Il appartient aux syndicats de porter les luttes contre le fascisme et l'idéologie d'extrême droite

Qui sommes nous ?

VISA est une association intersyndicale composée d’une cinquantaine de structures syndicales : la FSU et plusieurs de ses syndicats, l’Union Syndicale Solidaires et plusieurs de ses syndicats, des fédérations et des syndicats de la CGT, de la CFDT, de la CNT, de l’UNEF et le syndicat de la Magistrature.

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En bref

Dans un tract appelant à manifester contre la venue de Marine Le Pen le 19 avril à Marseille, les deux syndicats dénoncent le volet judiciaire du programme de la cheffe du Front National. Un exemple à suivre pour d'autres branches où l'appel nécessaire à faire barrage au Front National ne sera que renforcé par une dénonciation concrète de ses projets pour les salarié-e-s et/ou usagers concerné-e-s.
À Charlottesville (Virginie), samedi 12 août, Heather Heyer, militante antiraciste, est morte, écrasée par un assassin néo-nazi, en manifestant contre le rassemblement “Unite The Right” organisé par l’extrême droite qui voulait honorer la mémoire d’un esclavagiste, le général Lee.  Ce meurtre d’aujourd’hui n’est pas isolé, c’est le dernier d’une longue liste d’agressions et crimes fascistes aux Etats-Unis, comme dans le reste du monde et notamment en Europe (France, Grèce, Espagne). Ce meurtre a suscité l’indignation quasi-générale, comme en France où même le FN, en quête de respectabilité, a été obligé de prendre ses distances avec le président Trump qui renvoie dos à dos néo-nazis et militant-es antiracistes, après en avoir fait un modèle.  Mais au-delà de ces condamnations morales de ce qui s’est passé « outre Atlantique » et qui serait « incompréhensible vu d’ici »,...
Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession, tient à apporter son total soutien à Julie Hainaut. Cette journaliste subit depuis le 12 septembre un torrent de menaces et d’injures immondes, suite à la publication d’un article critique sur un bar dans l’hebdomadaire lyonnais Le Petit Bulletin.   Sous le titre « Lyon : une pute à nègres féministe veut détruire un bar à rhum ''colonialiste'', mobilisation ! », un organe qui se qualifie lui-même de « site le plus raciste de la fachosphère » n’hésite pas à la traiter de « femelle négrophile » ou de « hyène terroriste » avant de s’en prendre à la « vaginocratie négrophile », de demander l’adresse de cette consœur - une menace lourde de sens - et d’appeler à inonder son mail et son compte twitter.   Admettre qu’une journaliste professionnelle, qui n’a fait que son...
  La CGT 34 et l'UL de Beziers, avec Solidaires et FSU 34 viennent de lancer, avec les organisations féministes locales, une pétition appelant le préfet à retirer les affiches violentes et sexistes placardées partout par Robert Menard. Il semble en effet très important de construire un rapport de force en partant des habitant.es et salarié.es de Beziers et de sa région.   La répression va être rude, surtout pour la camarade de Beziers, il est donc essentiel que cette pétition fasse un tabac.   Une mise à jour ser faite au fur et à mesure pour annoncer les soutiens d'organisations ou d’élu.es.   Merci de signer et de diffuser cette pétition en cliquant ici
"Contre le racisme et la xénophobie, antifasciste tant qu’il le faudra". C’est l’un des chants que scandent, ce mardi depuis 8h, les personnes rassemblées contre le groupuscule identitaire la Ligue du Midi, jugé ce matin pour avoir saccagé, le 30 juin dernier, les locaux de l’association Réseau Accueil Insertion Hérault, une association qui aide les mineurs isolés, pour le compte du Département.   Suite à l’appel d’une quinzaine d’associations - dont la Section de Montpellier de la Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty International, Esprit Libre 34, ou encore Sud Santé Sociaux / Solidaires - entre 70 et 80 personnes ont répondu présent à ce rassemblement, selon la Gendarmerie.   Pour Daniel Martin, directeur du Réseau accueil insertion Hérault (RAIH), il s'agit d'un "groupe identitaire, raciste bien évidemment, qui voulait s’attaquer au fait que notre association s’occupent de mineur isolés...
Appel unitaire "Fermons l'Arcadia, local fasciste à Strasbourg" Deuxième manifestation le 20 janvier 2018 L’Arcadia, local/bar du mouvement néo-fasciste "Bastion Social" qui a officiellement succédé au GUD, a été inauguré à Strasbourg le 9 décembre. Le même jour, une manifestation forte de 400 personnes avait alors défilé dans les rues de la capitale alsacienne pour refuser l’implantation de ce local. Nous soulignions alors qu’en prétendant lutter contre la misère sociale, les fascistes entendaient surtout disposer d’un QG pour la préparation d’agressions.    Et nous avions malheureusement raison : le soir même de l’inauguration, un jeune homme d’origine algérienne a été violemment agressé par un groupe de vingt personnes. Deux ont été arrêtées et jugées : l’une d’elle, Thomas Beauffet, une figure de premier plan du Bastion Social à Strasbourg, a été condamné à huit mois de prison ferme.  En...
