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VISA 34 : Faits et méfaits de l'extrême droite dans le 34 - novembre et décembre 2021

dim 09/01/2022 - 15:48
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NOVEMBRE

1er novembre. Comme le dit Richard Vassakos, professeur agrégé d’histoire à Sérignan, dans son livre « La croisade de Robert Ménard », le maire de Béziers mène un combat idéologique et cela passe notamment par le Journal du Biterrois (payé par les contribuables). Ainsi, le journal de l’agglomération annonce que l’association SOS Maaloula remettra un chèque de 10 000 € à l’association d’extrême droite SOS Chrétiens d’Orient et qu’une conférence sur la Syrie sera également donnée par un ex otage à Bagdad, Alexandre Goodarzy. On apprend également que la paroisse de Corneilhan relance cette année la fête de Sainte-Céronne avec le matin une messe et une procession et l’après-midi une conférence et un concert d'orgue. À l’occasion de la fête de la bière, on apprend également que « La bière est la preuve que Dieu nous aime et veut que nous soyons heureux » Et évidemment il y a une double page sur le salon des santons et des créchistes avec ce commentaire « C’est sous la Révolution française que les santons prennent leur envol avec la religion catholique combattue par les autorités ». Qu’importe, le petit peuple attaché aux traditions chrétiennes fabriquera lui-même ses crèches de la Nativité pour des célébrations dans le secret des foyers… Autre citation de ce journal de propagande : « Aujourd’hui, les passionnés de santons ont de quoi faire : il en existe une infinité, à la fois issus du monde chrétien, l’enfant Jésus, Joseph, la Vierge, mais aussi du quotidien de la France profonde. ».

  1. novembre. Devant plus de 70 personnes réunit au Cercle Populaire Joseph Lazare et après une introduction du secrétaire de la section de Béziers du PCF, Richard Vassakos présentait son livre. Il a expliqué que Robert Ménard ne craint pas de s’approprier les hommes politiques classés à gauche en gommant une grande partie de leurs engagements comme on a pu le voir avec Jean Moulin, son secrétaire Daniel Cordier ou encore avec Jean Jaurès. Avec la rue rebaptisée « rue du commandant Denoix de Saint Marc, il utilise la dimension de Résistant pour camoufler son rôle au moment du putsch des généraux en avril 1961. De plus, il impose une vision de Béziers qui ne correspond nullement à son histoire. Sa crèche à la mairie, sa messe lors de la Feria, sa présence à la cathédrale pour commémorer la Libération de la ville ne font sûrement pas partie des traditions biterroises. La bataille des noms de lieux publics est menée avec une ampleur inégalée. Les victimes du terrorisme sont particulièrement mises en exergue, surtout quand elles sont imprégnées d’un catholicisme reconnu. La discussion a fait état des attaques de Ménard, alors responsable de Reporters sans frontière, de contre divers pays engagés dans le socialisme : Cuba, Chine, Vietnam et Union soviétique. Révélateur de son anticommunisme fondamental !
  2. novembre. Très discrètement, le Rassemblement national a fait escale à Sète. Étaient présents à cette réunion Jean-Lin Lacapelle, député européen, membre du bureau national du RN. Frédéric Bort, délégué départemental de l'Hérault, Sébastien Pacull, ancien adjoint et candidat RN aux dernières élections municipales et France Jamet, conseillère régionale du RN. Les leitmotivs des diverses interventions, « Il faut rendre aux Français leur argent », « Macron a fait reculer la France », étaient axés notamment sur « la souveraineté, le droit du sol, l'insécurité, le coût de l'énergie, la pêche ou encore la priorité nationale » Quant à Éric Zemmour, Jean-Lin Lacapelle a expliqué « Il n'est pas encore candidat. Il est celui des médias. Marine Le Pen, elle, n'est pas dans une aventure personnelle. Les gilets jaunes ont mis au jour une crise démocratique. Il y a une rupture de confiance. Nous nous battrons dans le calme, la sérénité, avec notre expérience. »

9 novembre. La commission de discipline du District de l’Hérault de football a rendu ses décisions suite à l’agression contre Souleyman Dahrour, arbitre d’un match de foot qui a dégénéré à Marseillan en octobre dernier. À l’origine de cette agression, le refus de l’équipe de Marseillan de montrer leurs pass sanitaires. L’arbitre a essuyé des insultes racistes. Un garçon de 16 ans lui a craché dessus et l’a frappé au ventre avec des chaussures à crampons. Le jeune garçon a ensuite harangué les autres joueurs en criant « Tuez-le ». D’autre part, l’entraineur est accusé d’avoir lui aussi tenu des propos racistes après s’être énervé et le président du club a lui été suspendu de son mandat pour n’avoir pas rempli ses responsabilités de président concernant le pass sanitaire. L’arbitre reproche également aux deux dirigeants une passivité coupable. Une enquête pénale est en cours.

  1. novembre. La mairie de Corneilhan, Bertand Gelly, (devenu un pro-Ménard) roule toujours sur les traces du maire de Béziers qui veut sabrer dans les budgets de sa commune. C’est ainsi qu’il a voulu supprimer le spectacle de Noël offert par la mairie pour les petits-enfants de la commune au nom des problèmes budgétaires. Cette décision a fait bondir l’association des parents d’élèves  qui a décidé dans la foulée d’organiser elle-même son spectacle, or, comme par enchantement, le lendemain de cette décision, la mairie s’est ravisée et a décidé d’organiser quand même ce spectacle de Noël…  Ce mode de gestion est très révélateur de ce maire qui avait déjà baissé de 40% toutes les subventions aux associations. 
  2. novembre. Dans le département voisin, Henri Lopez Terres, candidat remplaçant du RN aux dernières élections départementales dans l’Aude, était jugé pour « Provocation publique à la haine ou la violence en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion ». Parmi les gens notamment visés, Emmanuel Macron, qui selon lui « devrait être traduit devant le tribunal de La Haye pour génocide. » Sur l'équipe de France de football « Une troupe de singes qui court derrière un ballon. » Sur les migrants et les Arabes « Des hordes sauvages sorties tout juste de leur jungle originelle... Arabes, migrants, qu'ils soient mineurs ou pas, sont des cafards qu'il faut balayer. ». Cela dit, au cours du procès, Henri Lopez Terres a cherché à justifier ses propos devant le tribunal « On a le droit de faire part de son indignation par rapport à la dégradation d'un pays que j'adore… Je n'ai fait qu'attirer l'attention sur une invasion de migrants. Tous les soirs, j'ai huit Pakistanais qui dealent devant chez moi. Ces gens se regroupent en cluster ethnique ! » Finalement le tribunal l’a condamné à huit mois de prison ferme et 2 500 € d'amende, dont 500 € avec sursis.

