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L'unité syndicale pour le combat antifasciste

mar 15/11/2016 - 08:00
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VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes) a toujours privilégié la dimension unitaire du combat antifasciste, condition qui nous paraît essentielle pour lutter massivement contre le FN et les idées d'extrême droite.

VISA, une structure unitaire depuis 20 ans
VISA est depuis ses débuts fondamentalement unitaire, car parmi la cinquantaine de structures syndicales qui composent actuellement l'association VISA, on retrouve non seulement des syndicats de Solidaires – dont SUD-Rail -, mais également de la CGT, de la FSU, de la CFDT, de la CNT, de la CNT-SO et le syndicat de la Magistrature. Que ce soit dans nos interventions et formations, c'est donc une dimension qui est constamment mise en avant.

La campagne unitaire « contre l'extrême-droite, ses idées, ses pratiques » depuis 2014
VISA se félicite évidemment du lancement de la campagne unitaire « contre l'extrême-droite, ses idées, ses pratiques » qui regroupe la CGT, la FSU, Solidaires et des organisations de jeunesse (UNEF, FIDL et UNL). Cette campagne été lancée le 29 janvier 2014 à Paris, par une journée de débats qui a rassemblé plus de 600 militant-es syndicaux des trois organisations syndicales, et s’est conclue par un meeting unitaire.
Depuis, cette campagne se traduit au plan local et régional, notamment par des formations et des initiatives publiques. A ce jour, une quarantaine d'interventions unitaires se sont ainsi concrétisées dans autant de départements.
Il y a également eu les rencontres unitaires fortement symboliques à Béziers le 6 mai 2015 et à Knutange (commune limitrophe d'Hayange) le 2 octobre 2015. A chaque fois, plus d’une centaine de syndicalistes se sont réuni-es pour analyser et faire un bilan des politiques mises en oeuvre dans les municipalités conquises par l’extrême droite depuis 2014. D'autres rendez-vous unitaires sont prévus mi-décembre dans le Vaucluse (avec les villes tenues par la Ligue du sud) et début 2017 dans le Pas-de-Calais (avec la ville laboratoire d'Hénin-Beaumont).
Cette campagne doit se traduire aussi dans les entreprises et les administrations, notamment par la diffusion des tracts communs dont le contenu est axé sur le fait que les idées d’extrême droite sont contraires aux intérêts des salarié-es. L’unité sur ce thème est encore à gagner dans certains départements et certaines entreprises ; mais elle se maintient au niveau national.
Par ailleurs, la prise de conscience des syndicats de la menace fasciste est également une étape primordiale. C'est ainsi que, suite aux débats en interne dans Solidaires, s'est constitué le Groupe de travail « Riposte syndicale face à l'extrême droite » qui travaille notamment à la production de matériel simple et directement utile pour les équipes militantes.
Cette campagne unitaire est donc extrêmement importante et montre que face au danger d’extrême droite, l’unité des organisations syndicales est une nécessité. Et que la lutte contre l’extrême droite, c’est aussi très concrètement le rôle des syndicats.

L'unité d'action au niveau local et national
Ces dernières semaines, on observe un regain de mobilisations locales unitaires antifascistes et antiracistes (voir notamment le recensement assez complet réalisé par le site http://lahorde.samizdat.net/).
Tout d'abord des centaines de militant-es antifascistes ont manifesté contre les nouveaux locaux des Identitaires à Lille, des Hammerskins à Verdun ou encore de l'Action Française à Marseille.
Et surtout, des manifestations unitaires relativement massives à l'échelle locale se sont récemment multipliées pour riposter face aux mobilisations haineuses, racistes du FN et de l'extrême droite contre les centres d'accueil pour migrant-es.
Même si pour le moment, aucun mouvement antifasciste large n'est encore parvenu à se restructurer à l'échelle nationale, la nécessité d'une dynamique unitaire et donc massive contre l'extrême droite, contre les dérives sécuritaires et réactionnaires se pose dans le climat actuel délétère et à l'approche des échéances électorales de 2017 à haut risque.