIR DU PARTI NAZI GREC
Auteur: Psarras Dimitris

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Editions Syllepse

- Des vidéos

"Aujourd'hui comme hier, combattre l'extrême droite"

Le documentaire "Aujourd’hui comme hier,
combattre l’extrême droite - Histoire croisée
du syndicalisme et de l’extrême droite"
a été réalisé par l'IHS-CGT, dans le cadre
de la campagne CGT-Solidaires-FSU-Unef-FIDL-UNL
« Combattre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques »
initiée le 29 janvier 2014 à la Bourse du travail de Paris.
Ce documentaire de 11 minutes peut être utilisé dans
le cadre de formations, de débats, de réunions publiques
et permet de se réapproprier l'histoire de la lutte
antifasciste d'un point de vue syndical.

 

"LE FN aux affaires"

Une enquête menée dans deux villes du Var :
Fréjus et Cogolin, un an après les élections
municipales de 2014.

 

"Bassin miné"

un documentaire d’Edouard Mills-Affif,
qui suit la scène politique locale de Hénin-Beaumont
depuis plus de dix ans.

http://www.bassinmine.com/

Mains brunes sur la ville

Quand l’extrême droite est au pouvoir

MAINS BRUNES SUR LA VILLE – 90 min
Documentaire de Bernard Richard.

Pourquoi des citoyens accordent-ils leur confiance à l’extrême droite, et comment celle-ci se maintient-elle au pouvoir ?

Pour organiser une projection : Tel : 06 25 52 76 74 - Mail : victor.fuvel@free.fr

Sans-papiers : l´autre « chiffre » de la politique d´expulsion.

Le coût des expulsions réalisées en 5 ans représente l´équivalent du déficit annuel de l´assurance vieillesse. La cour des comptes pointe le coût de la rétention des sans-papiers. 
La revue « Mouvements » propose de relire cette enquête de Damien de Blic (Enseignant-chercheur en sciences politiques, RESF Paris 11e), article initialement publié sur le site de « Mouvements »  en mars 2007 :

La lutte contre l´immigration clandestine constitue depuis les années 1970 un objectif déclaré des politiques migratoires définies dans la plupart des pays industrialisés.
 Pour la première fois cependant, cet objectif prend depuis quatre ans en France la forme d´un programme chiffrant précisément un nombre de reconduites à la frontière à réaliser chaque année. 
Cette initiative est due au ministre de l´Intérieur Nicolas Sarkozy qui, dans une circulaire en date du 22 octobre 2003, demande aux préfets de doubler à court terme les expulsions d´étrangers en situation irrégulière.

 La raison de cette instruction est précisée dans le texte :
 «L´exécution effective des décisions d´éloignement est la condition de crédibilité de toute politique publique de maîtrise de l´immigration».
 Cette circulaire précède de quelques jours l´adoption par le Parlement français d´une loi « relative à la maîtrise de l´immigration et au séjour des étrangers en France » (promulguée le 26 novembre 2003) qui donne à
 l´administration les moyens de répondre aux nouveaux objectifs : accroissement de la durée maximale de rétention administrative, fichage systématique des demandeurs de titres de séjour, subordination de l´octroi de ces titres à des garanties d´ « intégration républicaine » notamment.

Cette politique d´expulsions massives n´est pas revendiquée par le seul ministre de l´Intérieur, manifestement soucieux d´afficher sa fermeté en matière d´immigration dans la perspective de l´élection présidentielle de 2007.
Elle est largement confortée par le Premier ministre Dominique de Villepin qui expose le 11 mai 2005 un « plan d´action de lutte contre l´immigration irrégulière » qui reprend à son compte les objectifs chiffrés par Nicolas Sarkozy en lui assurant le concours d´un comité interministériel et propose la création de « pôles départementaux » destinés à faciliter la gestion des éloignements d´étrangers irréguliers. 
Le nouveau dispositif, assorti de fortes pressions sur les préfectures, à qui sont fixées par le Ministère de l´Intérieur un nombre annuel d´expulsions à réaliser, semble porter rapidement ses effets, comme en témoignent les chiffres bruyamment annoncés à la fin de chaque année civile : objectif de plus de 15 000 expulsions fixé en 2004, près de 20 000 en 2005, 24 000 en 2006, 28 000 pour 2007.
Dans la mesure où la volonté de faire du «chiffre» est au principe de la politique menée depuis 2003, il n´est pas inutile de se pencher sur l´autre chiffre que masque cette politique, à savoir son coût financier pour la collectivité.

