Il appartient aux syndicats de porter les luttes contre le fascisme et l'idéologie d'extrême droite

Qui sommes nous ?

VISA est une association intersyndicale composée d’une cinquantaine de structures syndicales : la FSU et plusieurs de ses syndicats, l’Union Syndicale Solidaires et plusieurs de ses syndicats, des fédérations et des syndicats de la CGT, de la CFDT, de la CNT, de l’UNEF et le syndicat de la Magistrature.

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En bref

Dans un tract appelant à manifester contre la venue de Marine Le Pen le 19 avril à Marseille, les deux syndicats dénoncent le volet judiciaire du programme de la cheffe du Front National. Un exemple à suivre pour d'autres branches où l'appel nécessaire à faire barrage au Front National ne sera que renforcé par une dénonciation concrète de ses projets pour les salarié-e-s et/ou usagers concerné-e-s.
À Charlottesville (Virginie), samedi 12 août, Heather Heyer, militante antiraciste, est morte, écrasée par un assassin néo-nazi, en manifestant contre le rassemblement “Unite The Right” organisé par l’extrême droite qui voulait honorer la mémoire d’un esclavagiste, le général Lee.  Ce meurtre d’aujourd’hui n’est pas isolé, c’est le dernier d’une longue liste d’agressions et crimes fascistes aux Etats-Unis, comme dans le reste du monde et notamment en Europe (France, Grèce, Espagne). Ce meurtre a suscité l’indignation quasi-générale, comme en France où même le FN, en quête de respectabilité, a été obligé de prendre ses distances avec le président Trump qui renvoie dos à dos néo-nazis et militant-es antiracistes, après en avoir fait un modèle.  Mais au-delà de ces condamnations morales de ce qui s’est passé « outre Atlantique » et qui serait « incompréhensible vu d’ici »,...
Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession, tient à apporter son total soutien à Julie Hainaut. Cette journaliste subit depuis le 12 septembre un torrent de menaces et d’injures immondes, suite à la publication d’un article critique sur un bar dans l’hebdomadaire lyonnais Le Petit Bulletin.   Sous le titre « Lyon : une pute à nègres féministe veut détruire un bar à rhum ''colonialiste'', mobilisation ! », un organe qui se qualifie lui-même de « site le plus raciste de la fachosphère » n’hésite pas à la traiter de « femelle négrophile » ou de « hyène terroriste » avant de s’en prendre à la « vaginocratie négrophile », de demander l’adresse de cette consœur - une menace lourde de sens - et d’appeler à inonder son mail et son compte twitter.   Admettre qu’une journaliste professionnelle, qui n’a fait que son...
  La CGT 34 et l'UL de Beziers, avec Solidaires et FSU 34 viennent de lancer, avec les organisations féministes locales, une pétition appelant le préfet à retirer les affiches violentes et sexistes placardées partout par Robert Menard. Il semble en effet très important de construire un rapport de force en partant des habitant.es et salarié.es de Beziers et de sa région.   La répression va être rude, surtout pour la camarade de Beziers, il est donc essentiel que cette pétition fasse un tabac.   Une mise à jour ser faite au fur et à mesure pour annoncer les soutiens d'organisations ou d’élu.es.   Merci de signer et de diffuser cette pétition en cliquant ici
"Contre le racisme et la xénophobie, antifasciste tant qu’il le faudra". C’est l’un des chants que scandent, ce mardi depuis 8h, les personnes rassemblées contre le groupuscule identitaire la Ligue du Midi, jugé ce matin pour avoir saccagé, le 30 juin dernier, les locaux de l’association Réseau Accueil Insertion Hérault, une association qui aide les mineurs isolés, pour le compte du Département.   Suite à l’appel d’une quinzaine d’associations - dont la Section de Montpellier de la Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty International, Esprit Libre 34, ou encore Sud Santé Sociaux / Solidaires - entre 70 et 80 personnes ont répondu présent à ce rassemblement, selon la Gendarmerie.   Pour Daniel Martin, directeur du Réseau accueil insertion Hérault (RAIH), il s'agit d'un "groupe identitaire, raciste bien évidemment, qui voulait s’attaquer au fait que notre association s’occupent de mineur isolés...
Appel unitaire "Fermons l'Arcadia, local fasciste à Strasbourg" Deuxième manifestation le 20 janvier 2018 L’Arcadia, local/bar du mouvement néo-fasciste "Bastion Social" qui a officiellement succédé au GUD, a été inauguré à Strasbourg le 9 décembre. Le même jour, une manifestation forte de 400 personnes avait alors défilé dans les rues de la capitale alsacienne pour refuser l’implantation de ce local. Nous soulignions alors qu’en prétendant lutter contre la misère sociale, les fascistes entendaient surtout disposer d’un QG pour la préparation d’agressions.    Et nous avions malheureusement raison : le soir même de l’inauguration, un jeune homme d’origine algérienne a été violemment agressé par un groupe de vingt personnes. Deux ont été arrêtées et jugées : l’une d’elle, Thomas Beauffet, une figure de premier plan du Bastion Social à Strasbourg, a été condamné à huit mois de prison ferme.  En...
  Communiqué de la fédération Solidaires étudiant-e-s, émanant de sa commission Antipatriarcat, au sujet du harcèlement ciblé dont sont victimes depuis 2 jours des militantEs féministes et antiracistes.   Depuis le matin du 8 janvier 2018, sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) la page "Memes royalistes" une page d’extrême droite a annoncé "faire des révélations sur l’UNEF", et a publié des captures d’écrans de tweets de militantEs (femmes racisées) de l’UNEF, en citant leurs noms prénoms et pseudo, incitant de ce fait a un harcèlement ciblé sur ces personnes. Depuis, plusieurs autres camarades de l’UNEF et de Solidaires étudiant-e-s ont également fait les frais de cette abjecte méthode militante d’intimidation.   Les propos cités étaient à chaque fois des tweets dénonçant des oppressions qu’elles subissaient et qui ont été qualifiés par des individus, en majorité d’extrême droite, et certains...
