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La lutte contre l'extrême droite discutée dans les congrès syndicaux

mer 25/07/2012 - 09:41
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En cette fin de premier semestre 2012, certaines fédérations professionnelles de syndicats tenaient congrès.

Nous reproduisons dans cet article les contributions de nos correspondants: Elles montrent, qu'à l'issue des élections présidentielles et législatives, la bataille contre l'extrême droite est aussi une discussion menée dans les syndicats.

La FGTE-CFDT et le SNUI-SUD Trésor, devenu SOLIDAIRES FINANCES PUBLIQUES,  sont membres de notre association, ainsi que le syndicat SGEN CFDT ESO (entre Seine et Oise).

Congrès de la fédération des SGEN CFDT (mai 2012)

Le congrès national de la fédération des SGEN CFDT a eu lieu du 21 au 25 mai 2012 à Décines, dans l’agglomération de Lyon. Durant tout le congrès, VISA a pu tenir un stand et présenter ses dernières publications. Cela  a été l'occasion de discussions et de prises de contact avec plusieurs délégués au congrès, en particulier avec ceux du sud de la France.

La résolution finale du congrès prend en compte le danger représenté par les idées et l’action du Front National et la nécessité pour le syndicat de lutter contre ces dernières. Cette prise de position a été fortifiée par l'intervention de François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, en clôture du congrès. Il a fait part de son inquiétude, qui est celle de l'ensemble de la direction de la CFDT, provoquée par le score de Marine Le Pen à l'élection présidentielle qui s’appuie sur le nouveau discours républicain et social de la nouvelle présidente du FN. Il a pointé que ce score concernait le syndicalisme dans la mesure où bon nombre d'adhérents ont pu voter pour cette candidate qui défend pourtant des positions politiques contradictoires avec les valeurs fondatrices du syndicalisme. Selon lui, le syndicat doit lutter contre l'influence des idées frontistes au sein du salariat en mettant l’accent sur les revendications : le Front National reculera dans la mesure où les salaires progresseront et où la courbe du chômage repartira à la baisse. Un petit débat s'est engagé sur cette partie de son intervention où nous sommes intervenus pour défendre la nécessité d'un travail fait par des syndicalistes de déconstruction des propositions du Front National, notamment celles qui touchent les domaines économiques et sociaux ; nous avons rappelé qu'un travail de dénonciation du FN devait être mené, de manière unitaire et sur un terrain politique et non pas moral comme dans les années 80-90. Dans sa réponse, François Chérèque a reconnu qu'il ne fallait pas opposer ces deux méthodes de lutte qui étaient complémentaires.

La progression électorale du FN n'a évidemment pas traversé les débats du congrès mais
l’intervention de VISA avec son stand comme celle de François Chérèque ont pu faire prendre conscience, si ce n'était déjà le cas, aux  200 militants présents du danger représenté par le nouveau Front National.

Congrès de la FGTE-CFDT (juin 2012).

Lors de son discours, le Secrétaire général de la FGTE a voulu définir l'identité de sa fédération. Celle-ci se retrouve « dans nos combats contre le Front national. Nous sommes depuis de nombreuses années en opposition frontale avec ce parti xénophobe, raciste et extrémiste. La FGTE ne peut pas se contenter de distinguer le parti et ses adhérents. Pour nous le combat reste total et personne ne peut rester à la fois adhérent à la CFDT et adhérent au front national. Ce n’est génétiquement pas modifiable ».

Congrès de Solidaires Finances Publiques (juin 2012)

Lors des débats, plusieurs délégués sont intervenus pour rappeler la nécessité de lutter contre l’extrême droite et ses idées, surtout à l’issue des élections présidentielles et législatives.
Par contre, un délégué a regretté la multiplication des expressions du syndicat à l’encontre du FN, jugeant même que cela « lui faisait de la publicité ». Des grondements dans la salle ont clairement dénoncé ces propos.
VISA était invitée pour la dernière journée du Congrès et a assisté au vote de la résolution d’orientation qui confirme la poursuite de l’engagement de Solidaires Finances Publiques dans notre association antifasciste.

Extrait de la résolution d’orientation votée à 99,99 % : « Notre syndicat est pleinement et résolument engagé pour le progrès social et en faveur d’une action publique au service de l’intérêt général. La régression sociale est encore et toujours prônée par les tenants des politiques néolibérales, dont la vision d’une société largement privatisée et individualisée n’a pas changé avec la crise malgré l’échec des choix politiques pris en ce sens.
Face à cette régression, notre syndicat estime que l’action publique (l’Etat, les collectivités locales, le système de protection sociale et la réglementation publique) est légitime et incontournable pour servir l’intérêt général, pour permettre l’accès à des droits et des besoins essentiels, pour réduire les inégalités, pour financer les solidarités, pour en finir avec l’insécurité sociale et la précarité, pour renforcer la cohésion sociale et stabiliser l’activité économique.
Par ailleurs, face à la montée de l’intolérance, de la xénophobie et du rejet de l’autre, le syndicat national Solidaires Finances Publiques poursuit son engagement (notamment dans VISA) contre les thèses d’extrême droite, dont les valeurs sont contraires à celles du syndicalisme
 ».

Annick Coupé, porte parole de l’Union syndicale Solidaires, est intervenue en clôture des débats. En parallèle à la nécessité de construire une mobilisation unitaire dès la rentrée de septembre sur l’emploi et les salaires, elle a aussi insisté sur la lutte contre les idées de l’extrême droite « qui sont à l’opposé des valeurs de notre syndicalisme ».

Correspondants VISA