  Communiqué de la fédération Solidaires étudiant-e-s, émanant de sa commission Antipatriarcat, au sujet du harcèlement ciblé dont sont victimes depuis 2 jours des militantEs féministes et antiracistes.   Depuis le matin du 8 janvier 2018, sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) la page "Memes royalistes" une page d’extrême droite a annoncé "faire des révélations sur l’UNEF", et a publié des captures d’écrans de tweets de militantEs (femmes racisées) de l’UNEF, en citant leurs noms prénoms et pseudo, incitant de ce fait a un harcèlement ciblé sur ces personnes. Depuis, plusieurs autres camarades de l’UNEF et de Solidaires étudiant-e-s ont également fait les frais de cette abjecte méthode militante d’intimidation.   Les propos cités étaient à chaque fois des tweets dénonçant des oppressions qu’elles subissaient et qui ont été qualifiés par des individus, en majorité d’extrême droite, et certains...
Vous pouvez signer la pétition en ligne par ici. Stopper l’extension d’une porcherie sur le site du camp de concentration de Septfonds Monsieur le Président de la République   Nous sollicitons votre intervention pour empêcher  qu’un « crime de lèse-mémoire » soit commis à l’encontre d’un haut-lieu historique du Tarn-et-Garonne : le site du camp de concentration de Septfonds (lieudit de Judes) risque d’être souillé par l’extension d’une porcherie familiale qui prévoit d’élever dorénavant 6 500 animaux par an.           Sur ce terrain, réquisitionné en mars 1939 pour être transformé en camp de concentration, ont été enfermées environ 30 000 personnes, dans des conditions infrahumaines et sans procès ; 90 % étaient des soldats de l’armée républicaine espagnole, d’autres des soldats de l’armée polonaise et d’autres encore des civils juifs. Un certain nombre des...
Communiqué commun CFDT, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires et UNSA   La conférence de presse qui a suivi la rencontre des chefs d’État français et turc a permis de mettre en lumière les manipulations de l’opinion publique par les détenteurs du pouvoir politique à Ankara afin de parvenir à l’instauration d’un régime autoritaire.   Les purges et les licenciements massifs de salariés et de fonctionnaires, les violations quotidiennes des droits fondamentaux de l’Homme continuent sans relâche en Turquie. L’état d’urgence, en vigueur depuis dix-sept mois dans tout le pays, était l’opportunité pour le président Erdogan de promulguer 30 décrets-lois en contradiction, tant sur la forme que sur le fond, avec la Constitution turque.   Dernier en date, un décret-loi du 24 décembre, a entraîné le limogeage de plus de 2 700 personnes. Toutes sont accusées soit d’appartenir, soit d’être liées à des organisations «...
NON A L’OUVERTURE D’UN LOCAL FASCISTE A CHAMBERY !   Le mouvement néo-nazi « Bastion Social », anciennement Edelweiss Pays de Savoie, inaugurera son local "l’Edelweiss", situé entre le 169 et le 187 Avenue de Lyon à Chambéry, le 3 février prochain.   Ne voulant plus se limiter à être un "club de ratonnade", les fascistes savoyards tentent de se reconvertir dans la "solidarité" entre "bon français" blancs.   Sous couvert de récupérer la lutte contre la misère sociale et le mal- logement, les fascistes entendent surtout disposer d’un lieu pour la préparation d’agressions. Devons-nous rappeler les violences d’extrême droite quasi quotidiennes dans le Vieux Lyon, l’attaque violente sur un concert militant le 20 octobre dernier à Chambéry (par les mêmes personnes qui ouvrent ce lieu), ou encore l’agression raciste LE SOIR MÊME de l’ouverture d’un local du «...
Exclusion des sans-papiers précaires du bénéfice des réductions tarifaires dans les transports : la justice condamne une mesure discriminatoire   Au début de l’année 2016, le Conseil régional d’Ile-de-France [1] puis, dans la foulée, le STIF (désormais "Ile de France Mobilités") [2], ont décidé de refuser toute réduction tarifaire sur les transports aux personnes étrangères bénéficiaires de l’aide médicale de l’État (AME).   Cette mesure, en vigueur depuis deux ans, a rendu encore plus précaires ces personnes déjà parmi les plus vulnérables en leur imposant davantage d’obstacles pour la reconnaissance de leurs droits : comment désormais se déplacer pour aller travailler, pour aller dormir dans les éventuels centres d’hébergement vers lesquels l’orientation est souvent décidée au jour le jour, pour accompagner leurs enfants à l’école, pour se rendre dans les centres de soins ou encore à la préfecture pour accomplir les...
L’extrême droite n’a pas sa place ni dans les cortèges syndicaux   Ni nulle part ailleurs !    L’exigence de justice sociale qui s’exprime partout en France, face à la multiplication des attaques du gouvernement aux ordres du patronat, appelle à la mobilisation massive des salariés, des agents de la fonction publique et des services publics, des retraités, des privés d’emploi et de la jeunesse.  C’est dans ce contexte que du « Front National » aux « Patriotes », en passant par différents mouvements favorables au « Frexit », des organisations identitaires, xénophobes et racistes se travestissent en pseudo-alliés et soutiens des travailleurs en lutte. Leurs ambitions politiques sont en totale opposition avec nos valeurs, notre aspiration de transformation sociale, nos combats syndicaux pour une société plus juste, plus solidaire, accueillante et fraternelle.  Toutes ces organisations ne font...
Une manifestation, regroupant largement des organisations syndicales, des associations et collectifs, ansi que des partis politiques, se tiendra à Lyon le 26 mai 2018 à 14h30, place des terreaux. Les organisations signataires appellent à amplifier la mobilisation populaire contre le Bastion social et l'extrême droite en général qui sévit sur la ville.  