Ce chiffre-là, par contraste avec celui des reconduites, n´est guère mis en avant par les auteurs de cette politique.

Seul Dominique de Villepin évoque, comme par lapsus, l´ « effort considérable » réclamé par les reconduites massives et va jusqu´à estimer leur coût à 67 millions d´euros pour l´année 2005. Le silence qui règne par ailleurs s´explique aisément dès lors qu´on prend la (dé)mesure de l´ensemble des moyens mobilisés pour atteindre le chiffre érigé en « priorité absolue » de l´action du ministère de l´Intérieur depuis plus de trois ans.

 Une politique d´expulsions conduite à tout prix

Il peut sembler déplacé d´aborder la politique de reconduite à la frontière sous un angle monétaire, tant son coût, bien avant d´être budgétaire ou économique, est bien évidemment un coût humain : mise en grand danger de personnes renvoyées dans des pays où elles sont parfois gravement menacées, familles disloquées, enfants séparés de l´un de leurs parents, stigmatisation et culpabilisation des étrangers résidant en France... 
Ces maux répétés commencent aujourd´hui à être connus grâce à l´activité des collectifs militants attentifs aux droits des étrangers. 
La mise en parallèle des moyens déployés pour maximiser les reconduites à la frontière et des drames vécus par ceux qui en sont les victimes met un peu plus en lumière, toutefois, le caractère inhumain d´une logique du chiffre poussée jusqu´à l´absurde.
Pour sa seule partie émergée, la politique d´expulsion de sans-papiers mobilise l´équivalent de plus de 10 000 emplois à temps plein.
 Mais cette politique a aussi besoin de moyens beaucoup moins visibles, parce qu´ « empruntés » à des services normalement destinés à d´autres emplois :
 fonctionnaires affectés aux centres de rétention, policiers assurant les interpellations, les gardes à vue et les transferts divers, escortes internationales vers les pays de retour, toutes les activités sans lesquelles les nombres fixés d´éloignement seraient tout simplement impossibles à atteindre. 
On peut ainsi raisonnablement estimer que c´est l´équivalent d´au moins 15 000 emplois à temps plein qui est consacré à l´expulsion des sans-papiers. 
 
Nicolas Sarkozy justifiait en 2003 sa volonté d´éloignement systématique des étrangers en situation irrégulière par sa contribution à la « crédibilité » d´une politique de lutte contre l´immigration irrégulière. Il semble urgent d´interroger ce souci de crédibilité au regard de ces chiffres : 
si l´on suppose que le nombre de 28 000 expulsions sera atteint à la fin de l´année 2007, il aura fallu pour réaliser deux de ces expulsions l´équivalent de l´emploi annuel à temps plein d´un fonctionnaire.


Si l'on traduit ces emplois sous une forme monétaire, ce sont donc, au minimum, 3 milliards d´euros qu´auront coûté au total les expulsions réalisées depuis 2003 : l´équivalent du budget annuel du ministère de la culture ou encore deux années de fonctionnement de la ville de Marseille. C´est aussi le déficit de la caisse nationale d´assurance-vieillesse prévu pour 2007.

Compte tenu par ailleurs du coût humain individuel - lui inestimable - pour tous ceux qui auront été arrachés au territoire français et à toutes les attaches qu´ils ont pu y nouer, la démesure et l´absurde d´une politique fondée sur des chiffres qui ne semblent finalement servir qu´une « opération de communication » apparaît ici dans toute son évidence.