Vous pouvez signer la pétition en ligne par ici. Stopper l’extension d’une porcherie sur le site du camp de concentration de Septfonds Monsieur le Président de la République   Nous sollicitons votre intervention pour empêcher  qu’un « crime de lèse-mémoire » soit commis à l’encontre d’un haut-lieu historique du Tarn-et-Garonne : le site du camp de concentration de Septfonds (lieudit de Judes) risque d’être souillé par l’extension d’une porcherie familiale qui prévoit d’élever dorénavant 6 500 animaux par an.           Sur ce terrain, réquisitionné en mars 1939 pour être transformé en camp de concentration, ont été enfermées environ 30 000 personnes, dans des conditions infrahumaines et sans procès ; 90 % étaient des soldats de l’armée républicaine espagnole, d’autres des soldats de l’armée polonaise et d’autres encore des civils juifs. Un certain nombre des...
Communiqué commun CFDT, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires et UNSA   La conférence de presse qui a suivi la rencontre des chefs d’État français et turc a permis de mettre en lumière les manipulations de l’opinion publique par les détenteurs du pouvoir politique à Ankara afin de parvenir à l’instauration d’un régime autoritaire.   Les purges et les licenciements massifs de salariés et de fonctionnaires, les violations quotidiennes des droits fondamentaux de l’Homme continuent sans relâche en Turquie. L’état d’urgence, en vigueur depuis dix-sept mois dans tout le pays, était l’opportunité pour le président Erdogan de promulguer 30 décrets-lois en contradiction, tant sur la forme que sur le fond, avec la Constitution turque.   Dernier en date, un décret-loi du 24 décembre, a entraîné le limogeage de plus de 2 700 personnes. Toutes sont accusées soit d’appartenir, soit d’être liées à des organisations «...
NON A L’OUVERTURE D’UN LOCAL FASCISTE A CHAMBERY !   Le mouvement néo-nazi « Bastion Social », anciennement Edelweiss Pays de Savoie, inaugurera son local "l’Edelweiss", situé entre le 169 et le 187 Avenue de Lyon à Chambéry, le 3 février prochain.   Ne voulant plus se limiter à être un "club de ratonnade", les fascistes savoyards tentent de se reconvertir dans la "solidarité" entre "bon français" blancs.   Sous couvert de récupérer la lutte contre la misère sociale et le mal- logement, les fascistes entendent surtout disposer d’un lieu pour la préparation d’agressions. Devons-nous rappeler les violences d’extrême droite quasi quotidiennes dans le Vieux Lyon, l’attaque violente sur un concert militant le 20 octobre dernier à Chambéry (par les mêmes personnes qui ouvrent ce lieu), ou encore l’agression raciste LE SOIR MÊME de l’ouverture d’un local du «...
Exclusion des sans-papiers précaires du bénéfice des réductions tarifaires dans les transports : la justice condamne une mesure discriminatoire   Au début de l’année 2016, le Conseil régional d’Ile-de-France [1] puis, dans la foulée, le STIF (désormais "Ile de France Mobilités") [2], ont décidé de refuser toute réduction tarifaire sur les transports aux personnes étrangères bénéficiaires de l’aide médicale de l’État (AME).   Cette mesure, en vigueur depuis deux ans, a rendu encore plus précaires ces personnes déjà parmi les plus vulnérables en leur imposant davantage d’obstacles pour la reconnaissance de leurs droits : comment désormais se déplacer pour aller travailler, pour aller dormir dans les éventuels centres d’hébergement vers lesquels l’orientation est souvent décidée au jour le jour, pour accompagner leurs enfants à l’école, pour se rendre dans les centres de soins ou encore à la préfecture pour accomplir les...
L’extrême droite n’a pas sa place ni dans les cortèges syndicaux   Ni nulle part ailleurs !    L’exigence de justice sociale qui s’exprime partout en France, face à la multiplication des attaques du gouvernement aux ordres du patronat, appelle à la mobilisation massive des salariés, des agents de la fonction publique et des services publics, des retraités, des privés d’emploi et de la jeunesse.  C’est dans ce contexte que du « Front National » aux « Patriotes », en passant par différents mouvements favorables au « Frexit », des organisations identitaires, xénophobes et racistes se travestissent en pseudo-alliés et soutiens des travailleurs en lutte. Leurs ambitions politiques sont en totale opposition avec nos valeurs, notre aspiration de transformation sociale, nos combats syndicaux pour une société plus juste, plus solidaire, accueillante et fraternelle.  Toutes ces organisations ne font...
Une manifestation, regroupant largement des organisations syndicales, des associations et collectifs, ansi que des partis politiques, se tiendra à Lyon le 26 mai 2018 à 14h30, place des terreaux. Les organisations signataires appellent à amplifier la mobilisation populaire contre le Bastion social et l'extrême droite en général qui sévit sur la ville.  
Communiqué de presse   Beaune : nouvelle fusillade raciste... agir vite et fermement !   Dans la nuit du 29 au 30 juillet, 7 jeunes gens ont été blessés, certains gravement par des tirs d'armes à feu dans le quartier Saint-Jacques à Beaune (Côte-d'Or). Deux suspects ont été arrêtés et mis en examen pour "tentative d'assassinat, violences aggravées commis en raison de l'appartenance à une soit-disant race, religion ou ethnie, réelle ou supposée, injures publiques à caractère racial, menaces de mort à caractère racial". Après le crime raciste d’Ychoux dans les Landes qui a coûté la vie à Saïd El Barkaoui assassiné par un voisin, ce nouveau drame illustre la gravité du climat raciste actuel. Le MRAP s’étonne à nouveau du peu de réaction des politiques en responsabilité de la protection des citoyens et déplore les "silences assourdissants" devant de telles manifestations de racisme.    L’usage des armes s’...
Déchaînement antisémite contre l'avocat grenoblois Denis Dreyfus  :  RLF indigné (communiqué de RLF Isère, contacts : rlfvoiron38@no-log.org)   Un site internet aux références nazies assumées,  au racisme habituel et démentiel, déjà trop connu et qui ose se nommer "democratie participative", s'en prend à l'avocat grenoblois Denis Dreyfus, dans une publication datée du dimanche 12 août 2018, avec un antisémitisme débridé et  très violent.   RLF Isère (Réseau de Lutte contre le Fascisme, ex Ras L' Front) apporte son soutien à Maître Dreyfus.   La suite dans cet article