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Des outils pour lutter
contre l'extrême droite

- Des livres

Les extrêmes droites en France
- édition Syllepse -
Par Jean Paul Gautier
 

 

Dictionnaire de l'extrême droite
- édition Larousse -
Collection "à présent"
 

 

Jacques Leclerq :
" dictionnaire de la mouvance droitiste
et nationale de 1945 à nos jours "

Michel Briganti, André Déchot et Jean-Paul Gautier
" LA GALAXIE DIEUDONNÉ "
Pour en finir avec les impostures.

Pour commander
Editions Syllepse

AUBE DORÉE. LE LIVRE NOIR DU PARTI NAZI GREC
Auteur: Psarras Dimitris

Pour commander
Editions Syllepse

- Des vidéos

"Aujourd'hui comme hier, combattre l'extrême droite"

Le documentaire "Aujourd’hui comme hier,
combattre l’extrême droite - Histoire croisée
du syndicalisme et de l’extrême droite"
a été réalisé par l'IHS-CGT, dans le cadre
de la campagne CGT-Solidaires-FSU-Unef-FIDL-UNL
« Combattre l’extrême droite, ses idées, ses pratiques »
initiée le 29 janvier 2014 à la Bourse du travail de Paris.
Ce documentaire de 11 minutes peut être utilisé dans
le cadre de formations, de débats, de réunions publiques
et permet de se réapproprier l'histoire de la lutte
antifasciste d'un point de vue syndical.