10 novembre. Nouvel article du Canard enchainé concernant le non renouvellement de l’abonnement de la Pieuvre du Midi à la Médiathèque de Béziers. Robert Ménard a bien confirmé cette décision, le journal ayant le tort de ne pas être de la même obédience que lui. Christophe Pastor, son fidèle viceprésident à la culture et maire d’Alignan-du-Vent a bien volontiers entériné cette décision. Le dirigeant de la MAM, Stéphane Million, a supprimé également d’autres titres « il explique joliment que dans le cadre d’une restructuration du « pôle actualités » de la bibliothèque, il a dû faire un "désherbage". Et de citer, sans rire, le magazine « Jeune Afrique qui n’aurait pas trouvé son public». A propos de la liberté de la presse, le Canard enchainé rappelle « Le 7 octobre, chez Pascal Praud sur CNews, Robert Ménard pleurnichait encore en expliquant qu’il n’avait été invité sur France Inter « qu’il y a 4 ou 5 ans et depuis plus jamais. C’est juste mes impôts, ça me met hors de moi. ». Ce qui au passage a aussi mis Praud dans une rage folle ». Le journal poursuit « Le vrai problème, c’est surtout le gros mensonge de Ménard. Il avait été invité trois semaines plus tôt pour y promouvoir pendant 15 minutes son livre "Chère Marine". Ils servent aussi à ça les impôts de Ménard Robert et Praud Pascal ».

  1. novembre. La toute nouvelle association soutenue activement par le maire de Béziers, Espace Renaissance dirigée par Joël Fernandez a organisé un gala de solidarité afin de récolter des fonds pour construire une Maison Renaissance (800 000 euros quand même) permettant d’héberger des familles d’enfants hospitalisés de milieu modeste. 450 convives ont partagé ce repas dans la salle Zinga Zanga (probablement prêtée par la ville ?). Toute la galaxie ménardienne était présente. Les Ménard évidemment, des conseillers municipaux, le président d’honneur de l’ASBH etc. Le soutien du maire à certaines associations se fait en fonction de ses amis.
  2. novembre. Présidentielle 2022. Un nouveau sondage pour l’Obs marque le premier recul d’Éric Zemmour au profit de Marine Le Pen. Ainsi, la chef de file du Rassemblement National est donnée à 18% d'intentions de vote contre 14% à Zemmour dans l’hypothèse d'une candidature Xavier Bertrand (LR). Emmanuel Macron recueillerait à lui seul 25% des voix. Pour l'heure, on se dirige vers un nouveau duel Macron-Le Pen.  Cela dit, plusieurs enseignements proviennent également de ce sondage. Le premier, plutôt intéressant car si les hommes suivent largement Éric Zemmour, les femmes le rejettent en bloc (sans surprise vu la misogynie et le machisme qu’il a toujours défendu). En revanche, les jeunes voteraient avant tout pour Marine le Pen (25% devant Macron à 24%) et si on observe une forte popularité de Macron chez les cadres (34%), les ouvriers voteraient principalement pour Le Pen (à 32%) et pour Zemmour (à 16%). Ce qui représente 48% des voix. Enfin, si un Français sur deux (49%) a voté pour un candidat de gauche au premier tour d’une des dernières présidentielles, ils ne seraient aujourd'hui qu'un électeur de gauche sur trois à renouveler ce choix en 2022.
  3. novembre. Interview dans le Midi Libre du nouveau directeur de l’Office du tourisme de l’Agglo, Jean Muller. Il était alors chargé de mission culture et tourisme depuis octobre 2020. Il s’occupait des équipements culturels de la Médiathèque de Béziers. Venant du privé « où l’on regardait la rentabilité de chaque projet, j’aurai un regard plus pointilleux sur la rationalité économique des actions entreprises par l’office du Tourisme. »  dit-il. Cela promet surtout lorsque l’on apprend que le taux d’abonnés à la Médiathèque a chuté de près de 50% passant de 21655 à 11271 abonnés.
  4. novembre. Dans la Pieuvre du Midi, nous avons remarqué 2 articles. Le premier est une interview de Chantal Lapuerta de l’association Les Simone Veillent, à propos des affiches de pub sexistes très « ménardiennes» qui se sont répandues dans la ville pour la fête de la Bière. On y voit deux jeunes femmes en tyroliennes avec ce slogan « Plutôt brune ou blonde ? ». Chantal Lapuerta : « Encore une fois l’image de la femme est utilisée comme un objet de consommation, comme un objet sexuel sur une affiche placardée dans tout Béziers. C’est écœurant. Au-delà de la vision choquante, dégradante sur les femmes, il y a le côté incitatif à boire de l’alcool, quand on sait que c’est la première cause des violences conjugales faites aux femmes. La municipalité a démontré à plusieurs reprises qu’il y avait un réel souci avec les femmes à travers d’autres affiches, comme la femme ligotée et bâillonnée sur la voie ferrée pour la ligne TGV par exemple ou la "fessée". Il faut quand même se rendre compte qu’on paie, avec nos impôts, ces affichages horribles… En fait, c’est la copie conforme de l’image de la femme véhiculée par l’extrême droite, misogynie et conservatisme, on se croirait même à Munich avec les tenues… »