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Des outils pour lutter
contre l'extrême droite

- Des livres

Les extrêmes droites en France
- édition Syllepse -
Par Jean Paul Gautier
 

 

Dictionnaire de l'extrême droite
- édition Larousse -
Collection "à présent"
 

 

Jacques Leclerq :
" dictionnaire de la mouvance droitiste
et nationale de 1945 à nos jours "

Michel Briganti, André Déchot et Jean-Paul Gautier
" LA GALAXIE DIEUDONNÉ "
Pour en finir avec les impostures.

Pour commander
Editions Syllepse

AUBE DORÉE. LE LIVRE NOIR DU PARTI NAZI GREC
Auteur: Psarras Dimitris

Pour commander
Editions Syllepse

- Des vidéos

"Aujourd'hui comme hier, combattre l'extrême droite"

Le documentaire "Aujourd’hui comme hier,
combattre l’extrême droite - Histoire croisée
du syndicalisme et de l’extrême droite"
a été réalisé par l'IHS-CGT, dans le cadre
de la campagne CGT-Solidaires-FSU-Unef-FIDL-UNL
« Combattre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques »
initiée le 29 janvier 2014 à la Bourse du travail de Paris.
Ce documentaire de 11 minutes peut être utilisé dans
le cadre de formations, de débats, de réunions publiques
et permet de se réapproprier l'histoire de la lutte
antifasciste d'un point de vue syndical.

 

"LE FN aux affaires"

Une enquête menée dans deux villes du Var :
Fréjus et Cogolin, un an après les élections
municipales de 2014.

 

"Bassin miné"

un documentaire d’Edouard Mills-Affif,
qui suit la scène politique locale de Hénin-Beaumont
depuis plus de dix ans.

http://www.bassinmine.com/

Mains brunes sur la ville

Quand l’extrême droite est au pouvoir

MAINS BRUNES SUR LA VILLE – 90 min
Documentaire de Bernard Richard.

Pourquoi des citoyens accordent-ils leur confiance à l’extrême droite, et comment celle-ci se maintient-elle au pouvoir ?(doc tourné pendant la campagne des cantonales de 2011 à Orange et Bollène)

Pour organiser une projection : Tel : 06 25 52 76 74 - Mail : victor.fuvel@free.fr

Aube dorée, une affaire personnelle

Un doc sur le parti néonazi grec accessible gratuitement en ligne !
 

Le livre de Dīmī́trīs Psarrás 'Aube dorée: Le livre noir du parti nazi grec’ (éditions Syllepse), utile complément à ce documentaire peut être commandé (10 €) à VISA 80/82 rue de Montreuil - 75011 PARIS.

Municipales 2014 : premières leçons

Le mandat des nouveaux maires d’extrême droite, élus lors des élections municipales des 23 et 30 mars 2014, commence par quelques actes symboliques forts. Le 8 avril, le nouveau maire FN d’Hénin-Beaumont, Steeve Briois (élu dès le premier tour), a annoncé le retrait d’un local jusqu’ici attribué à la Ligue des droits de l’homme/LDH. La mairie a classé l’association, très ancienne – la Ligue des droits de l’homme a été fondée en 1898, en réaction à l’Affaire Dreyfus -, comme adversaire parce qu’elle aurait pris position contre les thèses du FN. Ainsi, désormais, les associations, parties structurantes de la vie démocratique, risquent d’être classées en « amies » et « ennemies » par le nouveau pouvoir local.

Le 09 avril, la majorité FN au Conseil municipal a radicalisé la démarche en déclarant qu’elle entend « réclamer 36.000 euros de loyers impayés » à l’association. Le local municipal de 20 m2 était, jusqu’ici, gracieusement mis à la disposition de la section de la LDH. Un acte qui fait discuter dans les rangs de l’extrême droite. Le même jour, le député FN Gilbert Collard (qui n’est pas membre du FN, mais élu avec l’étiquette « Bleu Marine ») a cependant pris ses distances. « Je n’aurais pas viré la LDH », a-t-il affirmé, « je lui aurais demandé de signer un bail et de payer ». Une solution qui n’aurait guère valu mieux ; mais qui aurait évité, selon les dires de l’avocat médiatique et député, « de donner du grain à moudre à ceux qui veulent nous réduire en poussière fascisante ».

Il n’est pas exclu que la raison principale de la sortie de Collard soit que l’homme ait voulu faire parler de lui. Cela ne serait pas chose étonnante de la part d’une figure dont l’idéologie principale se résume à « Moi ! moi d’abord ! » (…et qui est passé du trotskisme et de l’antiracisme militant au lepénisme, après être passé par le mitterrandisme et le sarkozysme). Son propos montre, néanmoins, que le camp politique auquel il appartient désormais cherche encore la meilleure stratégie, pour utiliser à son meilleur profit le pouvoir local qu’il a conquis.

Le vendredi précédent, 04 avril, Marine Le Pen avait défrayé la chronique en annonçant que les mairies FN allaient supprimer systématiquement les « repas de substitution » dans les cantines scolaires. Ces repas servent d’alternative, au cas où du porc est servi comme plat principal, aux élèves musulmans, juifs ou qui ne mangent pas de cochon pour un autre motif. Tout en s’arbitrant formellement derrière la laïcité (« aucune exigence religieuse » ne devant être admise dans l’école publique, selon Marine Le Pen), il s’agit bien d’une mesure d’exclusion de fait qui cible certains groupes déterminés.