Le difficile chiffrage des reconduites à la frontière.

Dresser les comptes de la politique d´éloignement s´avère un exercice difficile. La Cour des comptes elle-même, malgré les moyens humains et matériels dont elle dispose, a dû renoncer à une évaluation du « coût global » de la lutte contre les séjours irréguliers, évaluation qui lui semble pourtant nécessaire au regard du caractère prioritaire donnée par le ministère de l´Intérieur à cette lutte.
 L´extrême difficulté du calcul correspond à différentes causes : une volonté du ministère concerné de masquer le coût d´une politique qui risquerait précisément de faire apparaître son caractère démesuré ; mais aussi le fait que les éloignements massifs ne reposent pas seulement sur la création de nouveaux moyens mais aussi sur le redéploiement de dispositifs destinés initialement à d´autres actions.
 Certains coûts sont cependant bien visibles. Dominique de Villepin, dans l´interview citée plus haut, annonce lui-même un triplement entre 2004 et 2005 du budget consacré à la lutte contre l´immigration clandestine, de 33 millions à 100 millions d´euros, et l´affectation de 600 policiers supplémentaires à la Police de l´Air et des Frontières (PAF).

Cet effort financier va croissant, puisque le budget 2007 de la Police nationale laisse apparaître une nouvelle hausse de 60 % de ce volet budgétaire largement consacré aux frais d´expulsions, à hauteur de 107 millions d´euros.
 D´après Carine Fouteau des Echos, la prise en compte de la masse salariale fait croître le budget de la lutte contre « l´immigration irrégulière » jusqu´à 687 millions d´euros, soit l´équivalent de plus de 10 000 emplois à temps plein destinés à l´expulsion des sans-papiers.

Le gouffre des CRA

Une partie importante du budget que la Police nationale consacre à l´immigration irrégulière est dédiée à l´entretien des Centres de Rétention Administrative (CRA). Créés en 1984, les CRA ont pour but de retenir les étrangers en situation irrégulière avant leur éloignement du territoire national. Ils constituent une pièce essentielle du dispositif d´expulsion. Or, le coût de ces centres croît lui aussi dans des proportions spectaculaires. 
La multiplication des expulsions nécessite tout d´abord l´agrandissement des sites existants (au nombre de 19 au début de 2007) et la construction de nouveaux centres (trois sont prévus en 2007), l´objectif étant d´atteindre un nombre de 1 500 places disponibles à la fin de l´année 2007 contre un peu plus de 1 000 aujourd´hui. 
Les dépenses d´investissement relatives au CRA représentent dans le budget 2007 une somme de 270 millions d´euros, dont 48,5 millions d´euros destinés à la construction des nouveaux centres.

Le nombre moyen d´étrangers hébergés quotidiennement en CRA augmente certes du fait du nombre croissant d´interpellations mais aussi en raison de l´allongement de la durée moyenne de rétention qui a doublé (de 5 à 10 jours) entre 2002 et 2005. L´effet conjugué de ces deux facteurs conduit ainsi à accroître fortement le nombre quotidien moyen de personnes en rétention qui passe de 370 en 2002 à 840 en 2005. 
Or, le coût de chaque rétention augmente fortement dans le même temps.

L´indicateur sur le coût moyen d´une rétention administrative, mis en place dans le cadre de la nouvelle Loi organique relative aux lois de finance (LOLF), prévoit un chiffre de 1 000 euros pour 2007 (contre 600 euros en 2004), sous l´effet non seulement des durées plus longues de rétentions mais aussi de «l´amélioration des prestations hôtelières» qui fait suite aux dénonciations répétées des conditions inhumaines de rétention des personnes en voie d´expulsion.