Le deuxième article de la Pieuvre du Midi est le compte rendu d’une conférence de René Viénet à la Médiathèque André Malraux sur Olympe de Gouge. Annoncée comme un événement sur 3 pages dans le journal du Biterrois avec un débat sur le « dévoiement totalitaire de la Révolution française » qui « dérange depuis des années les profs staliniens ou les ignorants » Faut dire que le journal de Ménard est franchement anti-révolution française dans le style « les tueurs qui s’emparent du pouvoir révolutionnaire détestent les femmes et les envoient à l’échafaud » Suit un pamphlet digne des royalistes « Danton et ses amis, organisent une gigantesque tuerie de 1 350 prisonniers, dont nombre de femmes et d’enfants, égorgés à coup de haches et de serpes. Marie-Olympe s’élève contre ces crimes de sang-froid ». « Elle sera donc guillotinée, alors qu’elle se déclare enceinte ».  Évidemment la Pieuvre explique « À peine 80 personnes avaient pris le chemin de l'Auditorium de la MAM. » Le public aurait dû se méfier, René Viénet quittait assez vite la Terreur et la Révolution pour aborder ses combats quasi obsessionnels « contre les profs staliniens ou les ignorants ».  Après une trentaine de minutes, René Vienet, (éditeur du livre) n’ayant plus rien à dire a enchainé sur un long discours (2H30) visant Mao, Staline, Hitler, les professeurs marxistes et l'Université gangrenés par cette idéologie, Robespierre et St-Just étant devenus la cible obsessionnelle de cet ancien militant situationniste.

Aussi, comme le reconnaît le directeur en partance de la MAM, Stéphane Million, « Un tiers du public est parti au bout de quarante minutes d'une introduction sans fin, un tiers au bout d'une heure parce que cela n'en finissait pas et un dernier tiers a applaudi, telle une victoire sans fair-play d'un Gaston. » Pendant cette séance, un professeur du lycée Henri IV, présent dans l’assistance et jusqu'alors familier de la MAM, fit d'ailleurs une mise au point salutaire sur la mission des enseignants, sur la vérité historique, et récusa, sous les applaudissements d'une assistance de plus en plus clairsemée, la vision caricaturale du conférencier. À noter que la revue Media, fondée et dirigée par Emmanuelle et Robert Ménard, a accueilli un de des articles de René Viénet et que ce dernier a longtemps résidé à Taïwan où il représentait la Cogema, fleuron de l'industrie nucléaire française »

15 novembre. Réunion du Conseil communautaire de l’agglomération. Ils ont voté  une délégation des compétences de l’agglomération vers son président Robert Ménard. Ce qui veut dire que le maire de Béziers dépossède  les autres vice-présidents de leurs compétences et s’octroie presque tous leurs pouvoirs. Nicolas Cossange (élu PCF) a interrogé Rober Ménard sur ce qui reste aux autres élus communautaires en ajoutant à juste titre « la démocratie n’est pas vraiment votre fort ». De son côté, Florence Taillade (groupe d’opposition) explique que Robert Ménard « décide seul, se désintéresse de l’avis des autres maires, n’organise aucune réunion de travail sauf si il y est contraint par des actes réglementaires alors qu’il fait en permanence l’éloge de la concertation dans ses interventions télévisuelles ». La Pieuvre du Midi avait expliqué que cette formulation dissimulait (mal) une dépossession des pouvoirs au Conseil communautaire.

Entre autres, le président sera désormais compétent pour :

Préparer, passer, exécuter, régler ou résilier tous les marchés.

Composer les jurys de concours, les convoquer, indemniser leurs membres.

Intenter toutes actions en justice, fixer et régler les honoraires des avocats.

Louer ou donner à bail tout "meuble ou immeuble".

Attribuer toute subvention inférieure ou égale à 23 000€.

Demander aux organismes publics ou privés tout subvention.

Procéder à la réalisation de tout emprunt et ouvrir toute ligne de trésorerie dans la limite de 12 M€.

Autoriser tout dégrèvement sur les factures des usagers et prononcer les ad- missions en nonvaleur.

Donner un avis sur les projets de PLU des communes limitrophes.

Exercer le droit de préemption.

Bien d'autres attributions sont déléguées comme la participation aux actions de promotion économique, aux actions culturelles, sportives jusqu'aux subventions pour l'acquisition de vélos à assistance électrique. En résumé il ne restera plus maintenant au conseil d'Agglo que le vote du budget.