En même temps, son vice-président Florian Philippot déclarait devant les caméras que « les élèves auront toujours le choix » (alimentaire). Selon lui, il s’agirait uniquement d’« interdire les interdictions religieuses », autrement dit, de ne pas imposer des commandements religieux aux élèves. Ce qui, de toute façon, n’est pas le cas et serait illégal : il ne s’est jamais agi par exemple d’interdire la consommation de viande au porc aux élèves souhaitant en consommer, mais uniquement de laisser le choix à tout le monde.

A son tour, le nouveau maire de Béziers, Robert Ménard – dont la candidature a été soutenue par le FN, bien qu’il ne soit pas membre de ce parti – a précisé qu’il entendait écarter « le halal » des cantines scolaires. Un propos qui, là encore, n’a strictement aucun lien avec la réalité. Alors que la nourriture ne peut être déclarée « halal » ou encore « cacher » qu’avec l’intervention respectivement d’un imam ou d’un rabbin, ni l’un ni l’autre procédé n’est admis dans les écoles publiques. Ici encore, il n’a jamais été réellement question d’introduire la pratique religieuse, dans l’école en faisant valider les repas par une instance du culte.

La seule question qui était posée, a toujours été celle de la pluralité des choix qui doivent être laissés aux élèves. Les propos de Philippot et de Ménard semblant sous-entendre que cette pluralité sera maintenue, alors que Marine Le Pen semblait plutôt dire qu’elle ne le sera pas.

Une partie de l’extrême droite est moins contente, cependant, de la célébration d’un premier mariage homosexuel à la mairie du 7e secteur de Marseille, désormais gérée par un maire FN, Stéphane Ravier. L’AGRIF (« Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française »), organisation catholique-traditionaliste dirigée par l’ex-FN Bernard Antony, a ainsi fait circuler un communiqué réprobateur. Selon elle, la mairie aurait dû plutôt se placer dans l’illégalité, en refusant carrément de célébrer ce mariage…

Les nouvelles mairies FN (ou Ligue du Sud)

De cette façon, le FN aura réussi à faire parler de lui, à l’heure où il entame la gestion de plusieurs municipalités. 11 mairies sont désormais gérées par le FN ou alors par un maire élu avec le soutien du FN (dans le cas de Robert Ménard). Quatre autres le sont par la « Ligue du Sud », petit parti d’extrême droite présidé par l’ex-FN Jacques Bompard : Orange, Bollène, Camaret-sur-Aigues et Piolenc. Ces deux dernières sont des petites communes avec respectivement 4.000 et 5.000 habitants, alors qu’Orange et Bollène comptent 30.000 et 15.000 habitants.

La plupart de ces mairies ont été conquises grâce à des triangulaires voire des quadrangulaires.

A l’exemple de celle de Mantes-la-Ville, seule municipalité FN en Ile-de-France (où le centre-gauche était divisé en deux blocs égaux), avec une majorité relative de seulement 30,26 % pour le FN. A Beaucaire, c’est également suite à une quadrangulaire (avec des listes de droite, « Divers » et de gauche) que le candidat du FN, Julien Sanchez, a été élu maire. Il a obtenu 32,84 % au premier tour et 39,8 % au second, alors que la participation a augmenté de cinq points entre les deux tours.

A Hayange, le jeune maire FN Fabien Engelmann (exclu de la CGT en 2011, suite à une candidature FN aux cantonales) l’a emporté dans une quadrangulaire avec deux listes de droite et celle du PS. Il aura obtenu 30,4 % au premier, puis 34,7 % au second tour, alors que la participation a augmenté de presque six points.

La constellation la plus fréquente est cependant celle des triangulaires. A Béziers, le PS local avait refusé de retirer sa liste, malgré les injonctions contraires du PS national. Cependant, même en cas de retrait de la liste de gauche, le candidat Robert Ménard (44,88 % au premier tour et 46,98 % au second) aurait fortement risqué de passer face au maire sortant, selon de nombreux avis. Dans le septième secteur de Marseille, la liste de Stéphane Ravier (FN) l’a emporté avec 35,33 %, dans une triangulaire avec la droite et la gauche.

A Fréjus, c’est dans une triangulaire avec deux listes de droite – le PS local s’étant retiré suite au premier tour, après avoir obtenu environ 16 points – que le candidat FN David Rachline l’emporte. Il avait obtenu 40,3 % au premier, puis 45,55 % au second tour.

A Villers-Cotterêts, où aucune liste de gauche n’était présente dès le premier tour, le candidat FN Franck Briffaut passe au second tour dans une triangulaire. Il obtient 41,53 %, face à des listes de droite et « Divers », après avoir réuni 32,04 % au premier tour. La participation a augmenté de six points entre les deux.

Des candidats d’extrême droite à la mairie ont cependant parfois obtenu une majorité absolue.

Ce fut le cas à Hénin-Beaumont dès le premier tour (50,26 %), à Cogolin dans le Var au second tour (53,1 %) face à la liste du maire sortant de droite – la liste proche du PS local et une autre liste de droite s’étant retirées -, en ce qui concerne le FN. Jacques Bompard, ex-FN et désormais « Ligue du Sud », aura à son tour été réélu pour la troisième fois à Orange, avec 59,82 % dès le premier tour.