Encore cet indicateur semble largement sous-évalué puisqu´il n´intègre pas, par exemple, les charges liées aux heures de fonctionnaires consacrées à la rétention. Pas moins de 890 policiers étaient affectés aux CRA en mai 2006.
On soulignera au passage que parmi l´ensemble des personnes en rétention, une grosse majorité n´est pas effectivement expulsée : en 2005, seulement 32% d´entre elles ont effectivement été reconduites à la frontière. 
Une avocate toulousaine cite le cas de quatre de ses clients ayant séjourné chacun 32 jours en CRA - séjour sans conséquences dramatiques, aucun consulat ne les ayant reconnus. Elle calcule elle-même : « cette rétention administrative inutile a donc coûté 32 jours x 87,5 euros (chiffres pour 2006) x 4 personnes = 11 187,20 euros au contribuable français ». Si l’on se rappelle que cette situation concerne le tiers des détenus, soit environ 10 000 étrangers en 2006, on arrive à une dépense de près de 9 millions d´euros, absurde d´un point de vue financier mais parfaitement logique dans le cadre d´une politique où aucune occasion d´augmenter le chiffre d´expulsés ne doit être perdue...

La face cachée de la politique d´éloignement : les « rafles »

Le budget de la Police consacré explicitement à l´immigration clandestine ou celui affecté au fonctionnement des centres de rétention peuvent ainsi donner lieu à des estimations en termes de coût, quoique largement sous-estimées en elles-mêmes. Mais ces dépenses « budgétisables » et donc partiellement visibles masquent tout un ensemble de moyens déployés pour atteindre les chiffres annuels d´éloignement qui ne font eux l´objet d´aucune évaluation. Avant d´être placés en CRA, les étrangers irréguliers doivent être interpellés. Or, les services de police spécialisés dans la lutte contre l´immigration clandestine (du type de la 12e section des renseignements généraux de la préfecture de Paris) ne peuvent à eux seuls assurer plus de 20 000 expulsions par an. Ce sont les forces de police locales qui sont dès lors sollicitées pour assurer que l´objectif soit atteint.

La contribution des forces de la police « ordinaire » à l´interpellation des personnes en situation irrégulière prend la forme de vastes opérations de contrôles d´identité sur la voie publique. Dans la circulaire du 22 octobre 2003 déjà citée, Nicolas Sarkozy demandait en effet aux préfets, en vue d´assurer un nombre suffisant d´éloignements, de mobiliser toutes les opportunités ouvertes par l´article 78-2 du code de procédure pénal qui permet, sur réquisitions écrites du procureur de la République, de vérifier l´identité de toute personne dans un lieu et pour une période de temps déterminés par ce magistrat.


De fait, sous couvert d´assurer la sécurité des biens et des personnes ou de prévenir des atteintes à l´ordre public, les opérations reposant sur l´article 78-2 prennent de plus en plus la forme de véritables « rafles » au cours desquelles ne sont contrôlées que les personnes susceptibles d´être «irrégulières».

Comme le résume la CIMADE, « la police ne tombe plus "par hasard" sur les sans-papiers, elle va les chercher ». Dans les quartiers populaires du nord et de l´est de Paris se multiplient ainsi depuis l´été 2006 des opérations visant à interpeller un maximum de sans-papiers.
 Ces opérations, indispensables pour atteindre le chiffre d´éloignement fixé aux préfectures par le ministère de l´Intérieur, supposent un déploiement considérable de moyens dont le coût n´apparaît cette fois dans aucune des lignes budgétaires de la lutte contre l´immigration clandestine.