 

"LE FN aux affaires"

Une enquête menée dans deux villes du Var :
Fréjus et Cogolin, un an après les élections
municipales de 2014.

 

"Bassin miné"

un documentaire d’Edouard Mills-Affif,
qui suit la scène politique locale de Hénin-Beaumont
depuis plus de dix ans.

http://www.bassinmine.com/

Mains brunes sur la ville

Quand l’extrême droite est au pouvoir

MAINS BRUNES SUR LA VILLE – 90 min
Documentaire de Bernard Richard.

Pourquoi des citoyens accordent-ils leur confiance à l’extrême droite, et comment celle-ci se maintient-elle au pouvoir ?(doc tourné pendant la campagne des cantonales de 2011 à Orange et Bollène)

Pour organiser une projection : Tel : 06 25 52 76 74 - Mail : victor.fuvel@free.fr

Aube dorée, une affaire personnelle

Un doc sur le parti néonazi grec accessible gratuitement en ligne !
 

Le livre de Dīmī́trīs Psarrás 'Aube dorée: Le livre noir du parti nazi grec’ (éditions Syllepse), utile complément à ce documentaire peut être commandé (10 €) à VISA 80/82 rue de Montreuil - 75011 PARIS.

Le FN et le climat post-attentats

Le FN profitera-t-il du climat actuel, dans une France choquée par les attaques meurtrières ayant frappé, début janvier, la rédaction de « Charlie Hebdo », puis un super-marché casher à Paris ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais on peut observer des facteurs contradictoires dont certains tendent à favoriser le parti d’extrême droite, alors que d’autres pourraient lui être défavorables.

Lors du premier tour de l’élection partielle d’Audincourt dans le Doubs (observée de très près au plan national, mais laissant plus indifférente une grande majorité de la population locale), la candidate FN a réussi à se placer en tête. De ce scrutin dépend, pour le PS, la majorité absolue à l'Assemblée nationale, en termes de sièges. La candidate du FN, Sophie Montel, a réuni 32,6 % des voix , alors que le candidat du PS arrive à 28,9 % et que le candidat UMP n’accède pas au second tour (avec 26,6 %). Mais le taux d’absention est supérieur à soixante pour cent, et il est difficile d’extrapoler une tendance générale à partir de ces données.

Concentrons-nous, dans un premier temps, sur les contradictions qui ont traversé le parti d’extrême droite, dans la période suivant les attentats.

Avant les attentats : le vent en poupe ?

Avant ces assassinats multiples, le FN était porté par une dynamique qui semblait le conduire en bonne position aux élections départementales, des 22 et 29 mars prochains. Un sondage, publié le 16 décembre 2014, situait même le FN à 28 % des intentions de vote pour ces élections, à un niveau encore plus élevé que lors du scrutin européen de mai dernier. C’était inédit : jusqu’ici, les scrutins dans un cadre national (présidentielles, européennes) avaient toujours avantagé le FN, alors que les élections à vocation plus locales étaient plus difficiles pour le parti lepéniste, notamment en raison de l’absence de notoriété de ses candidats. Mais le parti d’extrême droite ne semblait plus, à la date du sondage, désavantagé par ces données.

Dans le même temps, le FN s'est exprimé sur presque tout, la moindre de ses prises de position étant reprise par des médias 'avides' de ces propos.

Ainsi, quand la SNCF annonce, entre Noël et le Jour de l’an, une augmentation d’environ 3 % de ses tarifs, le FN répond immédiatement par un communiqué ... pour fustiger avant tout l’Union européenne, communiqué qui  sera repris aussitôt par l’AFP. Aucune autre force politique n’a vu son expression sur la question reprise de façon aussi ostensible par les médias, avant que la ministre en charge des transports ne s’exprime sur le sujet.