En dehors des nouveaux maires issus de l’extrême droite, celle-ci a aussi obtenu environ 1.400 sièges de conseillers municipaux au total, dont environ 1.200 pour le seul FN. Cela correspond à peu près au maximum que ce parti avait pu réaliser dans le passé, au scrutin municipal de juin 1995 qui reflétait jusqu’ici l’apogée de sa couverture militante du territoire. Or, à la différence de 1995, beaucoup des nouveaux maires et conseillers municipaux sont aujourd’hui jeunes et surtout inexpérimentés ; l’appareil du FN ayant perdu la majeure partie de son encadrement avec la scission mégrétiste en 1999 (dont le parti ne s’est toujours pas remis). L’enjeu pour lui est donc, désormais, de reconstruire un appareil densifié avec ces militants occupant des sièges d’élus : par la formation, la confrontation avec des dossiers « concrets », l’expérience de la gestion.

Toujours est-il que cette immersion dans l’expérience de la gestion locale peut faire naître des nouvelles difficultés pour le FN. Si elle se fait « trop » au détriment de ses marqueurs idéologiques, le parti pourrait risquer de perdre de son attrait, que ce soit pour le recrutement de militant-e-s ou encore vis-à-vis d’une partie de l’électorat. Surtout vis-à-vis de sa composante populaire, qui vote « pour que ça change » et dans une vision de « revanche sociale », plus que pour voir le parti s’installer dans une « bonne gestion ».

Les perspectives d’une gestion d’extrême droite

Dans l’absolu, plusieurs perspectives peuvent être tracées pour la future politique du FN dans ces mairies.

Premièrement, ses représentants locaux pourraient être tentés d’utiliser les leviers de commande à des fins personnelles : en vue de s’enrichir, de proposer des emplois aux copains, de se servir au passage sous forme de contrats et de commandes publiques. Cette dimension prévalait, notamment, dans la gestion de la ville de Toulon par une majorité FN entre 1995 et 2001. Cette période de gestion FN s’est cependant plutôt mal terminée pour le parti : aux élections municipales suivantes, il était divisé en quatre morceaux concurrents, et plusieurs procès ont visé le « bilan de gestion » de l’extrême droite locale. Aujourd’hui, l’exemple Toulon est plutôt considéré comme « ce qu’il ne faut pas re-faire » par les dirigeants actuels du FN.

Deuxièmement, le Front national pourrait aussi viser à mettre en œuvre une gestion purement idéologique, en mettant en avant des symboles censés marqués les esprits. Cela, quitte à heurter les lois de la République ou d’autres normes juridiques (conventions internationales signées par la France, …). Une telle approche a été pratiquée par la majorité FN puis MNR  quand elle gouvernait la ville de Vitrolles, de février 1997 à octobre 2002. Elle s’est manifestée par de nombreux changements de noms imposés à des rues ou des places publiques, le nom de Nelson Mandela étant p.ex. banni au profit de celui de « Marguerite de Provence », une reine du Moyen-Age. Mais elle a aussi impliqué l’introduction d’une « prime de naissance » versée aux seuls parents européens, début 1998. Celle-ci a été rapidement déclarée illégale par le Tribunal administratif, mais la municipalité de Catherine Mégret déclarait alors que c’était une bonne chose « parce que cela montrait la nécessité d’élire des députés FN à l’Assemblée nationale pour changer les lois ».

A Orange, les premières années de la gestion d’extrême droite (après la première élection du maire Jacques Bompard en 1995) étaient particulièrement marquées par l’épuration de la bibliothèque locale. Il s’agissait d’en faire disparaître les œuvres d’esprit « cosmopolite », selon les responsables de l’époque. Cette affaire avait vite suscité un scandale. Marine Le Pen a cependant démenti, à quelques jours du scrutin municipale de 2014 sur radio « France Inter », vouloir reconduire une telle expérience. Selon elle, il ne sera pas question pour les nouveaux maires FN d’épurer les bibliothèques, mais « peut-être vont-ils les enrichir en achetant d’autres œuvres ». Il faudra donc être particulièrement vigilant-e-s à propos de la politique d’acquisition des municipalités FN. Notamment afin d’observer s’il y aura éventuellement des acquisitions d’ouvrages marqués ouvertement par un esprit fasciste (comme ce fut le cas à Orange, à l’époque)

Troisièmement, une municipalité FN pourrait aussi avoir tendance à vouloir surtout faire preuve d’une capacité à « gérer en bon père de famille », faisant ainsi la preuve d’une certaine « normalité ». Ceci tout en orientant les coupes budgétaires et suppressions de dépenses – accompagnant les baisses d’impôts promises aux électeurs - vers certains groupes. Bien sûr, de préférence vers des groupes minoritaires ou ethnicisés, portant un stigmate aux yeux de l’extrême droite.

Ainsi le parti pourra tenter de marier la « preuve d’une  bonne gestion » avec des signaux idéologiques, envoyés à son électorat. Toujours est-il que cette même « gestion financière saine », accompagnée de baisses d’impôts peut ne pas satisfaire la composante la plus populaire de l’électorat FN. Le cas échéant, il est toutefois peu probable que celle-ci retourne alors aux grands partis, UMP ou PS : elle risque alors (le cas échéant) plutôt de s’abstenir davantage, à l’avenir. Sauf, bien évidemment, en cas de fort mouvement social qui pourrait éventuellement faire naître d’autres perspectives politiques. En l’absence d’une telle hypothèse, et toutes choses égales par ailleurs, l’ennemi politique numéro 1 du FN (à l’échelle locale) sera donc plutôt l’abstention.

Quasi-absence d’alliances droite-extrême droite

En revanche, les listes d’union entre droite et extrême droite étaient peu nombreuses, cette année. Alors que l’UMP s’est idéologiquement radicalisée depuis 2007 (avec la création d’un ministère de l’Immigration et de l’identité nationale, le « débat sur l’identité nationale », le discours de Grenoble…) et encore plus depuis 2012, cela n’a pas conduit à un nombre important d’alliances locales. Contrairement à ce qui était attendu par beaucoup d’observateur-observatrices, d’ailleurs.