Un officier de police judiciaire (OPJ) d´un commissariat du nord de Paris, habitué de ce genre d´opérations et qui a accepté de répondre à nos questions sous couvert d´anonymat explique ainsi : « les critères de "réussite" des opérations, dont dépend la carrière de nos chefs, sont le nombre de gardes à vue, puis le nombre de placements en rétention. 
A moins de dix sans-papiers interpellés, l´opération est un échec. Pour parvenir à ces chiffres, il faut au moins dix fonctionnaires procédant aux interpellations sur la voie publique, sur une durée de deux heures en moyenne. Chaque garde à vue mobilise ensuite deux à trois fonctionnaires. Le nombre augmente pour peu qu´il y ait une mobilisation autour d´une personne arrêtée, s´il s´agit d´un parent d´enfant scolarisé par exemple. Au coût horaire des fonctionnaires, ça commence à chiffrer vite. Il faut ajouter ensuite, pour chaque interpellé, la venue d´un traducteur et le coût de la visite médicale, souvent demandée, et qui se situe autour de 50 euros. Il faut enfin ajouter les frais de transfert vers le centre de rétention ».

Bien conscient du caractère « non raisonné » de cette politique du chiffre, cet OPJ insiste sur la détérioration « évidente » de la qualité du travail judiciaire ordinaire que provoque la concentration des forces policières. « On est de plus en plus nombreux à être exaspérés par ces consignes qui nous obligent à arrêter des sans-papiers plutôt que des "crapules" ». Or, malgré ces critiques partagées par un nombre croissant de policiers, le rythme des rafles tend à s´accélérer. D´une à deux par semaine en moyenne pour l´année 2006, les opérations d´interpellations de sans-papiers sur la voie publique sont devenues quasi-quotidiennes, comme en témoignent les réseaux de vigilance mis en place par les différents collectifs militants à Paris. Une partie du contingent policier qui n´est pas destinée a priori à la lutte contre l´immigration clandestine peut être ainsi amenée à consacrer une bonne moitié de son activité à la « chasse aux sans-papiers ». Et pour éviter les protestations, de plus en plus nombreuses, elles aussi, des riverains et des militants, les opérations de nuit se multiplient, avec les surcoûts salariaux correspondant.


De vastes opérations sont plus difficilement envisageables en province ou dans des villes de taille moyenne où les sans-papiers sont moins concentrés que dans certains quartiers parisiens. Les arrestations de sans-papiers posent alors d´autres problèmes, à l´origine d´autant de coûts supplémentaires. 
De nombreux pays refusent en effet d´accueillir leurs nationaux renvoyés de France sans preuve officielle de leur nationalité, preuve indispensable pour l´obtention du laissez-passer nécessaire à l´expulsion. En l´absence de passeport ou de pièces d´identité officielle, l´administration doit dès lors présenter l´étranger arrêté à son consulat, qui n´existe parfois qu´à Paris ou dans certaines métropoles régionales. Il est ainsi très courant qu´à l´interpellation et à la garde-à-vue succède un coûteux aller-retour, toujours sous escorte policière, du sans-papiers vers Paris, Toulouse ou Marseille, sans aucune garantie sur le succès de la démarche.

A rebours, pour « rationaliser » les expulsions, les opérations d´interpellations menées à Paris se focalisent volontiers sur certains ressortissants dont on sait que le pays d´origine délivrera sans difficulté le laissez-passer nécessaire à l´éloignement. C´est ainsi que les populations chinoises concentrent l´essentiel des interpellations réalisées dans certains arrondissements de la capitale. Certaines opérations ont pu ainsi être « cassées » devant les tribunaux parce que les équipes policières arrivaient sur les lieux de la rafle accompagnées d´un traducteur chinois... De manière générale, les efforts de l´administration pour réaliser des économies d´échelle en matière d´éloignement aboutissent logiquement à de nombreux vices de procédures, au point qu´en 2006, un quart des personnes placées en rétention administrative ont été remises en liberté à la suite d´une décision du juge des libertés et de la détention : chiffre à apprécier en regard du coût rappelé plus haut de la rétention.