De même, lorsque des agressions contre des personnes ont lieu à Dijon et à Nantes, dans les jours précédant Noël, le FN se fend d'une déclaration reliant ces agressions à la question de l’islamisme radical et du djihadisme. Cette déclaration est reprise par l’AFP, alors qu’en l’occurrence, le lien avec l’islamisme radical est assez douteux. (Le conducteur fou de Nantes ayant eu 1,8 grammes d’alcool dans le sang, ce qui ne plaide pas vraiment pour l’idée qu’il s’agissait d’un islamiste, et l’agresseur de Dijon ayant séjourné 157 fois en psychiatrie.).

La nouvelle de l’attaque meurtrière contre « Charlie Hebdo » a dû conforter, en interne, les responsable du parti lepéniste : cette fois-ci, il n’y avait, aucun doute que des djihadistes avaient commis le crime. Mais le positionnement n’a, tout de même, pas été évident.

Difficultés pour le FN

Premièrement, la victime, le journal hebdomadaire satirique, était tout sauf un ami du parti d’extrême droite. En 1995, « Charlie Hebdo » avait lancé une pétition pour demander l’interdiction du FN, pétition qui a récolté environ 200 000 signatures pendant l’année qui allait suivre.

Or, la victime attire les sympathies du public, et le FN ne pouvait guère en bénéficier. Certains médias d’extrême droite l’ont d’ailleurs rappelé : lorsque le public a massivement fait sien le slogan « Je suis Charlie », le blog d’extrême droite NDF.fr (« Nouvelles de France »), plutôt proche du courant de Bruno Gollnisch,  a répondu par la devise « Je ne suis pas Charlie, je suis les deux policiers !», en référence aux deux agents de police tués. De son côté, la mouvance identitaire a adopté la devise « Je ne suis pas Charlie, je suis Charles Martel », slogan que Jean-Marie Le Pen reprendra à son compte, se démarquant ainsi du climat majoritaire de sympathie pour le journal.

Un peu plus tard,  alors que Jean-Marie Le Pen, glosait encore sur les « charlots » qui s’apprétaient à manifester, sa fille Marine tentait de se faire plus consensuelle, indiquant que « c’est la France qui est attaqué » et qu’il ne fallait donc pas être trop regardant sur le profil du journal pour se mobiliser.

Deuxièmement, les premiers rassemblements spontanés à Paris, dès l’après-midi et le soir du 7 janvier, réunissaient avant tout des syndicalistes, des militant-e-s antiracistes et des droits humains, des personnes de sensibilité proche des dessinateurs assassinés, Charb, Cabu, Wolinski, Tignous. Le FN n’y avait aucune visibilité, n’étant pas partie prenante de l’élan de solidarité spontanée ; en tout cas en région parisienne. Toutefois, dans certaines villes de région, des forces d’extrême droite ont parfois réussi s’engouffrer dans les premières mobilisations. Ainsi, à Marseille, le maire du septième secteur, Stéphane Ravier (FN), a participé au premier rassemblement. A Hénin-Beaumont, c’est un ancien conseiller municipal du FN qui a organisé le premier rassemblement. A Lyon, ce sont 200 militants de la mouvance identitaire qui se sont rassemblés derrière leur propre banderole « Islamisation : moins d‘émotion, plus d’action ! » A Reims, Thierry Maillard, un ancien de l’Oeuvre française mais aussi du FN, aujourd’hui à la tête de son propre groupuscule « Réseau France nationaliste », a réussi à participer au premier rassemblement unitaire devant la mairie, le jeudi 8 janvier.