Il n’y a eu, finalement, que deux listes d’alliance droite-extrême droite : à L’Hôpital, une petite commune dans la Moselle, et à Villeneuve-Saint-Georges dans le 94. Cette dernière, conduite par Philippe Gaudin, a cependant été battue au second tour… de justesse, avec 49,8 % des voix contre 50,2 % pour la maire sortante Sylvia Altman (PCF). La liste avait été désavouée par les directions nationales de l’UMP et de l’UDI.

Cette quasi-absence d’alliances, alors que le terrain idéologique serait préparé à droite, s’explique en partie par les forts scores de la droite UMP et UDI au premier tour (avec une moyenne nationale de 46 %). La droite conservatrice et libérale n’avait ainsi pas besoin de nouer des alliances, dans la conjoncture  politique actuelle. Celles-ci auraient risqué d’avoir un coût politique, qui aurait en ce moment été plus élevé que le bénéfice électoral à en attendre.

Deuxièmement, le FN n’était pas très demandeur de sceller des alliances, lui non plus. Comme il entend devenir la première force politique aux européennes de fin mai 14, il serait apparu contradictoire qu’il s’allie localement avec des bribes de l’UMP… pour railler « l’UMPS » juste après, dans les semaines qui vont venir.

Par ailleurs, l’UMP a su éviter, cette année, les déchirements (dans le parti ou alors dans son électorat) à propos des reports de voix au second tour, que ce soit vers le PS ou vers le FN. Dans la mesure où l’UMP était en mesure quasiment partout de se maintenir au second tour – ses listes avaient souvent fait des bons scores, et le seuil pour le faire (10 %) n’est pas très élevé aux municipales -, sa direction a décidé de le faire effectivement partout. Il n’était pas question, nulle part, de retirer ses candidat-e-s au profit du PS ou d’un « front républicain » contre le FN, pas plus qu’au profit du FN.

Cette position du « Ni – ni », qui a été adoptée par l’UMP pour la première fois aux élections cantonales de mars 2011, tranche avec la position antérieure : dans les années 1990, c’était plutôt de « front républicain » qui était la règle. Des candidats UMP pouvaient alors se désister au profit de candidats PS mieux placés « pour faire barrage au FN », sous condition de retrait réciproque. Cette stratégie de « front républicain » est aujourd’hui révolue à droite ; alors qu’elle suscite également des questionnements à gauche. (Vu que le FN tire son miel de l’argument que « droite et gauche, c’est pareil… comme le montre leur front commun contre nous, seule alternative ».)

La pratique du « Ni – ni » aura, en tout cas, évité à la droite le test de vérité : la démonstration de la tendance de ses électeurs à se reporter plutôt sur les listes PS ou centristes, ou alors plutôt sur les candidatures du FN. En cas d’absence de l’UMP du second tour, ce serait cette question-là qui viendrait sur le devant de la scène. Or, en 2014, les dirigeants UMP ont su éviter cela.

Mais un phénomène de « vases communicantes » dans l’électorat UMP/UDI et FN

Cependant, plus que dans le passé, les électorats respectifs de la droite et de l’extrême droite ont souvent pratiqué « l’union à droite ». Celle-ci a existé de fait, dans  le comportement électoral en 2014, bien plus que dans un passé récent.

Aux élections régionales de mars 2010, par exemple, les listes du FN avaient quasi systématiquement progressé entre le premier et le second tour, là où elles pouvaient se maintenir… quitte à gêner la droite UMP. Depuis l’impulsion donnée par Jean-Marie Le Pen à son parti au milieu des années 1990, ses candidats étaient tenus de se maintenir systématiquement là où ils pouvaient et de provoquer le maximum de triangulaires, pour « punir » une droite qui ne voulait pas s’allier à lui. Dans les faits, les listes du FN restaient souvent  stables au deuxième tour, dans ces situations.

Or, cette année, c’est loin d’être le cas partout. On remarque dans les faits, pour schématiser, plutôt deux grands types de situation en 2014.

La première situation se divise en deux sous-catégories. La première : les listes FN reculent parfois en pourcentage (et en nombre absolu de voix), entre les deux tours, au profit de la droite UMP/UDI/Divers droite. C’est notamment le cas quand il y a un enjeu de pouvoir local. Autrement dit, quand il y a un enjeu réel qui consiste p.ex. à battre une équipe municipale de gauche sortante (et de la remplacer par une mairie de droite), une partie des électeurs du FN vole au secours de la droite locale.

Au contraire, c’est parfois le FN qui peut être investi de cette même « mission » - celle de battre la gauche municipale. Ca peut être le cas quand sa liste était placée devant celle de la droite classique, au premier tour. Dans ce cas de figure, le FN progresse d’un tour à l’autre, comme à Avignon où le FN obtient 29,63 % au premier puis 35,02 % au second tour. Ici, la liste du FN était arrivée largement devant celle de l’UMP au premier tour, et les deux s’étaient maintenues.

Le deuxième grand cas de figure est celui où il y a absence d’enjeu réel de scrutin, p.ex. quand aucune liste de droite (ou d’extrême droite) ne semble en mesure de battre la gauche municipale. Quand aucune liste UMP/UDI/Divers droite n’apparaît en mesure de l’emporter, à l’issue du premier tour, l’électorat de l’extrême droite est la plupart du temps indifférent au jeu des grands partis. Ses votes se concentrent alors sur le FN, et ce dernier progresse souvent au deuxième tour par rapport au premier.

Quelques exemples concrets

(dans des villes non conquises par le FN)

Cela s’observe par exemple dans le département du Nord. En présence d’un enjeu « droite // gauche » (la mairie passera du PS à l’UMP au second tour), la liste du FN chutera d’un tour à l’autre, de 17,52 % à 10,96 %. A Armentières, la liste du FN obtient 20,63 % au premier tour, puis tombe à 14,95 % au second. A Loos, le FN passe de 13,40 % à 7,44 %, du premier au second tour.