  1. novembre. Un courrier a été adressé au président de l’OPH de l’Agglo,  Gérard Abella, à propos d’une série de licenciements et de procédures en cours pour des faits de harcèlement au sein de l’office HLM. N’ayant aucune réponse de la part du président Pro-Ménard, Roselyne Pesteil a écrit aux membres du CA « Je ne peux accepter la passivité dans cette affaire, certaines personnes sont en danger. Il semble urgent que tous ensemble nous débloquions cette situation. En fait, les salariés de l’OPH mettent en cause la directrice générale adjointe compagne du président Abella qui est passée en 5 ans d’agent administratif à Directrice générale par intérim.
  2. novembre. Article du journal en ligne, Envie à Béziers (EVAB) autour de la »Présidence autoritaire" souhaitée par Robert Ménard » : une des lectrices explique que lors des dernières élections, elle a collé un autocollant anti-Ménard sur l’affiche du candidat RN mais qu’une dame l’a vu en hurlant sale gauchiste pendant que son fils notait sa plaque d’immatriculation « Quinze jours plus tard, je recevais un coup de fil de l’association dont je suis présidente. Robert Ménard en personne venait de les appeler pour leur demander de me dégager de la présidence, sans quoi, même si l’asso ne touche pas de subventions, finis les prêts de salles ou autres… pour ne pas mettre l’asso en péril, j’ai fait ma lettre de démission ». Mais ce n’est pas tout « Deux mois plus tard, la BAC s’est présentée à mon domicile pour me convoquer car le maire avait porté plainte contre moi pour diffamation et dégradation d’affiche électorale. Après deux heures passées dans les locaux, le major qui m’interrogeait m’a laissé sortir libre avec un rappel à la loi…Un mois plus tard, je devais me présenter devant le procureur de la république… Mais je suis tombée sur un proc bienveillant qui n’a pas vraiment approuvé que Robert Ménard ait fait pression pour me faire virer de l’asso. Notre entrevue s’est terminé sur ses mots : « C’est Ménard… »… Imaginons un instant, un Robert Ménard ministre de l’intérieur !
  1. novembre. Emmanuel Macron a visité l’entreprise Genvia de Béziers qui doit  produire des électrolyseurs pour la filière hydrogène. Bien entendu les Ménard(s) sont allés le saluer lors de sa visite. Mais dans le journal du Biterrois ils s’approprient cette rencontre par ses mots « Le Maire de Béziers et président de l’Agglo, Robert Ménard, et la députée de la 6ème circonscription de l'Hérault, Emmanuelle Ménard ont reçu le chef de l’État sur le site de la Cameron ». Même pour l’aide de l’Etat de 200 millions d’euros à cette entreprise, on veut nous faire, dans ce journal, que c’est le maire qui a « arraché ce contrat » . Cela dit pour beaucoup de ses supporters, il en a fait des tonnes (pour ne pas dire de la lèche !). En effet, sur les réseaux sociaux, une majorité de followers (suiveurs) de Robert Ménard ont hurlé : « Collabo » ; « Paillasson de Macron » ; « Girouette »... Dans une interview sur Boulevard Voltaire Robert Ménard affirme que  « ses amis politiques" se comportent comme les autres politiciens, en « imbéciles », en refusant a priori de « reconnaître lorsqu'une décision d'Emmanuel Macron va dans le bon sens ».
  2. novembre. Éric Zemmour était jugé pour ses propos ignobles sur un plateau TV à l'encontre des mineurs isolés : « Ils n'ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c'est tout ce qu'ils sont, il faut les renvoyer et il ne faut même pas qu'ils viennent ». Si le potentiel candidat raciste à la Présidentielle n'était pas présent lors de l'audience, la procureure de la République a en revanche estimé qu'il était coupable des chefs d'accusations. Pour elle « Les limites de la liberté d'expression ont été franchies » car « Sous couvert de parler des mineurs, il vise la population immigrée ».  En conséquence, elle a réclamé « 100 jours amende à 100 euros » (10 000 euros) en guise de condamnation. et 5 000 euros d'amende, pour la chaine de télévision C-News qui a diffusé ces propos sans y voir un problème.

La décision du tribunal sera rendue le 17 janvier 2022. En attendant, les intentions de vote pour ce candidat baissent au profit de Marine Le Pen. D’autre part, quelques-uns de ses supporters le lâchent. Ainsi Jean-Marie Le Pen déclare qu’il a fini par « brûler ses cartes sans s’en rendre compte ». Et sa fille d'expliquer qu’il « peut représenter une réserve de voix (pour le second tour) plus importante que celle de Nicolas Dupont-Aignan à la dernière présidentielle ». Zemmour contribue-t-il à rendre le RN plus acceptable ?

  1. novembre. Jacques Bompard (maire d’Orange et ami du couple Ménard) vient d’être condamné à un an de prison avec sursis, 30 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêt après avoir facilité des transactions immobilières pour sa fille et lui-même via une société immobilière. Malheureusement pour les habitants de cette ville du Vaucluse, la dynastie Bompard continue car le maire sera sûrement remplacé par son fils Yann.
  2. Novembre. Un agent de la BAC de Montpellier a été filmé en train de donner deux coups de poing au visage d’un homme interpellé et menotté avant qu’il ne soit embarqué, inconscient. La vidéo circule sur le Net. Les faits se déroulent, place de la Comédie, peu avant 6 heures du matin et concernent un groupe de fêtards qui viennent de taguer de « gros blocs de bétons devant l'Opéra ». Là, quatre individus surgissent d’une voiture banalisée de la Brigade anticriminalité (BAC) et se ruent sur eux sans se présenter, ni porter de brassard « Police ». La situation dégénère rapidement puisque l’homme violenté fait l'objet de quatre jours d’ITT pour une lombalgie, un hématome au nez et une lésion à la dent. Mais, chose incroyable, c’est lui qui est convoqué par le tribunal correctionnel pour violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique car, selon la version des policiers, l'individu interpellé a été « violent et insultant ». À ce niveau d’injustice, on se demande si la BAC de Montpellier veut rivaliser avec la police municipale de Béziers.

18 novembre. À l’initiative d’un groupe de travail lié à la paroisse protestante, une cinquantaine de personnes ont fait un cercle de silence pour dire « Halte à la discrimination et à la traque aux migrants », dénoncer un climat de surenchère xénophobe et demander la libération de 5 militants d’un collectif de sans-papiers…

  1. novembre. Alors que plusieurs instituts de sondage confirment désormais le recul d’Éric Zemmour (de 19 à 17%) dans les intentions de vote pour les présidentielles, Robert Ménard commence à prendre ses distances avec son « ami qu’il avait reçu en grande pompe dans la salle Zinga Zanga. Invité sur BFMTV, le maire de Béziers, qui soutient Marine Le Pen et Éric Zemmour, a estimé que ce dernier avait fait une faute politique grave au Bataclan en s’en prenant à François Hollande le 13 novembre dernier devant les caméras de télévision. « On ne peut pas parler de l'immigration, que de l'immigration, toujours de l'immigration. C'est une question centrale mais ce n'est pas la seule question » a expliqué Robert Ménard en ajoutant : « Je crois que ça finit par faire peur, les propos qu'Éric tient » et « Peut-être qu'il lui manque l'expérience de la vie ». Un nouveau positionnement du maire de Béziers ? En attendant il soutient toujours Marine Le Pen même s’il critique toujours son programme économique jugé pas assez libéral et trop à gauche (par exemple sur la retraite à 60 ans). Maintenant, il explique qu’il se sent maintenant plus proche d’Éric Ciotti. Au fond, Robert Ménard suit simplement la courbe des sondages tout en cherchant à se placer.
  2. novembre. Bruits de « poudre » dans le Tarn-et-Garonne et en Gironde. Depuis leur interpellation, deux militants de l’extrême droite radicale ont été déférés et mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste et provocation directe par un moyen de communication en ligne à un acte de terrorisme ». Il s’agit de Dominique D, un jardinier, agent municipal à la mairie de Montauban, ville anciennement dirigée par la raciste, Brigitte Barèges et ex alliée de Robert Ménard, et d’un autre homme de 60 ans, chasseur et originaire de Saint-Denis-de-Pile, près de Libourne (Gironde), qui lui aurait vendu des armes. Ce dernier était connu de la justice pour meurtre et déjà condamné à une peine de réclusion criminelle. Les deux interpellés appartiennent à une tendance qui vise à accélérer et encourager les affrontements entre communautés pour que les « blancs » y survivent. Ils publiaient des messages très violents et expliquaient qu'il fallait se préparer à la guerre civile en s'armant. D’ailleurs, « Plusieurs dizaines d'armes de toutes sortes, ainsi que du matériel entrant dans la composition d'explosifs » avaient été découverts lors de perquisitions. Les deux militants échangeaient pour effectuer d’autres « achats d'armes », a précisé la une source policière.