Au niveau national, les initiatives ont été ensuite prises en main par les partis politiques institutionnels, et surtout par le Gouvernement. François Hollande convoqua plusieurs dirigeant-e-s de partis politiques, dont Marine Le Pen, à l’Elysée ; et Manuel Valls se mit aux commandes pour organiser, dans ses grands traits, la ' marche républicaine ' du dimanche 11 janvier. C’est alors que la question de la place du FN est venue se poser, dans le débat public : Manuel Valls avait explicitement invité Nicolas Sarkozy et l’UMP à s’associer à l’organisation. Or, dès le jeudi soir, l’UMP communiqua officiellement pour dire qu’elle souhaitait que le FN soit aussi présent à cette marche, un positionnement faisant d’ailleurs l’unanimité entre dirigeants de l’UMP (pourtant souvent divisés sur leur attitude vis-à-vis de l’extrême droite).

Ce petit jeu politicien aura mis le FN au centre de l’attention et du débat public, pendant plusieurs heures. En attendant, un certain nombre de responsables du PS, de la majorité gouvernementale, mais aussi de la société civile se déclaraient opposés à la venue du FN. Ce dernier a réagi en fustigeant l’attitude « sectaire », selon Marine Le Pen, des « partis du système ». Elle a utilisé la situation pour exercer à son tour une pression sur l’UMP, lui demandant de ne pas s’associer à la marche, au cas où cette attitude soi-disant « sectaire » serait maintenue.

Le FN fait bande à part

Au final, Marine Le Pen annonça qu’elle allait s’exprimer le samedi 10 janvier, lui permettant de continuer à attirer l’attention médiatique, pour déclarer ensuite qu’elle allait manifester… mais en dehors de Paris. Le samedi en question, le premier des deux jours du week-end de ' marches républicaines ' organisées dans toute la France, Marine Le Pen demanda à ses partisan-e-s de se joindre aux manifestations « partout sauf à Paris », elle-même manifestant, à Beaucaire (Gard), l’une des onze villes dont le FN gère la mairie depuis les dernières municipales. Mais le rassemblement, d'un petit millier de personnes, était plus partisan que tranpartisan, certains conseillers municipaux du FN ayant fait 170 km pour se joindre au rassemblement de Beaucaire plutôt qu'à celui organisé dans leur propre ville.

Ce positionnement, consistant à faire largement « bande à part », n’a visiblement pas convaincu l’opinion publique. A en croire les résultats d’un sondage Ipsos/Sopra-Steria, cités par 'Le Monde ' du 29 janvier, un tiers des électeurs-électrices de Marine Le Pen a d’ailleurs désavoué son attitude.

Il n’est pas encore certain, à l’heure où cet article est bouclé, que cette attitude soit, à moyen terme, bénéfique ou non au FN. D’un côté, Marine Le Pen aura réussi à la fois à prendre le profil d’une dirigeante politique qui « réagit aux menaces contre la France », mais qui n’est non plus à la tête  d’un « parti comme un autre », puisque sa place n’était pas aux côtés de « l’UMPS » dans les manifestations. De l’autre côté, à l’heure où le climat était plutôt à l’unanimité dans la condamnation des crimes, à l'heure où certains appelaient à « l’unité nationale », ce positionnement « à côté, et non pas aux côtés des autres » pourrait nuire au FN. Celui-ci risque, en effet, d’apparaître comme une force plaçant ses intérêts partisans au-dessus des 'valeurs universelles'. Par ailleurs, le rassemblement de Beaucaire est apparu comme trop partisan, pour que Marine Le Pen puisse se targuer d’avoir réussi à réunir les Français dans l’expression de leur deuil ou de leur colère.

Pour l’instant, les résultats de Marine Le Pen et du FN, dans les sondages effectués suite aux attentats, n’ont pas véritablement bougé. Une enquête de l’institut BVA, publié le 17 janvier, montre par exemple que la proportion de « bonnes opinions » exprimées sur le FN (28 %, stable) ou à propos de Marine Le Pen (27 %, plus 1 %) n’a pas évolué ou, tout au moins, pas de façon significative. La réaction de l’opinion publique est donc, pour l’instant, plutôt de type « légitimiste ». Le sondeur Jérôme Fourquet considère, quant à lui, dans ' Libération ' du 19 janvier que les attentats ont pour l’instant « renforcé chacun dans ses convictions », c’est-à-dire chaque électorat, « mais il n’y a pas de transfert important » entre eux.