Mais à Lille, où la droite ne semble pas réellement en mesure de battre Martine Aubry à l’issue du premier tour, la liste FN progresse légèrement. Elle obtient 17,15 % au premier, puis 18,23 % au second tour.

Dans l’Ardèche, département aux caractéristiques sociales assez différentes, on observe des phénomènes similaires. A Privas, le FN passe de 13,21 % au premier tour à 7,76 % au second tour. Ce dernier était marqué par une « triangulaire » avec la droite (dirigée localement par l’UDI) et le PS, qui fera basculer la mairie - jusqu’ici tenue par le PS - à droite.

Dans la Drôme, on observe par endroits un fort décrochage du FN, entre les deux tours. A Valence, où se déroulera également une triangulaire avec la droite (UMP) et le PS, le FN passe de 11,06 % au premier tour à 6,11 % au second. Là encore, la mairie basculera au second tour, passant du PS à l’UMP. A Romans-sur-Isère, où la liste « Divers Droite » ravira la mairie au PS (jusqu’ici aux manettes) au second tour, la liste du FN chute encore plus fortement : de 18,81 % à 10,90 %.

En revanche, à Pierrelatte (également dans la Drôme), où la liste de gauche n’avait obtenu que 12,21 % au premier tour et aucune chance de l’emporter, le FN progresse entre les deux tours. Alors que la droite dirigée par l’UDI fait la course en tête au premier et au second tour, la liste du FN passera en même temps de 21,91 % à 25,94 %.

Dans le département de l’Isère, les projecteurs - y compris à l’échelle nationale - étaient fortement dirigés sur Grenoble, en raison de la rivalité électorale entre le Parti Socialiste et les écologistes. La liste du FN dans cette ville passe de 12,56 % au premier, à 8,53 % au second tour. Ici, la liste de l’UMP était placée devant elle ; par ailleurs, les deux listes de gauche étaient arrivées en tête (celle des écologistes gagnera finalement la course). Ainsi, il est probable que l’électorat du FN votait là encore « utile » pour faire barrage à la gauche.

Ailleurs en Isère, la liste du FN à Bourgoin-Jallieu (où la mairie passera du PS à l’UMP) chute de 16,15 % au premier tour à 9,65 % au second. En revanche, à Echirolles, le FN était placé en tête des listes à droite, à l’issue du premier tour. Elle passera au second tour de 20,88 % à 23,02 % alors que la liste de l’UMP perd environ deux points ; mais le PCF conservera la mairie qu’il dirigeait.

Dans le départementdes Ardennes, observons d’abord le cas de Charleville-Mézières. Dans un contexte marqué par un enjeu « droite contre gauche » (et où l’UMP prendra finalement la mairie jusqu’ici dirigée par le PS), la liste du FN chute de 15,87 % au premier tour à 11,18 % au second. A Sedan, où le second tour est également marqué par une triangulaire (avec le PS, une liste « Divers Droite » et le FN) mais où le PS conservera la mairie, la liste du FN chute de 15,98 % au premier tour à 12,56 % au second.

Dans les Bouches-du-Rhône, on observe une chute assez spectaculaire de la liste du FN à Aubagne. Celle-ci passe de 20,63 % au premier tour, à 11,63 % au second. L’enjeu en termes « droite contre gauche » était ici de taille, aux yeux de l’électorat, et la mairie passera finalement du PCF à l’UMP. A Salon-de-Provence, dans le même département, le FN passe de 15,06 % au premier tour à 8,51 % au second. Là encore, il y avait un vrai enjeu en termes « droite contre gauche » ; la mairie changera d’ailleurs de mains, passant finalement de l’UMP au PS.

A Gardanne, le FN baisse également entre les deux tours (19,26 % au premier, puis 15,69 % au second tour), alors même que c’étaient deux listes de gauche qui se disputaient la première place. Ici, la droite classique était placée très loin derrière, sur une mauvaise quatrième place. Ainsi il apparaît peu probable que les électeurs du FN aient voté pour la droite classique, la liste « Divers droite » baissant d’ailleurs entre les deux tours (de 10,68 % à 5,59 %). L’explication semble résider, ici, dans le fait que l’électorat FN – tout comme celui de la droite classique – aura plutôt voté pour la liste du PS, afin de barrer la route à celle du PCF. Or, c’est cette dernière qui l’emporte à Gardanne.

Mais dans le Sud de la France, il y a aussi de nombreux cas d’augmentation du score du FN entre les deux tours. C’est le cas dans d’autres communes des Bouches-du-Rhône, mais aussi dans les Alpes-Maritimes, par exemple.

C’est le cas à Marseille, pour rester d’abord dans les Bouches-du-Rhône. Le PS y était donné quasiment battu après le second tour, où il avait fini en troisième position derrière l’UMP et le FN. Ainsi, en l’absence de tout « danger de gauche », le score du Front national monte entre les deux tours : son score sur Marseille est de 23,16 % au premier tour. Mais sa moyenne dans les huit secteurs (sur neuf) où un second tour a lieu, monte à 26,51 %.