21 novembre. Le collectif « Air Saint Montimas » communique sur les gaz odorants à proximité de la décharge de Saint-jean-de Libron « Cela fait 3 semaInes que les odeurs sont fortement de retour mais pour les responsables de l’Agglo, ce n’est pas grave, c’est juste passager… car ils font des travaux. » Merci M. Ménard qui affirmait il y a peu de temps encore « prendre le problème à bras le corps ».

23 novembre. Les arrestations se multiplient au sein de l’extrême droite violente, bien décidée à imposer ses thèses par la force. Il y a eu le procès de l’OAS en octobre dernier, puis de deux hommes (dont un de Montauban). Maintenant ce sont 13 membres du groupe Recolonisation France qui ont été interpellés en Ile-de-France et dans le Sud. Ils avaient appelé à constituer quatre groupes armés en vue d’une guerre civile, en raison de la présence de migrants. En fait tous ces groupes ont la même idéologie que les Ménard(s), Zemmour ou Le Pen. Ils luttent tous contre ce qu'ils appellent « le grand remplacement » et  lancent des appels à la lutte raciale. Certains se contentent de diffuser la haine et les autres veulent passer à l’action. Parfois cela commence par des menaces. Ainsi, Mathieu Molard, le rédacteur en chef du média en ligne Street Press, « a reçu 12 heures seulement après la sortie de leur enquête sur des militants soutenant la campagne d’Éric Zemmour, plusieurs milliers de messages publics ou privés d'insultes ou de menaces de mort ».

  1. novembre. Énorme succès à la Colonie Espagnole pour le concert de soutien à la Pieuvre du midi interdit dernièrement à la Médiathèque. Près de 500 personnes sont venues pour dire « Non, Robert Ménard, le suffrage universel ne vous donne pas les prérogatives d’un roitelet sur son domaine. Non, la censure politique n’est pas normale en démocratie ».
  2. novembre. Au lendemain de la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, le Zonta club de Béziers a fait déployer une guirlande de fanions orange près du parvis du théâtre municipal. pour sensibiliser les passants à ces drames. L’idée de regrouper tous les services impliqués en un même lieu et si possible près de l’hôpital est appuyée par la Ville et l’Agglo a expliqué Robert Ménard et a le soutien de son épouse. Signalons tout de même que  l’extrême droite tente de récupérer ce juste combat en désignant les étrangers comme les responsables de ces violences.

29 novembre. La Jeune Garde, organisation antifasciste, vient d’ouvrir une branche dans la ville languedocienne. Elle a été lancée sur la ville de Lyon en 2018 puis à Strasbourg et à Paris. La région lyonnaise est une terre d’implantation historique de l’extrême droite activiste : on y trouvait un centre de la Gestapo. Aujourd’hui ses héritiers, identitaires, néofascistes ou royalistes, utilisent Lyon régulièrement comme base arrière pour leurs agressions (attaques de manifestations, saccages de bars, de librairies, et coups de couteau). Mais Lyon est également la capitale de la Résistance. Un important mouvement antifasciste organise la riposte. Le dernier groupe en date reprend donc le nom historique de Jeune Garde, porté dans le passé par des groupes d’autodéfense liés au mouvement ouvrier. Il se réapproprie également le symbole des trois flèches. Après un développement rapide sur Lyon, d’autres villes rejoignent la dynamique, Strasbourg en 2019, puis Paris en 2020, aujourd’hui Montpellier. L’objectif : rendre l’antifascisme accessible à un maximum de personnes et participer aux mobilisations contre l’extrême-droite, voir les impulser en travaillant avec d’autres organisations syndicales ou politiques. Dans ce contexte, la Jeune Garde a également impulsé une campagne d’affichage et de tractages visant à informer la population sur ces dangers, en ciblant les discours d’Éric Zemmour et de Marine Le Pen durant cette campagne électorale. Se mobiliser contre les violences d’extrême droite (à Lyon, le 23 octobre, puis à Paris, le 27 novembre) n’a rien de folklorique au regard de l’actualité. Prochaine date : le 5 décembre, une inter-orga regroupant la centrale syndicale Solidaires, la CGT et la Jeune Garde appelle à contrer la venue d’Éric Zemmour à Paris.

29 novembre. Pendant plusieurs jours jusqu’au 3 décembre, le festival Migrant’scène de La Cimade de Béziers s’est tenu dans leurs locaux avec cette thématique haut combien actuelle « Résistance(s) ». Des projections de films, des animations, des expositions, des pièces de théâtres, ont eu lieu pour résister aux amalgames sur les migrations face au regain des discours de haine.

 

DECEMBRE

 

1er décembre. Dans la nuit du mercredi à jeudi, des colleurs d’affiches de « Génération Z Occitanie » se sont fait agresser verbalement puis physiquement par 3 antifascistes dans les rues de Montpellier. Au fond, il semble que le discours de haine divulgué par Éric Zemmour récolte la colère.