L´expulsion de la famille Raba constitue sans doute l´un des cas les plus tragiques engendrés par la politique d´éloignement menée par le gouvernement français : Musulman albanophone du Kosovo, Jusuf Raba refuse en 2001 de participer aux exactions menées contre la minorité serbe de sa région. A titre de représailles, sa femme, Shrepsa, subit une agression sexuelle. Jusuf et Shrepsa fuient avec leur fils vers la France où l´asile politique leur étant refusé, contrairement à leurs frères et soeurs, ils deviennent «sans-papiers ». Cinq ans plus tard, en 2006, la famille Raba qui s´est agrandie de deux enfants fait une demande de titre de séjour dans le cadre de la circulaire « Sarkozy » du 13 juin - ouvrant sous conditions la possibilité de régularisations pour les familles sans-papiers dont les enfants sont scolarisés en France. Cette régularisation leur étant refusée, la gendarmerie vient chercher le 17 novembre la famille à son domicile de Gray, en Haute-Saône, en vue d´une expulsion. Devant la résistance désespérée de Jusuf et Shrepsa, face aux protestations émanant de leurs voisins, des instituteurs des enfants, des militants des droits de l´homme et du Réseau Education Sans Frontières, la police décide d´employer les grands moyens.

Après une première une première période de rétention de 17 jours et une tentative « manquée  d´expulsion depuis Paris, la famille est conduite à Toulouse, loin de ses soutiens, d´où un avion militaire spécialement affrété les dépose au Kosovo quatre jours plus tard. On peut rester longtemps songeur face au dispositif déployé pour éloigner deux parents et leurs trois enfants, âgés de 7, 4 et 3 ans. Les raisons sont sans doute à chercher du côté d´un ministre de l´Intérieur soucieux de soigner son image de fermeté ou de l´aubaine que constitue, pour la préfecture d´un département rural en déficit d´éloignements, l´opportunité d´expulser cinq personnes d´un coup. L´acharnement a toutefois un coût et l´indignation partagée par de nombreux citoyens s´accroîtra sans doute si on en prend la mesure. Les 21 jours qu´auront au total passé en rétention les cinq membres de la famille Raba, ramenés au coût journalier évoqué plus haut, représentent une somme supérieure à 10 000 euros. On peut estimer à un montant équivalant les différents trajets que l´administration policière a fait effectuer aux Raba à travers la France : Gray-Lyon, un aller-retour Lyon-Paris dans le cadre de la première expulsion manquée, un aller simple vers Toulouse, sans compter les multiples trajets entre le Centre de rétention, le Tribunal administratif ou le Tribunal de grande instance. Le prix de l´heure de vol d´un avion militaire est d´environ 5 000 euros. Celui qui a été affrété pour les Raba a ainsi dû voler du Bourget à Toulouse, de Toulouse à Tirana, de Tirana à Pristina, puis de Pristina au Bourget : au moins 50 000 euros pour ce seul poste. Il faut ajouter à ces dépenses les frais représentés par l´ensemble du personnel policier mobilisé pour l´opération : pas moins de dix policiers et une infirmière ont escorté la famille jusqu´à Pristina, ont ensuite dû loger sur place avant de revenir en France : difficile de chiffrer ce poste à moins de 10 000 euros. Soit environ 80 000 euros (au bas mot) : tel aura été le prix consenti par les autorités françaises pour « éloigner » - et mettre en danger - trois enfants et leurs parents.

Expulser à tout prix : tel semble être la maxime des responsables de la politique d´éloignement systématique.

Autre illustration des aberrations générées par la politique du chiffre, le cas de Suzilène Monteiro, lycéenne  de Colombes (Hauts-de-Seine), expulsée en octobre 2006 vers le Cap-Vert. Traitement exceptionnel, là encore : c´est pour cette seule jeune fille qu´a cette fois été affrété un avion par le ministère de l´Intérieur. 
La très forte mobilisation organisée par ses soutiens a conduit Nicolas Sarkozy à revenir pour une fois sur une décision d´expulsion et à accorder à Suzilène la délivrance d´un visa long séjour pour poursuivre ses études : quatre mois après son éloignement, Suzilène a pu revenir en France.
Le coût de cette opération n´est sans doute guère inférieur à celui de l´expulsion de la famille Raba (du fait de l´affrètement notamment).
Et celle-ci n´aura même pas permis de gonfler les statistiques de la chasse aux sans-papiers.