Par ailleurs, deux sondages publiés les 29 et 30 janvier indiquent que Marine Le Pen attirerait entre 29 et 33 % des intentions de vote (en fonction des autres candidat-e-s  présent-e-s), en vue de la prochaine élection présentielle. Ces sondages font cependant débat, certains considérant que le mode de recueillement des opinions, sur Internet et non pas au téléphone, contribue à surévaluer le score hypothétique de la présidente du FN, les électeurs-électrices frontistes acceptant plus facilement de 'dévoiler' leurs intentions sur Internet que de vive voix. Il faut aussi noter que dans l’un ou l’autre des sondages cités, Marine Le Pen est donnée perdante au second tour, quelle que soit la configuration. Ce paysage pourrait néanmoins évoluer, dans le mauvais sens, en cas de surenchère sécuritaire et/ou dirigée contre l’immigration, dans un proche avenir.

Surenchère sécuritaire et anti-immigration

Les propositions faites par Marine Le Pen, le vendredi 19 janvier, vont évidemment dans ce sens. La présidente du FN s’était retenue dans un premier temps après les attentats, de crainte d'être accusée de récupération politique. Puis elle est passée à l’offensive, proposant pêle-mêle la suspension des accords de Schengen, la révision du droit de la nationalité (contre les bi-nationaux, pour la déchéance de nationalité), mais aussi la réintroduction du service militaire général et … du port de l’uniforme à l’école.

Dans sa tentative d’apparaître comme une « sauveure de la nation dans l’heure du danger », Marine Le Pen est cependant quelque peu gênée par les délires complotistes de son père. Celui-ci, restant fidèle à sa fascination pour les théories du complot (souvent à connotation antisémite), a d’abord effectué une sortie en laissant entendre que les assassinats de la rédaction de « Charlie Hebdo » seraient, en fait une mise en scène, organisée par « des services secrets ». Ces propos ayant été cités dans un journal russe, Jean-Marie Le Pen a pu prétendre, peu après leur publication, qu’ils avaient été « mal traduit ». Avant de revenir à la charge, dimanche 25 janvier, en prétendant (lors d’une « Galette aux rois » avec des militants FN) qu’une « société secrète » se cacherait derrière les attentats, dont la médiatisation aurait été soigneusement « préparée » en amont.

Ainsi, Jean-Marie Le Pen se fait le porte-parole d'une fraction de l’opinion publique, avide en pseud-explications complotistes de tout genre, se reconnaissant parfois dans les propos délirants de Dieudonné ou d’Alain Soral. Mais cette posture éloigne le Front national de l'image d'un « parti de gouvernement ». Le même clivage a déjà existé dans le passé, comme lorsque la direction autour de Marine Le Pen avait reproché la sortie sur la « fournée » (dans laquelle il souhaitait mettre des artistes d’origine juive), en juin 2014.

Sur un autre plan, le député européen Aymeric Chauprade est allé trop loin, aux yeux du noyau central de la direction du FN. Dans une vidéo diffusée à partir de la mi-janvier 2015, il plastronne que « la France est en guerre avec des musulmans – non pas avec ,les’ musulmans, mais avec ,des’ musulmans ». Ce faisant, le chef de délégation du FN au Parlement européen, et désormais écarté de ses responsabilités par Marine Le Pen, justifait à l’avance toute sorte de mesures guerrières dirigées contre un groupe de population, accréditant l’idée qu’il existe un état d’urgence. Face à ces déclarations, Marine Le Pen, ancienne avocate, pointait des « risques juridiques », faisant sans doute allusion à la possibilité d'une plainte pour incitation à la haine raciale (délit prévu dans la « Loi sur la liberté de la presse »). La présidente du FN a donc demandé à toutes les structures départementales du parti de s’abstenir de publicer cette vidéo. En tant que secrétaire de la fédération FN du Vaucluse, la députée Marion Maréchal-Le Pen s’est rapidement affranchie de cette consigne et a publié la vidéo sur le site local du parti.