1er décembre. La rubrique culturel du journal du Biterrois vante le dernier James Bond « Mourir peut attendre » avec ce commentaire étonnant « Voir ce film pose question : on a l’impression de braver un interdit. S’il n’était issu de la célèbre franchise et des livres de Ian Fleming, le scénario serait refusé par tous les grands argentiers du système ». Mais le côté machiste du journal de Ménard continue avec ses mots « Il reste ce film ultime, aimanté par la belle et étrange Léa Seydoux, femme fatale et fœtale, poème de peau récité à bout de lèvres par un Daniel Craig plus surhomme que jamais. » Et pour les livres, ils commentent un livre sur l’empire austro-hongrois « Ce pays immense et bizarre fut aussi le laboratoire du « vivre-ensemble » et cela ne s’est pas bien terminé… ». Pour le journal de Béziers ce n’est pas les luttes contre la domination d’un Empereur qui comptent «  L’empire dirigé par Vienne, rassemblait des peuples composites qui pourtant, vivaient ensemble.. Le superbe château de cartes, ressemblant par moment à notre Union européenne, a fini par s’écrouler. ».

2 décembre. La crèche revient dans le hall de la mairie. Pour le maire cette crèche est l’une des attractions les plus appréciées car c’est « un condensé d’amour et d’universel, elle séduit aussi par sa beauté toute simple, par l’émouvante scène bucolique qui nous ramène à un monde heureux ». Il semble que l’État ne veuille plus faire respecter la loi qui interdit la présence de toute manifestation à caractère religieux dans les bâtiments publics. À noter aussi que deux agents municipaux sont affectés au service de la Cathédrale de Béziers, depuis cet été au nom du label « ville d’art et d’histoire » et ils assurent l’ouverture, la garde et la fermeture de la Cathédrale.

2 décembre. Le mineur impliqué dans les violences contre l'arbitre du match Marseillan - La Peyrade était devant la justice.  Beaucoup d’arbitres avaient fait le déplacement car deux adultes sont aussi mis en cause dans ce dossier, le coach (suspendu de club pour un an) et le président du club (suspension de 3 mois). Des sanctions que nombre d’entre eux trouvent trop légères « Nous ne voulons pas que l’expression "à bas l’arbitre" rentre dans la culture footballistique. Nous pouvons faire abstraction des insultes venant des tribunes. Pas celles venant des joueurs. Il ne faut pas banaliser les violences. Nos instances doivent mieux nous soutenir et être plus présentes à nos côtés. ». L’avocat de l’arbitre a expliqué « Il a encore des problèmes de santé depuis cet accident à Marseillan. Il a peur de se retrouver sur un terrain et ce n’est pas acceptable. Il n’y a pas que les coups qui sont des violences. » Devant le juge des enfants, le mineur a reconnu les faits d'injures raciales et de violences aggravées. En attendant, la délibération des mesures éducatives ont été décidées. Le jeune mineur sera suivi par la PJJ.

  1. décembre. Le nouveau numéro du magazine Complément d'enquête est consacré à 4 polices municipales dont celle de Béziers car leur nombre a doublé ces dernières années. Bien entendu, le reportage a évoqué la mort de Mohamed Gabsi au mois d’avril 2020, à la suite d’une interpellation par les policiers du GSI, le Groupe de surveillance et d’intervention. Évidemment, leurs manières "musclées" d’interventions et leur vision raciste sont révélées par un témoignage anonyme d’un policier qui affirme « Ce sont des personnes qui agissent sous une forme d’impunité plus dans la répression que dans la prévention. ». Dans ce reportage, on voit aussi que Robert Ménard refuse toujours de s’expliquer publiquement sur ce drame. Suite à ce reportage, les deux avocats défendant les policiers sont scandalisés par la violation du secret de l’instruction et ont décidé de porter plainte.
  2. décembre. Damien Fleurette, coréalisateur du film sur 4 polices municipales pour « Complément d’enquête » revient sur son travail dans la Pieuvre du Midi. Il explique qu’après le double refus de suivre des opérations de la police municipale et de l’interview du maire « nous voulions filmer des voitures de police dans la ville. Or un agent est venu nous dire qu’il ne voulait pas que ces images soient filmées. Il nous a fait part de son désaccord et de mécontentement et a relevé nos identités en nous indiquant qu’il allait en rendre compte à sa hiérarchie... Nous avons réussi à contacter un policier municipal qui a accepté de témoigner à visage couvert via une conversation par téléphone. Sa voix a été déformée pour le protéger, il nous a confirmé les propos racistes qui se tenaient au sein de la police municipale et l’impunité de certains agents, notamment ceux qui composent la brigade de nuit qui a interpellé Mohamed Gabsi et qui, selon lui, est sur-protégée par la hiérarchie, c’est à dire le chef de la police et le maire de Béziers en personnes… Nous avions filmé lors de l’inauguration de la bibliothèque de Daniel Cordier, le maire nous a dit « Ce n’est pas le lieu pour en parler. On vous a indiqué que nous nous exprimerons plus tard sur ce sujet… Puis comme nous rentrons dans le vif du sujet, il a changé de ton « C’est une honte… C’est indécent, j’ai passé 30 ans de ma vie à défendre les journalistes pour que vous fassiez ce genre de reportage ? C’est indécent »

5 décembre. Déjà à la sortie du plateau de TF1, Éric Zemmour avait traité de connard le journaliste dont il n’avait pas apprécié les questions, aussi, il n’est donc pas surprenant que ses supporters se soient déchainés contre certains journalistes et surtout contre les militants de SOS Racisme venus déployer un slogan « Non au racisme ».

5 décembre. Élection municipale à Mèze. Le candidat d’extrême droite Gilles Phocas n’obtient heureusement que 6,5% des voix. Il était soutenu officiellement par Robert Ménard, Nicolas DupontAignan et Sébastien Pacull (élu d’extrême droite de Sète). Maigre résultat malgré le soutien du maire de Béziers qui disait de lui « Je le connais bien… C’est un homme ouvert et pragmatique…. Comme moi, il prône le rassemblement de tous ceux qui sont rattachés à nos traditions, à notre culture, à nos valeurs, à ce qui fait la grandeur et la beauté de la France ».