 

Brochure 2016 - Face au FN et à toute l'extrême droite, réponses et ripostes syndicales !
 

Parce qu'il est toujours nécessaire d'apporter des réponses syndicales face au FN et à toute l'extrême droite, VISA publie mi septembre un petit fascicule / argumentaire.

Vendu 2 euros, il sera disponible sur notre stand au village du livre de la fête de l'Humanité du 9 au 11 septembre et sur commande en écrivant, avec un chèque de règlement, à notre siège, 80-82 rue de Montreuil 75011 Paris.

Cet argumentaire est destiné aux militant-e-s syndicaux pour qu'ils puissent répondre encore plus facilement, exemples à l'appui, aux salarié-e-s qui se trompent de colère en s'apprêtant à voter FN en 2017.

Face à la montée régulière des scores électoraux du FN et contre la « lepénisation » des esprits, les postures morales sont aujourd'hui insuffisantes.

Il faut sans relâche contre argumenter les prises de positions « économiques et sociales »  du parti fasciste qu'est toujours le FN, illustrer par la mémoire des faits la continuité idéologique du FN assise sur le racisme, l'autoritarisme et le nationalisme, dénoncer les fausses solutions « nationales-sociales » préconisées par le FN, opposer aux slogans réducteurs du FN des analyses certes plus complexes mais néanmoins évidentes à comprendre et à faire comprendre.

Ce fascicule ne prétend pas apporter des réponses clefs en main à toutes les incursions de l'extrême droite sur le terrain social. C'est une boite à outils, un recueil d'expériences, un encouragement au travail syndical unitaire, un vaccin contre la résignation, un instrument pour le travail de proximité avec les salarié-e-s.

On y trouve l'analyse du positionnement du Fn sur la Loi travail, qui montre bien que ce parti va à l'encontre des intérêts des salarié-e-s. Un long chapitre est consacré aux orientations du Fn en matière d' Education Nationale, son dernier terrain de chasse. Dans la continuité du livre « Lumière sur mairies brunes », publié par VISA en 2015, la gestion municipale des villes gérées par l'extrême droite est passée au peigne fin, sur la période du premier semestre 2016. Et puisque les présidentielles 2017 sont dans le viseur des cadres du Fn, les premières annonces du programme électoral du parti fasciste sont décortiquées et assorties de réponses syndicales. Les analyser et les déconstruire sont essentiels dans l'intérêt des salarié-e-s, ce doit être une des priorités du mouvement syndical.

Mais ne perdons pas de vue que l'extrême droite aurait forcément moins d'audience si la situation économique et sociale était moins sclérosée par la crise du capitalisme financier et par le libéralisme arrogant.

Si le combat contre le fascisme doit être politique, syndical et associatif, il passe aussi par les mobilisations du monde du travail contre les politiques d'austérité et par la lutte contre les injustices.

Enfin, ce fascicule est illustré par les dernières affiches de VISA, à commander gratuitement et sans modération par mel : assovisabis@gmail.com

Passez commande dès maintenant en l'adressant par courrier et avec le chèque à : 

VISA 80-82 rue de Montreuil 75011 PARIS 

Tarif dégressif :€ jusqu'à 100 exemplaires, 1,50 € au delà. 

Notre premier livre « Le FN au travail » est toujours disponible au prix de 5 €. Relatant la période 1995 – 2002, il est malheureusement toujours d’actualité.

Notre brochure 2012 « Contre le programme du FN, un argumentaire syndical » est également toujours en vente.
Par contre, celle de 2010 « FN, le pire ennemi des salarié-es » est épuisée.
Vous pouvez également toujours commander " Barrage syndical antifasciste " paru en 2014.

 

Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes - 80/82 rue de Montreuil - 75011 PARIS

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01.04.2017 - 09:46

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