A Allauch (13), le score du FN monte de 16,34 % au premier tour à 19,53 % au second. Mais ici, l’UMP avec déjà été donnée battue après le premier tour (avec moins de 15 pour cent : 14,66 %), et n’avait strictement aucune chance de battre la liste du PS. Cette dernière sortira vainqueur du second tour. A Istres, le FN ayant déjà réalisé un score au premier tour (29,14 %) qui était presque le double de celui de l’UMP (16,62 %). Ce sera la liste « Bleu Marine », et non celle de l’UMP, qui progresse entre les deux tours. Le FN obtiendra 33,39 % au second tour, pour monter à l’assaut de la mairie PS/Divers gauche, alors que la liste UMP reculera d’environ cinq points. La mairie ne changera cependant pas de direction. A Martiguesenfin, au premier tour, le FN (avec 17,15 %) était placé loin devant la liste UMP, mais aussi devant une liste « Divers droite ». La liste du FN montera à 23,00 % au second tour, loin devant la seule autre liste de droite (DVD) qui s’est maintenue. Le PCF restera cependant à la mairie.                                                          

Le cas de Vitrolles (13) doit être particulièrement mentionné. La liste du FN dans cette ville passe de 24,44 % au premier tour, à 33,06 % au second. Or, elle s’était déjà placée devant la liste UMP au premier tour (avec presque sept points d’avance), et terminera la course en tête, à la droite de l’échiquier politique. La liste PS conservera cependant la première place et la mairie de Vitrolles. Le score élevé du FN dans cette municipalité est cependant particulièrement amer, puisque la ville a connu cinq années de gestion FN puis MNR, de 1997 à 2002, sous Catherine Mégret.

Dans les Alpes-Maritimes, à Nice, le FN obtient 15,60 % au premier tour mais 21,11 % au second. Cependant, ici, il y avait eu d’autres forces en présence au premier tour, qui étaient plus ou moins nettement marquées à l’extrême droite. C’est clairement le cas de la liste des « Identitaires » (4,44 %), et un peu moins clairement de la liste « Divers droite » de l’ex-maire Jacques Peyrat (3,69 %). Au premier tour, par ailleurs, la liste du PS n’avait obtenu qu’environ 15 pour cent. Ainsi, aux yeux de l’électorat d’extrême droite, il n’existait aucun « danger de gauche » au second tour.

A Menton, le FN obtient 22,35 % au premier tour puis 26,65 % au second. Dans cette ville, au second tour, on trouvait uniquement des listes de droite ou « Divers », mais aucune liste de gauche. Ainsi aucun « risque de gauche » ne pouvait mobiliser les électeurs FN au profit d’une autre force. Dans le même département, à Beausoleil, le FN obtient 19,43 % au premier tour puis monte de façon spectaculaire : à 29,68 %. Là encore, aucune liste de gauche n’était présente au second tour. En revanche, à La Trinité, encore dans les Alpes-Maritimes, le FN baisse entre les deux tours.  Sa liste passe de 19,72 % à 11,48 %, face à une liste UMP et une liste de gauche (sous direction chevènementiste).

Conclusion

Dans l’absolu, les résultats de ces élections municipales peuvent être considérés comme un succès pour le FN. Ceci de façon globale : il a pu augmenter le nombre de ses conseillers municipaux, pouvant ainsi former une nouvelle génération de cadres. Le parti contrôlera une dizaine de maires (et l’extrême droite dans toutes ses composantes, une quinzaine). Cela comporte le risque, pour lui, de faire éclater certaines contradictions dans la pratique de sa gestion. Ainsi il est probable que le FN optera souvent pour la prudence, tentant de ne pas faire trop de vagues, tout en émettant de temps en temps de signes idéologiques à son propre électorat. Mais il n’est pas sûr que la direction du parti pourra toujours tout contrôler ce qui se passe dans « ses » mairies. Malgré une volonté réelle de Marine Le Pen de « garder la main », et de donner des impulsions venant d’« en haut », y compris pour pallier l’inexpérience d’une partie de l’encadrement sur le terrain. Des « dérapages » restent cependant toujours possibles.

Par ailleurs, si aussi bien le FN que la droite UMP se trouvent actuellement dans une phase ascendante, très peu d’alliances sont contractées entre ces deux forces, dans la période en cours. Cette trajectoire parallèle des deux forces pourra continuer, tant que la politique ouvertement libérale et austéritaire du gouvernement poussera les électeurs et électrices dans leurs bras respectifs.

D’un côté, cet état des choses peut arranger la direction du FN : elle n’a pas besoin, à court terme, de se « compromettre » (aux yeux d’au moins une partie de ses électeurs) aux côtés d’une droite libérale et, à ses yeux, « mondialiste ». 

De l’autre côté, à moyen et long terme, les perspectives d’arrivée au pouvoir du FN – à l’échelle nationale – ne se trouvent pas améliorées par cette situation. Selon un sondage publié mardi 15 avril 2014, en cas d’élection présidentielle tenue aujourd’hui, la gauche (au sens très large) serait absente du second tour. Celui-ci serait disputé, toujours selon ce sondage « OpinionWay », entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, qui obtiendraient respectivement 29 % et 25 % des voix au premier tour.

Or, ce scénario n’est pas nécessairement celui qui arrange le plus le FN, dans la mesure où l’électorat de gauche se reporterait alors partiellement sur le candidat de droite pour faire barrage au FN. La constellation rêvée pour le Front national reste celle d’un second tour disputé entre la gauche et lui-même, où l’électorat de la droite UMP se diviserait en deux. A court terme, ce n’est cependant pas le scénario le plus probable aujourd’hui ; mais d’ici 2017, les choses peuvent évoluer…

A nous de faire barrage, par tous les moyens syndicaux et associatifs, à l’avancée du FN. La journée intersyndicale du 29 janvier a ouvert une brèche qui doit être approfondie dans la durée. C’est la voie à suivre.

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Il faut veiller à ce que le combat contre l'extrême droite ne passe pas après les luttes syndicales au prétexte qu'elle a été battue aux présidentielles et qu'elle n'a obtenue «que» 9 députés.

Il faut continuer de lutter, sans relâche et avec la même force, contre les politiques libérales, notre adversaire qui fait aussi monter le FN, et contre le fascisme, notre ennemi historique.

 

Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes - 80/82 rue de Montreuil - 75011 PARIS

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22.08.2018 - 11:08

COMMUNIQUÉ

Paris le 21 août 2018, mis à jour 12h

 

Incendie Aubervilliers : Relogement des sinistrés ! Protégez les victimes des marchands de sommeil, Appliquez et améliorez les lois pour les protéger

 

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