  1. décembre. Et voilà le nouveau mouvement d’Éric Zemmour, « Reconquête » dans le département de l’Hérault. Il est dirigé par une enseignante à la retraite Nicole Mina, ancienne militante du FN qu’elle avait quitté « le jour où Marine Le Pen a assuré que l’Islam était compatible avec la République ». Elle affirme que son mouvement compterait près de 400 volontaires au militantisme dans le département et que le gros des troupes est issu des Républicains qui ne voulaient plus aller voter. En Occitanie, la référence de ce mouvement revient à Chantal Dounot (77 ans) qui a passé plus de trente ans au sein de la droite républicaine, au RPR et à l’UMP et qui fut notamment la colistière de Dominique Baudis et de Philippe Douste-Blazy avant de rejoindre le Front national, et d’être élue au conseil régional d’Occitanie en 2015, sur la liste de Louis Aliot.
  2. décembre. L’extrême droite ultra violente sévit toujours sur Montpellier. Vers 22H30, un groupe d’une quinzaine d’individus cagoulés ont frappé un passant et jeté des bouteilles de verres le local associatif Barricade. Il y a eu deux blessés.
  3. décembre. Deux maires de petites villes autour de Béziers, jusque-là dans l’opposition, rejoignent le clan de Robert Ménard au sein de l’anglo. Alain Biola, maire de Bassan sera donc vice-président en charge de l’enseignement supérieur et Gérard Boyer maire de Coulobres, vice-président en charge de l’écologie et des énergies renouvelables. Il semblerait que le salaire de plus de 2 000 euros pour une vice-présidence a pesé dans ces choix. À noter également qu’un autre maire de l’agglomération, JeanClaude Renau, à Lignan-sur-Orb, vient d’être condamné, pour harcèlement moral envers trois agents de ses services techniques, à une peine de 5 ans d’inéligibilité.
  4. décembre. Le Conseil Municipal de Béziers a, entre autres, voté la cession du Foyer Montibel à une société du promoteur Arikan alors que le bâtiment intéressait le département pour en faire un lieu d’accueil pour les femmes victimes de violences. Il a aussi voté une aide de 400 000 euros et un supplément de 236 000 euros pour le club de Rugby, sans véritable explication. Enfin, dans le genre « Big brother is watching you », la ville va bénéficier d’un véhicule équipé d’un système de lecture automatisée des plaques d’immatriculation (Lapi) afin d’optimiser le contrôle du stationnement et de lutter contre les incivilités.
  5. décembre. Justice de classe ? La maire de Montauban, Brigitte Barèges (LR) vient d’être relaxée en appel de sa condamnation à 12 mois de prison avec sursis, 15000 euros d’amende et de cinq ans d’inéligibilité dans une affaire de détournement de fonds publics. Elle devrait retrouver ses fonctions de maire.

16 décembre. Depuis qu’elle a été désignée candidate pour les Républicains Valérie Pécresse grimpe dans les sondages. Elle se retrouve aujourd’hui à 17 %, au coude-à-coude avec Marine Le Pen 16% mais devant Éric Zemmour avec 12% d’intention de vote. Cela dit, la candidate de la droite française risque de droitiser encore plus ses propositions, pour séduire l’électorat extrémiste et l’emporter au deuxième tour.

  1. décembre. Suite à un appel impulsé par la Libre pensée et signé par l’ensemble des syndicats, partis et associations de gauche de Béziers afin de dénoncer l’installation de la crèche de la nativité au sein de la mairie au nom des principes de la laïcité, le sous-préfet de Béziers Pierre Castoldi (ancien Chef du cabinet du ministre de l’immigration, Brice Hortefeux) répond « Il apparait que cette année encore la communication municipale a porté sur les fêtes dans leur ensemble, faisant état de l’installation d’une crèche parmi d’autres.  J’ajoute que lors de son discours d’inauguration dont les propos m’ont été rapportés, le maire de Béziers, accompagnés par des représentants  d’autres cultes, n’a pas tenu de propos à caractère religieux, conservant à cet événement un caractère festif. Dans ces conditions, je n’estime pas opportun de demander au maire de Béziers de renoncer à cette installation. ». Une pétition est en ligne s’adressant directement au Président de la République afin qu’il fasse respecter la loi par le maire de Béziers qui « viole délibérément, pour la septième fois, l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 ».

https://www.petitionenligne.fr/creche_de_la_nativite_dans_lhotel_de_vil… er_la_loi_de_1905

  1. décembre. La Pieuvre du midi nous apprend que le maire de Béziers à un salaire qui s’élève au total à 7976 euros brut par mois (mairie, Agglo et Scot réunis). Les vice-présidents de l’agglomération 2567 euros par mois et les conseillers communautaires de l’opposition seulement 233, 33 par mois (2800 annuels).
  2. décembre. À Montpellier, suite à l’attaque lors de l’inauguration du local de Barricade, par une douzaine de militants fascistes le samedi 11 décembre, environ 200 personnes se sont réunies devant le local associatif avant de partir en manifestation dans les rues de Montpellier en soutien à l’association.

Il semblerait que les fascistes appartiendraient ou appartiennent ? aux Jeunesses Saint-Roch et à la Ligue du Midi.

20 décembre. Le dernier conseil de l’Agglo Béziers Méditerranée, a confirmé le ralliement des maires de Bassan et de Coulobres, dans la majorité de Robert Ménard. Florence Taillade pour l’opposition a lancé, avant de sortir avec son groupe,  « En acceptant ces délégations, ils valident un isolement stratégique et politique, une communication outrancière et opaque, une stratégie d’investissement tournée massivement vers la ville de Béziers, le démantèlement et la réduction des services publics, l’agitation permanente sur les gros dossiers économiques sachant que les réalités se situent à un autre niveau et seront imposés. » Et de conclure « Nous vous laissons entre vous, cela ne vous changera pas beaucoup. » Évidemment les deux maires ont été élus à l’unanimité des présents. Ils ont rejoint la table des vice-présidents sous les applaudissements de la majorité.

