L'extrême droite française et ses homologues italiens
Les postfascistes italiens apparaissent, depuis le milieu des années 1990, comme la figure du « traître » dans la langue du courant majoritaire de l’extrême droite française. « Fini, c’est fini » aurait résumé Bernard Antony, un ancien cadre du FN (et soutien récent du « dissident » Carl Lang), en allusion à Gianfranco Fini. Ce dernier a aussi été critiqué par Jean-Marie Le Pen pour avoir vendu son parti pour un plat de lentilles, c’est-à-dire pour « quelques strapontins de ministres ». Ce discours est constant depuis plusieurs années. Ceci alors que la fraction groupée autour de Bruno Mégret, minoritaire puis écartée du FN en 1998/99, avait suivi d’un regard attentif et bienveillant les évolutions de la participation gouvernementale de l’ex-MSI.
Même si Marine Le Pen est souvent considérée comme la représentante d’une tentative de « modernisation » de son parti, son discours ne varie guère de celui de son père. Mi-septembre 2008, dans une interview, elle répondait, sà propos du bilan des ex-néofascistes au gouvernement italien : « ça n’a aucun intérêt d’être dans un gouvernement (comme ça) ». Elle n’avait cependant pas bronché quant à la comparaison entre son parti et l’ancien MSI – néofasciste – d’avant 1994, ni sur le terme « extrême droite » pour désigner le FN (voir la video).
En revanche, d’autres milieux d’extrême droite cherchent, encore aujourd’hui, à retenir la leçon venant d’Italie. Le Club de l’Horloge, « fabrique de pensées » située entre droite dure et extrême droite, a organisé sa 24e « Université annuelle » les 6 et 7 décembre 2008 sur le thème suivant : « Le populisme, une solution pour l’Europe en crise ». Si le FN n’était pas représenté, sauf par des « anciens » entrés en dissidence (Bernard Antony, Jean-Yves Le Gallou), la réunion comptait plusieurs invités issus d’autres pays européens. Le FN ne semble donc plus faire référence, alors que le chef du « Bloc identitaire », formation d’extrême droite concurrente et activiste, était officiellement invité. A l’ordre du jour, justement, un point sur l’Italie : « Le populisme en Italie : l’expérience de l’union de la droite. » L’invité pour présenter le topo était le député de la Ligue du Nord, Mario Borghezio, condamné en Italie à cinq mois de prison avec sursis pour avoir mis le feu à une tente hébergeant des immigrés.
Le 5 avril 2009 se réuniront plusieurs forces politiques d’extrême droite au niveau européen, à Milan, selon une information du quotidien de Turin ‘La Stampa’. La conférence sera organisée par ‘Forza Nuova’, un mouvement activiste situé à droite de l’actuelle coalition gouvernementale et en dehors du nouveau rassemblement, ‘Le Peuple de la Liberté’. Le thème, présenté avec un discours à forte connotation antisémite, sera : « Notre Europe : des peuples et des traditions contre les banques et l’usure ». Il y sera également question d’une économie européenne « contrôlée par les sionistes ». Dès lors que les informations du quotidien sont exactes, une délégation du FN français devrait participer à l’événement, tout comme des représentants du NPD (parti à tendance néonazie) allemand et du Vlaams Belang de Belgique.
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L’association VISA a publié une brochure intitulée
Les extrêmes droites en France




