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Deux mensonges récents du FN sur nos syndicats

ven 19/06/2015 - 10:24
defaut

Dans un communiqué du 4 juin 2015, le FN attaque une nouvelle fois les syndicats français. Cette fois-ci sur leur soi-disant silence contre le projet Tafta. Par ailleurs, le parti d'extrême droite va même jusqu'à glorifier l'attitude des syndicats allemands et américains, alors que l’expérience montre que les partis d’extrême droite, dans tous les pays, vomissent les syndicats quelle que soit leur orientation, syndicalisme réformisme ou de changement social. Ainsi, dans un communiqué particulièrement manipulateur et pervers le FN écrit :

« Si les syndicats américains et allemands font beaucoup de bruit autour du Tafta, de la justice privée des tribunaux d’arbitrage, si 1 000 000 d’Allemands contre 100 000 Français ont signé une pétition pour bloquer ce Traité très dangereux, on connaît mal la position des syndicats français sur la justice privée et le traité transatlantique puisqu’ils ne s’expriment quasiment jamais sur ce sujet. Qu’en pensent Messieurs Laurent Berger de la CFDT, Philippe Martinez de la CGT, Jean-Claude Mailly de FO et les responsables des autres syndicats qui passent malheureusement leur temps à attaquer le Front National au lieu de défendre les salariés français ? Il est urgent que le débat sur le traité transatlantique s’ouvre dans les médias et que les Français soient correctement informés des dangers majeurs qu’ouvrirait cet accord ! Seul, un vrai débat de fond permettra aux Français de comprendre la nocivité de ce traité et de le rejeter. »

Pour VISA, informer les salariés sur la nocivité des projets du FN les concernant va de pair avec la dénonciation des attaques haineuses et calomniatrices de l’extrême droite contre les organisations syndicales qui les organisent et les défendent au quotidien.

Quant au « débat de fond » qu’espère soi-disant le FN, il souhaite l’orienter une nouvelle fois dans la défense d’une politique ultra-nationaliste, saupoudrée d’une pseudo défense des salariés.

Les syndicats pour leurs parts ont lancé les débat sur le Traité Tafta depuis longtemps et leur principale préoccupation est bien la défense des acquis sociaux des salariés et non la défense d’une pseudo souveraineté patriotique et nationale !

Le collectif STOP TAFTA a été lancé début 2014 en France et regroupe la CGT, la Confédération Paysanne, la FSU, l'Union syndicale SOLIDAIRES, le syndicat national des Arts vivants ... aux côtés d'associations et de partis politiques ainsi que de 134 collectifs locaux à ce jour. Des centaines de débats et de mobilisations ont été organisés et 353 collectivités locales se sont déclarées « hors Tafta » à ce jour. Des dizaines d'articles de fond ont été diffusés dans la presse syndicale.

Comme à son habitude, le FN attaque les syndicat en publiant des communiqués truffés de contre-vérités. Derrière son discours pseudo-social le FN et à travers le venin antisyndical qu’il diffuse, le FN tente ainsi de jeter le trouble chez les salarié-es. Il cherche à s'approprier, en les déformant, des enjeux sociaux sur lesquels les syndicats ont plus d'une longueur d'avance.

Un lien vers le communiqué du collectif STOP Tafta : https://www.collectifstoptafta.org/l-actu/article/stop-tafta-nous-nous-battons-des

La deuxième attaque a été portée le 2 juin par les députés Collard et Maréchal Le Pen. Ils justifient leur vote contre la loi sur le dialogue social en dénonçant « les grosses centrales [qui] monopolisent l’activité syndicale au détriment d’une véritable représentativité, pourtant indispensable à un dialogue social constructif et efficace qui mobilise l’ensemble des cadres et des salariés. »

La ficelle est toujours la même (le monopole des syndicats !) et le vrai visage du FN au sujet de la représentation des salarié-es n'a pas changé depuis 1972 : Des syndicats maison avec des salarié-es et leurs patrons main dans la main !

Et lorsque les députés d'extrême droite ajoutent que « Le projet Rebsamen pénalise les TPE en créant les commissions paritaires interprofessionnelles : l’infiltration du syndicalisme à l’intérieur de la petite entreprise remet en cause le dialogue direct entre le patron et ses employés. Cette mesure pourrait engendrer des tensions internes, ajoutées aux lourdes contraintes budgétaires existantes qui asphyxient les petites entreprises » on comprend immédiatement que leur souci est plus la « paix sociale » que « la confrontation sociale ».

On voit bien que, loin de la défense des salariés, ce qui préoccupe le FN, c'est la défense du patronat ‘’français’’. Les interlocuteur potentiels vers lesquels il lorgne sont certes des syndicats, mais ceux des organisations patronales. Les FN a une haine vicérale des syndicats de salarié-es mais ne cracherait pas sur une invitation du Medf ou de la CGPME !

VISA tient à alerter alerte une nouvelle fois les salarié-es sur les mensonges du FN qui ne visent, en attaquant leurs organisations syndicales, qu’à les atomiser et les affaiblir face aux offensives du libéralisme.

De même, lorsque le FN communique sur le gel du point d'indice des fonctionnaires, c'est pour proposer « une refonte en profondeur de notre modèle économique, fondé sur la souveraineté (lois, frontières, monnaie) et le soutien aux petites et moyennes entreprises, afin de relancer l’activité et sortir de l’impasse des politiques UMPS. Il y a des milliards d’euros de gaspillages à récupérer en premier lieu dans la fraude sociale, le coût de l’immigration anarchique ou le coût de notre contribution nette à l’Union Européenne. »

Le mode de communication du FN est décidément particulièrement démagogique : Faire mine de défendre les « petits salaires » pour distiller ses idées nationalistes, racistes et pro patronat, en tentant de réorienter la réelle colère des salarié-es contre les politiques d'austérité vers la stigmatisation des immigrés et le repli identitaire.

Avec ou sans son père fondateur, le FN est bel et bien toujours le même.

Le 15 juin 2015