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Un bonus sur Zemmour (pour commencer la nouvelle année). Un article circule actuellement, autour du livre de Gérard Noiriel, paru en 2019 Le Venin dans la plumeL’auteur réfléchit sur la fabrique des discours de haine en se basant sur le livre d’Éric Zemmour intitulé Destin français. Gérard Noiriel essaye de comprendre pourquoi les thèses résumées aujourd’hui par le slogan du « grand remplacement » ont autant d’impact dans l’opinion. En fait, explique l’auteur « ses propos sur Pétain, sur l’immigration, sur le féminisme ont été assez critiqués, mais pratiquement personne ne s’est fermement élevé contre le discrédit sur les historiens. Or défendre l’autonomie de la recherche historique face à la politique politicienne, est un devoir civique. Ceux qui l’oublient ne devraient pas s’étonner que le « populisme ait le vent en poupe ». Ce n’est nullement un hasard si les deux pseudohistoriens réactionnaires que Marc Bloch dénonce dans son Apologie pour l’histoire, Charles Maurras et Jacques Bainville, soient les deux principales références d’Éric Zemmour. D’ailleurs, la comparaison avec Édouard Drumont s’est imposée très tôt car tous les deux proposent une version de l’histoire de France contre ce qu’ils appellent « l’histoire officielle ». Parmi les commentaires négatifs que Gérard Noiriel a reçus, certains l’ont accusé de faire le jeu des « islamo-gauchistes » parce qu’il a comparé l’antisémitisme de Drumont à l’islamophobie de Zemmour. Or la question de la vérité est un enjeu majeur dans le combat que mènent les idéologues du « grand remplacement ». Les historiens qui se contentent de dénoncer les « erreurs » de Zemmour au nom des vérités de leur science ont raison de le faire, mais ce n’est pas suffisant. Ils ne peuvent pas lutter efficacement contre ce genre de polémiste, c’est pourquoi il fallait s’intéresser à la réception de ces discours. En fait, l’un des grands points communs entre la prose de Drumont et celle de Zemmour c’est que tous deux développent un discours de vérité. Leurs adeptes (comme le montrent les commentaires des fans de Zemmour sur les réseaux sociaux) sont convaincus eux aussi que ces polémistes disent vrai. Il faut donc analyser leur « grammaire » et étudier la rhétorique (l’art de bien parler pour convaincre) que développent les polémistes réactionnaires. En fait, il s’agit dans les deux cas d’une histoire identitaire qui met en scène deux grands personnages : une victime (la France) et un agresseur (l’étranger.) La mobilisation des émotions des lecteurs est renforcée en exploitant les ressources de la tragédie : Drumont annonce la disparition prochaine de la France si elle ne se révolte pas contre la domination juive. C’est la même que l’on retrouve dans les livres de Zemmour, sauf qu’il situe « le grand remplacement » dans les classes populaires. Les immigrés « noirs et arabes », musulmans pour la plupart, font la loi dans les banlieues et veulent islamiser la France car leur religion les pousse à haïr les juifs et les chrétiens. Les deux polémistes convergent aussi pour exploiter les ressources d’une rhétorique consistant à inverser les rapports dominants/dominés. Les minorités présentées comme des victimes sont en fait des agresseurs, qui « nous » dominent ou s’apprêtent à le faire. La force de persuasion de ce type de discours est accentuée par l’usage du « nous », pronom personnel qui crée une connivence entre celui qui écrit et celui qui lit (ou qui écoute). L’effet est accentué par la posture de victime que les deux polémistes réactionnaires adoptent constamment. Ils peuvent parler au nom de la France parce qu’eux aussi sont maltraités. Les élites qui contrôlent l’État, l’université, les médias, sont au service du « parti de l’étranger » pour reprendre une formule qu’affectionne Zemmour. Voilà pourquoi ces élites les méprisent, leur font des procès. Et quand ils sont condamnés, c’est la preuve que la justice elle-même est complice.

Pour renforcer l’identification des lecteurs issus des milieux modestes, nos deux polémistes rappellent avec complaisance leurs « origines populaires ». Quand on sait que Zemmour a fait fortune avec ses livres, qu’il habite dans un appartement cossu du VIIIe arrondissement de Paris, qu’il fréquente assidûment les cercles de la grande bourgeoisie, on se dit que l’ère des Trump à la française est peutêtre plus proche qu’on ne le croit ! On comprend qu’au sein des classes populaires, celles et ceux qui sont victimes des injustices et de la violence du système capitaliste, puissent être séduits par ce type de rhétorique. Toutefois, cet impact dans le grand public ne peut pas s’expliquer ainsi complètement, il faut aussi se pencher sur une autre dimension : celle qui concerne les médiateurs, c’est-à-dire les journalistes. Le venin que les polémistes comme Drumont ou Zemmour mettent dans leur plume est une sorte de carburant nécessaire pour faire tourner le moteur médiatique. Ce n’est pas un hasard si un personnage comme Drumont s’est imposé au moment même où le capitalisme s’emparait du marché de l’information (fin du 19    début du 20    siècle). La concurrence effrénée que se livrent les grands journaux de l’époque (et les chaînes télévisées d’aujourd’hui) les contraint à une course à l’audience dont ils profitent.

Edouard Drumont a joué un rôle fondateur dans la fabrique de ces discours de haine en mettant au point les trois grandes règles qu’applique aujourd’hui un polémiste comme Zemmour : 1) ressasser constamment les mêmes thèses en se maintenant au centre de l’actualité (grâce à la multiplication des polémiques). 2) privilégier des exemples frappants (crimes, attentats, etc) et 3) parler à demi-mot (c’est le modèle des « petites phrases » lepénistes), qui fonctionnent sur le mode des sous-entendus, des allusions racistes, pour provoquer des polémiques et des plaintes en justice, de façon à entretenir la posture victimaire du « politiquement correct »).

Pour conclure, même si nous vivons aujourd’hui (en France) dans une société beaucoup plus pacifique que les générations précédentes, nous ne pouvons pas savoir ce que l’avenir nous réserve. Les massacres perpétrés ces dernières années au nom du « grand remplacement » prouvent que le venin dans la plume peut encourager une violence inouïe chez les fanatiques.

 

 

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