Montée du racisme

Un autre facteur qui pourrait favoriser le FN dans un proche avenir est la montée des tensions dans une partie de la société française. On voit, dans la période, se multiplier les agressions racistes anti-musulmanes. 116 attaques contre des lieux de culte musulmans et mosquées ont été enregistrées sur une seule semaine, comme cela a été annoncé le 19 janvier. Pour les deux semaines consécutives aux attentats, le nombre d’agressions anti-musulmanes (154) a été aussi élevé que celui sur la seule année 2014.

Par ailleurs, un sondage publié le 16 janvier dernier indique que « 40 % des Français considèrent la ,communauté musulmane’ comme une menace à l’identité française ». Cependant, ce sondage comporte, dans lle libellé des questions aux moins deux pré-supposés idéologiques. En effet, il est suggéré tout à la fois qu’il existe ' une communauté musulmane ', faisant fi de la grande diversité des personnes de même confession, et qu’il existe une ' identité française ' et le tout étant associé, aux récents attentats contre « Charlie Hebdo » et le supermarché casher … Sans surprise, la proportion de ceux et celles qui répondent avec « Oui » à la question sur la prétendue menace identitaire grimpe à 86 % dans l’électorat du FN.

La question de la situation du FN va se reposer avec plus de netteté, quand l’élan de solidarité et l’émotion des premiers temps seront retombés et quand les partis politiques tenteront de placer leurs propres « réponses ». C’est là que le parti d’extrême droite tentera d’enfoncer le clou et de faire valider ses pseuso-solutions sécuritaires, répressives et d’exclusion. Il est à craindre que le terrain ne soit alors fertile, dans une partie de l’opinion publique. La nécessité de combattre ces pseudo-solutions en sera d’autant plus urgente.

le 2 février 2015

VISA

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Lors de l'AG annuelle de VISA du 9 décembre dernier, nous avons décidé de baisser les tarifs de vente du tome 2 à 5€ l'unité et jusqu'à 2€ pour les commandes supérieures à 500 exemplaires (voir tableau ci-après).

« Lumière sur mairies brunes » tome 2, c'est 236 pages et autant d'arguments contre l'extrême droite. Ce deuxième tome « lumière sur mairies brunes » couvre la période allant de juin 2015 à juin 2017. Il regorge d’informations sur les pratiques municipales plus ou moins radicales de l’extrême droite et illustre ainsi tous les reculs sociaux qu’elle provoque lorsqu'elle exerce le pouvoir.

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Il faut veiller à ce que le combat contre l'extrême droite ne passe pas après les luttes syndicales au prétexte qu'elle a été battue aux présidentielles et qu'elle n'a obtenue «que» 9 députés.

Il faut continuer de lutter, sans relâche et avec la même force, contre les politiques libérales, notre adversaire qui fait aussi monter le FN, et contre le fascisme, notre ennemi historique.

 

Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes - 80/82 rue de Montreuil - 75011 PARIS

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"droites extrêmes" Blog Le Monde

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19 juillet 2018 Il y a des jeunes (chercheurs, footballeurs, entrepreneurs, parfois élus, etc) dont on se réjouit que leurs parents aient un jour passé les frontières pour venir dans ce pays et d'autres jeunes étrangers auxquels ce gouvernement refuse de donner la chance de construire une nouvelle...
20.07.2018 - 13:18
Accueillir ou pas : telle est la question !
20.07.2018 - 09:11
Monsieur Ricardo DEGALA, de nationalité philippine, est enfermé au centre de rétention de Paris-Vincennes depuis le 2 juillet 2018, suite à un contrôle d'identité au moment où il rechargeait son Pass Navigo à la station RER de La Défense (92). Monsieur DEGALA vit en France depuis un an avec sa...
19.07.2018 - 10:38

DAL, GISTI, LDH, LOPPSI, dailleursnoussommesdici...

09.08.2018 - 09:05

Paris, le 14 août 2018, 15h45

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